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Le 23 Juillet 2018, 11h54

S'appuyant sur les chiffres faisant état des différentes politiques scolaires menées à l'échelle européenne, le sénateur socialistre s'inquiète du retour à quatre jours dans de nombreuses villes de France.

« Cette déclaration ne sera peut-être pas très populaire. Mais les chiffres sont là. Ils sont incontestables », Jean-Pierre Sueur. 

LANTERNE ROUGE - La ville d'Orléans devrait revenir à la semaine des quatre jours à la rentrée prochaine. Comme de très nombreuses villes en France d'ailleurs. Le gouvernement a laissé, en effet, sur cette question, les municipalités choisir elles-mêmes, après concertation avec les acteurs scolaires locaux, si elles voulaient revenir à quatre jours ou si elles souhaitaient poursuivre sur le rythme de quatre jours et demi. Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste du Loiret, a communiqué à la rédaction cette tribune dans laquelle il estime, chiffres à l'appui, que le retrour à quatre jours par semaine ferait de la France le pays où les enfants vont le moins à l'école sur une année. Voici sa tribune.   

« Au moment où l’on parle beaucoup de rythmes scolaires, je tiens à rappeler une réalité que beaucoup semblent totalement méconnaître.

Aujourd’hui, alors que tous les élèves vont à l’école 4 jours et demi par semaine, le nombre de jours de classe est, en France, de 162 jours sur une année de 365 jours.

La moyenne européenne est de 185 jours de classe par an. Dans la plupart des pays d’Europe, il y a entre 180 et 200 jours de classe par an. Ce chiffre, 162 jours, est le plus bas de tous les pays d’Europe et de tous les pays de l’OCDE.

« Qui peut croire qu’avec 140 jours de classe par an, on peut faire aussi bien que nos voisins avec 185 jours et davantage ? »

Le passage de 4 jours et demi à 4 jours de classe par semaine se traduira, là où il sera mis en œuvre, par une année comptant 144 jours de classe et, en vérité, 140 jours en intégrant les jours fériés.

Alors, non seulement, nous resterons la lanterne rouge de l’Europe et de l’OCDE, mais nous « décrocherons » très fortement par rapport à l’ensemble des autres pays.

Un certain nombre de classements internationaux – que l’on peut toujours, bien sûr, contester – montrent déjà un « décrochage » des élèves français pour ce qui est du niveau des connaissances acquises dans plusieurs disciplines.

Qui peut croire qu’avec 140 jours de classe par an, on peut faire aussi bien que nos voisins avec 185 jours et davantage ?

Ce qui est clair, c’est que le temps scolaire est précieux. Et qu’il est encore plus précieux pour les jeunes issus de milieux défavorisés : pour eux, l’école est leur seule chance.

J’ai, pour ma part, la conviction qu’on ne pourra pas maintenir et accroître le niveau des connaissances et compétences acquises par les élèves français sans – d’une manière ou d’une autre – accroître le nombre de jours de classe dans l’année.

Cette déclaration ne sera peut-être pas très populaire. Mais les chiffres sont là. Ils sont incontestables. »