Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 17 Décembre 2017, 20h49

Régulièrement, l’adjoint aux Sports à Orléans décrypte l’actualité sportive et ses multiples enjeux, au niveau local, national ou international.

L’adjoint aux Sports à Orléans, ancien sportif de haut niveau, apporte son regard aiguisé sur les événements sportifs qui suscitent le débat.

REGARD. Régulièrement, Soufiane Sankhon, adjoint aux Sports pour la ville d’Orléans, livre pour apostrophe45 une chronique libre où il sera question de sport à proprement parler bien sûr, d’un point de vue des performances athlétiques comme des enjeux sociétaux, politiques et économiques, mais également de bien-être, de dépassement de soi ou encore de nutrition. L’analyse aiguisée d’un élu local sur des sujets d’actualité, locaux, nationaux et internationaux, mais également le regard pertinent d’un ancien athlète de haut niveau, vice-champion d’Europe de karaté en 1999, aujourd’hui engagé sur les terrains de rugby autant que sur les tatamis des sports de combat. Pour cette nouvelle tribune, Soufiane Sankhon évoque l’organisation des Jeux Olympiques par Paris en 2024.

« Nous y sommes !

Que de chemin parcouru depuis le lancement de l'étude d'opportunité du 31 janvier 2014.

La déclaration faite le 6 novembre 2014 par le président François Hollande suivie du soutien, au forceps, de la Mairie de Paris le 12 février 2015.

Opérations diverses, désaffections, commissions, présentations, slogans, votes et attribution à Paris, le 13 septembre 2017, de l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 sont autant d'épisodes qui ont succédé l'officialisation de la candidature de la France du 23 juin 2015.

« Le Comité d'Organisation des Jeux Olympiques a du pain sur la planche »

Une fois enclenché le projet parisien n'a pas transpiré du moindre doute quant à la crédibilité du programme proposé.

Être lauréat d'une candidature est une excellente chose. L'opérationnel posera, ou non, l'efficience de la France là où beaucoup de nations se sont cassées les dents ou y ont laissé des plumes.

Le programme cohérent qui annonce tout de même la création de quatre nouvelles lignes de métro et un express pour Roissy, en sus des hébergements et infrastructures spécifiques, devra répondre à une gestion féroce de dossiers lourds dans un timing ultra serré.

Le Comité d'Organisation des Jeux Olympiques, présidé par Tony Estanguet, a du pain sur la planche.

Quid de la politique sportive portée par l'ex-internationale d'épée Laura Fessel, avec un budget en baisse de 7%, dont les grandes lignes correspondent à une succession de sujets que l'on nous rabâche depuis au moins 20 ans: sport santé; sport pour tous; sport de haut niveau; sport et intégration...

Nous pouvons tout de même caresser l'espoir que la ministre des sports, dont la personnalité forte ne fait aucun doute, ne se laissera pas griser par la fonction. Les responsabilités nourrissent souvent un envoûtement qui fait perdre pieds et pulvérise les convictions, quand il y en a, d'élus qui s'égarent dans le papillonnage et le bavardage permanent.

L'appréciation essentiellement binaire d'un résultat en compétition, victoire, défaite ou nul, ne laisse pas plus de place à la "poésie" que le respect de la date de livraison du chantier colossal des Jeux de 2024. Les paroles ne suffiront pas.

Le challenge pour l'ensemble de l'hexagone, sous réserve d'optimiser les moyens, est d'envergure. Ce rendez-vous peut-être l'occasion de réformer beaucoup de choses à condition de le vouloir et d'en avoir le courage. Les moyens suivront.

« L'avenir nous dira si les Jeux permettront l'accompagnement de qualité des sujets majeurs du sport en France »

A titre d'exemple l'organisation des équipements sportifs sur le territoire français, produit de la politique locale plus ou moins volontariste qui est portée par les collectivités, ne répond à aucun dessein national. Les co-financements, lorsqu'il y en a, arrivent en réaction plutôt qu'en action.

L'évolution des dispositifs, sport santé ou d'excellence, est à des années lumière de ce qu'ont à vivre les concernés au quotidien. Tout comme une entreprise qui souhaite se developper, s'il veut être performant le sportif de haut niveau, face à la réalité de compétitions internationales sans concession, s'adapte vite, nonobstant les moyens qui datent d'un autre temps.

L'avenir nous dira si les Jeux permettront l'accompagnement de qualité, complet et réactif, des sujets majeurs du sport en France. »