Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 22 Août 2018, 09h20

Régulièrement, l’adjoint aux Sports à Orléans décrypte l’actualité sportive et ses multiples enjeux, au niveau local, national ou international.

Régulièrement, l’adjoint aux Sports à Orléans, ancien sportif de haut niveau, apporte son regard aiguisé sur les événements sportifs qui suscitent le débat.

REGARD. Régulièrement, Soufiane Sankhon, adjoint aux Sports pour la ville d’Orléans, livre pour apostrophe45 une chronique libre où il sera question de sport à proprement parler bien sûr, d’un point de vue des performances athlétiques comme des enjeux sociétaux, politiques et économiques, mais également de bien-être, de dépassement de soi ou encore de nutrition. L’analyse aiguisée d’un élu local sur des sujets d’actualité, locaux, nationaux et internationaux, mais également le regard pertinent d’un ancien athlète de haut niveau, vice-champion d’Europe de karaté en 1999, aujourd’hui engagé sur les terrains de rugby autant que sur les tatamis des sports de combat. Pour cette nouvelle tribune, Soufiane Sankhon évoque les liens entre compétitions internationales, droits TV et économie avec réalisme et sans candeur. 

La compétition en sport, principalement à l'échelle internationale, est l'un des marqueurs des stratégies socio-économiques et géopolitiques de notre monde. Les Jeux Olympiques, Jeux Mondiaux, Jeux de la francophonie, Jeux méditerranéens, tour de France, tournois ATP, championnats du monde ou d'Europe lors desquels, récemment encore, plusieurs athlètes Orléanais se sont illustrés en sont des exemples indiscutables.

« Il est impressionnant d'observer à quel point cet été est rythmé par un nombre conséquent de compétitions internationales majeures »

Accueillir des manifestations d'envergure est une démonstration, bien au-delà de la flatterie, aux retombées concrètes.

A l'évidence, la concurrence farouche que se livrent les groupes TV pour acquérir les droits, aux antipodes de toutes considérations philanthropiques, en est une garantie.

Les villes et les nations qui souhaitent « profiter »  de la sublime de compétitions internationales pour valoriser leurs compétences et leur territoire, sous réserve d'en avoir (ou non) les moyens, postulent sans hésitation. Médias nationaux et internationaux, fédérations, spectateurs et supporters, placent l'invitant au centre de l'événement.

D'ailleurs, il est impressionnant d'observer à quel point cet été est rythmé par un nombre conséquent de compétitions internationales majeures. Densité et fréquence à un niveau auquel aucune autre discipline que le sport ne peut prétendre.

La folie frénétique qu'a suscité le recrutement de Neymar est une démonstration, pour ceux qui en doutent encore, des enjeux qui se jouent autour de certaines pratiques. Transfert qui, si nous tenons compte de tous les frais, dépasse largement la capacité d'investissement du mandat 2014-2020, fixée à 250 millions d'euros, d'une ville comme Orléans !

Le sportif s'adapte pour le meilleur et pour le pire au condition réelle afin d'être compétitif. Sur le terrain la théorie et les bien-pensants n'ont plus/pas leur place lorsqu'il s'agit de tout donner pour gagner. Seule l'action compte.

« Les palmarès flatteurs posent, un peu plus encore, l'hégémonie des puissants »

Les palmarès flatteurs posent, un peu plus encore, l'hégémonie des puissants ou apaisent la soif de revanche des dominés. Encore faut-il, en plus du travail, se donner les moyens d'étoffer un palmarès.

L'hypocrisie de pseudo-rebelles, sauf à être un ermite vivant en autarcie sur une île, qui dénoncent un capitalisme injuste et malhonnête dont ils jouissent confortablement au quotidien n'est pas crédible deux secondes.

Un des vrais sujets concerne notamment le retour des bénéfices des diffuseurs TV aux athlètes des sports, professionnels ou non, dont le statut est précaire.

En France, le football et le rugby se taillent la part du lion. Pour les « autres », hormis 2 ou 3 exceptions, les chaînes partent du principe qu'ils peuvent déjà s'estimer heureux de « passer » à la télé... sans omettre d'empocher les devises des spots publicitaires qui seront vus par les téléspectateurs de compétitions dont les acteurs ne récupéreront au mieux pas grand chose si ce n'est rien. Les athlètes sont les premiers lésés tout en étant paradoxalement les derniers à se plaindre... quoi de plus normal lorsque l'on est conditionné pour se dépasser sans geindre. En même temps un Colimero n'a aucune chance de parvenir à se construire un parcours d'excellence.

Enfin, sans jugement quant à la mécanique d'un sytème sans concession il est certain qu'en être est crucial pour le développement d'un territoire.

Néanmoins, il nous appartient, encore, de définir quelle est la manière dont nous souhaitons en être ? »