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Le 22 Octobre 2018, 05h31

Régulièrement, l’adjoint aux Sports à Orléans décrypte l’actualité sportive et ses multiples enjeux, au niveau local, national ou international.

 L’adjoint aux Sports à Orléans, ancien sportif de haut niveau, apporte son regard aiguisé sur les événements sportifs qui suscitent le débat. 

REGARD. Régulièrement, Soufiane Sankhon, adjoint aux Sports pour la ville d’Orléans, livre pour apostrophe45 une chronique libre où il sera question de sport à proprement parler bien sûr, d’un point de vue des performances athlétiques comme des enjeux sociétaux, politiques et économiques, mais également de bien-être, de dépassement de soi ou encore de nutrition. L’analyse aiguisée d’un élu local sur des sujets d’actualité, locaux, nationaux et internationaux, mais également le regard pertinent d’un ancien athlète de haut niveau, vice-champion d’Europe de karaté en 1999, aujourd’hui engagé sur les terrains de rugby autant que sur les tatamis des sports de combat. Pour cette nouvelle tribune, Soufiane Sankhon évoque la notion de « sport santé » que les politiques ont bien du mal à s’approprier pleinement pour en tirer tous les bénéfices.  

« Le « sport santé » est une appellation fourre-tout et aucune mesure politique, à deux ou trois exceptions près, ne prend la mesure de la puissante efficacité de la pratique d'une activité physique. 

Apprécier ce qui existe par un diagnostic fin des territoires, impliquer les acteurs de la santé et du sport, élaborer un label ministériel, pérenniser les actions efficaces, organiser le maillage des zones rurales et urbaines, affecter un budget significatif et cohérent... Nous sommes, aujourd'hui, à des années lumière de ce type de démarches. 

Le sport sur ordonnance, qui ne concerne que les affections de longue durée est un « gadget » trop restrictif. La légèreté de l'appréciation des bienfaits de la pratique du sport, dans le respect de l'intégrité physique et mentale, ne fait aucun doute. 

Les autorités locales et nationales se contentent, comme pour beaucoup trop d'autres politiques, de saupoudrer en s'associant ponctuellement aux initiatives comme on appose une étiquette pour dire « nous en sommes ». 

« L'attention des élus sur ces sujets ne peut plus n'être optimale qu'à l'approche des scrutins »

On ne peut pas construire un dispositif sérieux en intervenant momentanément, selon des arbitrages fantaisistes, sur un sujet aussi fondamental que la santé des « administrés ». L'attention des élus sur ces sujets ne peut plus n'être optimale qu'à l'approche des scrutins. 

Les mesures anodines qui entretiennent l'inertie altèrent plus que l'on croit la sauvegarde des publics. Cholestérol, diabète, obésité, dépression, sclérose en plaques, cancer, problèmes d'ordre cardiaque... Ces pathologies trouvent, invariablement à condition de s'y mettre, des solutions grâce au concours d'une activité physique. Néanmoins, il semble que l'exclusivité des traitements médicamenteux arrange beaucoup de monde... 

Il ne s'agit pas d'être partisan du sport, mais de bon sens. Sans devoir être éminent pour le comprendre, il est assurément aberrant de passer à côté d'un tel outil. 

Les professionnels de la santé sont les premiers à solliciter l'appui, sous toutes les formes, des animateurs et des éducateurs. La charge financière et le lacis des procédures entament l'enthousiasme des plus déterminés. Gouvernements successifs, élus locaux et services déconcentrés, contribuent largement à cette passivité. 

Les intentions sont systématiquement, toujours pour de bonnes raisons, décalées, suspendues, revues à la baisse ou tout simplement annulées.»