Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 21 Août 2018, 08h31

Régulièrement, l’adjoint aux Sports à Orléans décrypte l’actualité sportive et ses multiples enjeux, au niveau local, national ou international.

« Le bon sens, la culture, les échanges et la mémoire, sont les seuls remparts efficaces face au déferlement d'une haine sans courage »

REGARD. Régulièrement, en fonction de l’actualité, Soufiane Sankhon, adjoint aux Sports pour la ville d’Orléans, livre pour apostrophe45 une chronique libre où il est question de sport à proprement parler bien sûr, d’un point de vue des performances athlétiques comme des enjeux sociétaux, politiques et économiques, mais également de bien-être, de dépassement de soi ou encore de nutrition. L’analyse aiguisée d’un élu local sur des sujets d’actualité, locaux, nationaux et internationaux, mais également le regard pertinent d’un ancien athlète de haut niveau, vice-champion d’Europe de karaté en 1999, aujourd’hui engagé sur les terrains de rugby autant que sur les tatamis des sports de combat. Pour cette nouvelle tribune, Soufiane Sankhon ne pouvait pas ne pas donner son point de vue sur l’affaire Jeanne d’Arc 2018, après les insultes essuyées sur les réseaux sociaux par Mathilde Edey Gamassou, jeune lycéenne métisse de 17 ans, qui incarnera la Pucelle d’Orléans le 8 mai prochain, dans les rues d’Orléans.

« Pour ceux qui découvrent, s'insurgent, et réagissent parce que le symbole de Jeanne d'Arc est touché : ce genre de postures racistes est le quotidien de beaucoup de ces Français issus de la dite « diversité ». Malheureux épisode, dont Mathilde est l'otage, qui révèle une réalité qui dépasse largement le cadre des fêtes johanniques orléanaises. Ils furent nombreux à se ruer, avec plus ou moins de légitimité, sur l'actualité de la prénommée «Jeanne métisse» selon des motivations différentes. Écœurement. Récupération politique. Opportunisme. Buzz médiatique. Occasion d'être visible. Psychothérapie. Défouloir. Authentique volonté de défendre des valeurs viscéralement ancrées...

« Certains médias aux propos sordides, qui feignent l'ingénuité, ont leur part dans la façon dont les sujets sont interprétés »

Les propos conservateurs et/ou racistes consécutifs à la désignation de celle qui incarnera Jeanne d'Arc en 2018 sont, aussi, la conséquence d'une communication sans pédagogie. Racoleuse. Certains médias aux propos sordides, qui feignent l'ingénuité, ont leur part dans la façon dont les sujets sont interprétés.

Les réactionnaires prônent, avec aversion, d'être conformes à des représentations figées. Les nostalgiques d'une France d'un autre temps se trompent de siècle. Sauf à vouloir réactiver l'asservissement de peuples sur le modèle d'une traite négrière responsable de millions de morts dont la mémoire est régulièrement bazardée. Par ailleurs, les effarouchés à la révolte à deux vitesses, en fonction des sujets et des symboles, ne trompent personne. Les fêtes johanniques méritent mieux que les soubresauts de sinistres amateurs d'un ordre suranné.

La mère de la nation n'a pas levé le siège d'Orléans, livré des batailles épiques et chevauché vers Reims, pour accoucher d'un peuple de xénophobes primaires. Le bon sens, la culture, les échanges et la mémoire, sont les seuls remparts efficaces face au déferlement d'une haine sans courage.

Jeanne appartient à tous ceux qui se reconnaissent dans la lutte contre l'oppression pour la défense d'une République indivisible, laïque, démocratique et sociale qui assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion...»