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Le 17 Décembre 2017, 20h53

Citoyen engagé, Philippe Rabier apporte sa réflexion sur la concurrence que se livrent aujourd’hui, non plus les villes entre elles, mais les régions, nouvelle échelle de cette bataille pour affirmer l’existence d’un territoire. 

« Une Métropole, capitale régionale, ne peut jouer pleinement son rôle qu’avec des territoires limitrophes en bonne santé », Philippe Rabier. 

L'UNION FAIT LA FORCE - « D’où vient la concurrence des territoires ? Où en devrions nous être ? Où en sommes nous ? Depuis les années 70 et les débuts de la mondialisation, les territoires cherchent à montrer leurs différences pour être attractifs économiquement. 

Les lois Pasqua (1995) et Voynet (1999), introduisent la notion de pays, d'agglomérations, de territoires de projets à construire. Le phénomène s’accentue. La concurrence des territoires, initialement économique, s’étend également aux autres domaines de compétence des territoires : au niveau du patrimoine architectural et culturel, de la gastronomie, de l’environnement naturel, du tourisme, de l’enseignement supérieur, de la recherche, de la culture, des loisirs et du sport…

La culture commune de tout élu et fonctionnaire, était jusqu’à il y a peu, de défendre prioritairement son territoire même si d’autres devaient en pâtir.

La loi NOTRE de 2015 a renforcé les compétences de la Région, notamment la compétence exclusive du développement économique et de l’innovation.  C’est aujourd’hui à cet échelon que les décisions majeures se prennent. Un effet positif de cette loi est de restreindre la logique délétère de concurrence des territoires, ou du moins de ne l’instaurer qu’à l’échelle régionale.

« De nouvelles postures encore fragiles »

En matière de concurrence des territoires, nous observons depuis quelques mois un renversement du discours, appelant à raisonner et à agir dorénavant à l’échelle de la Région Centre-Val de Loire, et non celles d’Orléans, de la Métropole ou du Loiret : pour le développement économique, au revoir LoiretEco, bonjour DevUp ! ; nous avions entendu les deux maires d’Orléans et de Tours jurer à nouveau que nous allions désormais travailler main dans la main, le projet French Tech en tête. Une Région qui ne change pas de capitale, deux métropoles plus tard, et un nouveau maire de Tours, nous avançons dans des eaux troubles...

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Philippe Rabier. 

Les universités de Tours et Orléans font dorénavant cause commune (faute de mieux) avec la naissance de la COMUE Centre-Val de Loire au 1er novembre dernier. Certains (surtout les citoyen-ne-s qui souffrent de la désertification médicale) pensent même déjà qu’une faculté de médecine à Orléans pourrait enfin s’ouvrir… ; les élus de la Métropole d’Orléans sont aujourd’hui largement convaincus que la révision du SCOT d’Orléans aurait du se faire à l’échelle de l’aire urbaine. Même si ce n’est pas encore le cas, les postures évoluent dans le bon sens ;  le manifeste pour une stratégie métropolitaine pour Orléans (juillet 2017) parle de « stratégie de coopération et de réciprocité avec les territoires voisins au sein du Loiret et du Val de Loire ». De belles phrases sans doute écrites pour mieux s’en convaincre. 

« La concurrence des territoires est mortifère »

Les voyants sont tous (ou presque) au vert pour travailler en bonne intelligence avec loyauté et solidarité à l’échelle de la Région, du Val de Loire et de l’aire urbaine. La concurrence des territoires est mortifère. Chacun voulant sa MSP (Maison de Santé pluridisciplinaire), sa grande salle de sport, son téléphérique, etc. Quels coûts démesurés pour la collectivité !

Oui, jouer collectif a toujours été profitable. Une Métropole, capitale régionale, ne peut jouer pleinement son rôle qu’avec des territoires limitrophes en bonne santé.

La création d’un lycée à Châteauneuf-sur-Loire, recalée par le Rectorat, mais soutenue par la Région Centre-Val de Loire, dans l’indifférence apparente des élus d’Orléans, m’apparaît comme exemplaire des relations actuelles entre la ville capitale régionale et ses territoires voisins.  Arrêtons avec les égoïsmes et les petits calculs politiques ! Orléans doit soutenir sans hésiter le projet de lycée à Châteauneuf-sur-Loire ! »