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Le 21 Juin 2018, 14h22

Alors que la réforme ferroviaire sera définitivement adoptée cette fin de semaine, le président du Sénat explique les raisons de son soutien.

 La réforme voulue par l’exécutif sera adoptée jeudi par le Sénat.

ADOPTÉ ! - Alors que la grève à la SNCF se poursuit ce mercredi 13 juin, et qu’elle devrait durer jusqu'au 28 juin, toujours à raison de deux jours sur cinq, la réforme voulue par l’exécutif sera définitivement adoptée cette semaine : ce mercredi par l’Assemblée nationale et demain, jeudi, par le Sénat. En moins de quatre mois, le gouvernement est donc parvenu à faire adopter sa loi sans déroger à ses principes initiaux, en dépit de l'hostilité des quatre principaux syndicats de l'entreprise - la CGT, l'Unsa, SUD et la CFDT - et d’un mouvement de grève qui a passablement perturbé les déplacements des Français en même temps qu’il paralysait une partie de l’économie.

« L’ouverture à la concurrence, le Sénat l’a déjà votée en février  dernier »

À l’évidence, le Sénat a joué un rôle plein et entier dans l’aboutissement de cette réforme, apportant quelques retouches plutôt symboliques et avec la bénédiction de l’exécutif. Répondant aux questions d’un journaliste d’apostrophe45, il y a quelques jours, lors d’un déplacement en Touraine, Gérard Larcher, président (LR) du Sénat, avait confirmé son soutien total et entier au texte de cette réforme ferroviaire qu’il estimait lui-même «indispensable»

« L’ouverture à la concurrence, le Sénat l’a déjà votée en février  dernier », a rappelé Gérard Larcher qui a égrené les quelques éléments de réforme auxquels il souscrivait sans aucune réserve. « Transformation de la gouvernance de l’entreprise, je dis oui ;  évolution du statut des nouveaux entrants, je dis oui ; reprise de la dette par l’État, je dis oui également », a t-il indiqué, estimant par ailleurs qu’il était normal que l’État reprenne à son compte une partie des 54,5 milliards d’euros de cette dette de la SNCF - 35 milliards en deux fois - pour n’avoir pas assumé ses responsabilités dans ce sens auparavant.  

« Nous avons un problème de méthode, de dialogue social dans ce pays »

Si, sur le fond, le président du Sénat a revendiqué son assentiment à cette réforme, il a néanmoins regretté, sur la forme, un manque de négociations. « Ce que je pense, c’est qu’on a raté, mais c’est en train de se rattraper, l’amorce de la négociation de la convention collective qui sera demain celle des nouveaux salariés de toutes les entreprises ferroviaires qu’elles s’appellent SNCF ou qu’elles portent un autre nom », a lâché Gérard Larcher qui a estimé que « nous avons un problème de méthode, de dialogue social dans ce pays».  

Mardi, le rapporteur de la loi au Sénat, Alain Cornu (LR), a lancé « un appel aux syndicats » : « La loi va être votée, maintenant c'est du formalisme, ça ne sert plus à rien de continuer la grève si ce n'est pour embêter la France et les Français », a-t-il déclaré devant la presse. « Les agents de la SNCF ne sont pas maltraités et ce qui est dans le texte est en mesure de lever leurs inquiétudes.» Une assertion manifestement partagée par le président du Sénat lui-même. 

A. G.