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Le 21 Juin 2018, 14h22

Réunis en séance plénière, mercredi, les élus régionaux ont exigé de la SNCF des résultats faute de quoi les pénalités pleuvront. 

« Les conséquences de cette incapacité à bien gérer depuis plusieurs décennies cette entreprise pourtant remarquable, c’est cette dette de 50 milliards  », Guillaume Peltier (UDC).

TRAVAUX D'INTÉRÊT GÉNÉRAL - Dans le rôle du procureur de la République, François Bonneau, soutenu par l’ensemble de l’hémicycle régional excepté le groupe d’opposition du Front national. Sur le banc des accusés, SNCF Mobilités, mise en accusation pour nombre de manquements qui ont, de l’avis de tous, occasionné et précipité la dégradation progressive de ce service public pourtant indispensable à la vie régionale dans toutes ses acceptions. Alors que la grève des cheminots continue de paralyser durablement les déplacements ferroviaires dans l’Hexagone, le conseil régional du Centre-Val de Loire s’est réuni en séance plénière ce mercredi 16 mai après-midi pour taper du poing sur la table. Ou tout du moins pour réaffirmer publiquement, et sans tourner autour du pot, que la collectivité régionale entendait bien user à présent de l’autorité que la loi NOTRe lui a conférée pour exiger de la SNCF de bien meilleurs résultats, et à tous les niveaux.

« Nous avons la responsabilité de mettre en place un plan d’urgence pour la sauvegarde du réseau ferroviaire »

« Nous avons la responsabilité de mettre en place un plan d’urgence pour la sauvegarde du réseau ferroviaire, et sommes dans l’obligation de prendre la responsabilité de sa modernisation et de sa maîtrise », a lancé, solennel et sans sourciller, François Bonneau, président PS de la collectivité régionale. Et la Région va se saisir de la renégociation de la convention qui la lie à SNCF Mobilités jusqu’en 2020 pour lui imposer une nouvelle feuille de route, bien plus exigeante. Ponctualité des trains, lutte contre la fraude, mise en place d’autocars de substitution lors de travaux, élargissement du cadre des indemnisations aux usagers et pénalités renforcées à l’encontre de la SNCF elle-même, ce « nouveau pacte ferroviaire »a souvent pris des allures de réquisitions. 

« Les conséquences de cette incapacité à bien gérer depuis plusieurs décennies cette entreprise pourtant remarquable, c’est cette dette de 50 milliards alors que le groupe fait 500.000 euros nets de bénéfices. (…) Cette obsession des lignes à grande vitesse explique cette dette, dans une vision centralisée et jacobine de la France au mépris complet de la France des territoires et des travailleurs », a fustigé Guillaume Peltier, chef de file du groupe d’opposition de l’Union de la droite et du centre (UDC). « Le constat que je fais en utilisant chaque semaine la ligne Orléans-Paris et depuis plus de vingt ans, c’est une dégradation permanente, et même exponentielle ces deux ou trois dernières années puisque cette dégradation s’accélère, à tous les niveaux », a surenchéri Florent Montillot toujours pour l’opposition UDC qui s’est félicité que les pénalités infligées à la SNCF allaient doubler, passant de 1 million d’euros à 2 millions. « 100% d’augmentation, c’est positif et j’espère que ce sera suffisant notamment pour la ponctualité », a ajouté l’élu régional.

« La Région est maintenant l’autorité organisatrice des transports, c’est donc à elle d’assumer la politique des transports »

« La Région est maintenant l’autorité organisatrice des transports, c’est donc à elle d’assumer la politique des transports et pas à quelques opérateurs », a affirmé, plus modéré, Philippe Fournier, vice-président délégué aux transports, donc à la manoeuvre dans ce dossier, et qui entend bien défendre « les exigences des usagers face à la SNCF »

En terme strictement financier, la Région est parvenue à faire baisser la facture demandée par la SNCF pour les TET (trains d’équilibre du territoire) et les TER (transport express régional) de 24 millions pour un « meilleur service rendu », devis passant ainsi de 220 millions d’euros à 196 millions d’euros. En ce qui concerne la fraude, qui représente un manque à gagner de quelque 14 millions d’euros - soit 10,4% des recettes -, la Région est passée vis-à-vis de la SNCF « d’une obligation de moyens à une obligation de résultats », autrement dit des pénalités seront infligées à société ferroviaire si ce chiffre ne baisse pas significativement.

« Le budget le plus élevé en investissement et en fonctionnement »

Pour le reste, la Région va désormais partager les « recettes et les risques »avec la SNCF, ce qui l’engage évidemment à tout faire pour qu’il y ait « le plus de monde dans les transports », dixit Philippe Fournier. Au total, d’ici 2025, et sur l’ensemble des lignes régionales, la collectivité va débloquer une enveloppe de 250 millions d’euros, soit « le budget le plus élevé en investissement et en fonctionnement » de la Région, a souligné François Bonneau. Une somme qui servira à « sauvegarder la circulation, la vitesse et la sécurité ». Tout un programme ! « La Région a demandé et obtenu de SNCF Réseau le véritable état du réseau ferré dans notre région. Un diagnostic complet des lignes sur le périmètre régional vient de nous être communiqué. Il est particulièrement alarmant pour de nombreuses lignes », a martelé le président de la Région. Autant dire que dans ces conditions, la réouverture de la ligne entre Orléans et Châteauneuf-sur-Loire attendra alors même le dossier avait fait des avancées décisives ces derniers mois. Mais le coût estimé à quelque 200 millions d’euros et dont le financement devait être porté à hauteur de 150 millions par la Région ne peut plus être assumé par la collectivité aujourd’hui. D’autres priorités sont depuis lors arrivées à quai… 

A. G.