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Le 16 Octobre 2018, 06h24

David Thiberge, vice-président de la métropole en charge des transports, explique les raisons pour lesquelles la gratuité n'est pas souhaitée. 

« L’usager apporte aujourd’hui 18 millions de recettes, si l’usager ne les apporte plus, il faut les trouver ailleurs », David Thiberge. 

LE COÛT DE LA GRATUITÉ - À l’heure où Keolis s’efforce de lutter le plus efficacement possible contre la fraude, il existe évidemment un moyen facile de la supprimer définitivement : rendre les transports publics gratuits. Localement, un certain nombre d’élus et de militants associatifs continuent de défendre cette conception des transports publics. Interrogé par apostrophe45 sur la perspective ou non d’instaurer la gratuité sur l’ensemble du réseau TAO - bus et trams -, David Thiberge, vice-président de la métropole en charge du transport, s’y oppose pour plusieurs raisons distinctes.

« Le terme gratuité est un peu impropre car il y a quelqu’un qui va payer », David Thiberge. 

« Le terme gratuité est un peu impropre car il y a quelqu’un qui va payer. Toute la question de la gratuité est de savoir qui va payer le service public. Est-ce le contribuable ou l’usager qui doit payer?», argumente David Thiberge. Et de poursuivre : « Sur un service public comme le transport, c’est le contribuable qui paye aujourd’hui à 75% environ et l’usage à 25%. Voilà la situation. L’usager paye un quart. Est-ce qu’il faut que l’usager paye moins et le contribuable paye plus ? Aujourd’hui, on a répondu non pour plusieurs raisons », développe l’élu métropolitain. 

Première raison évoquée, le motif financier. « L’usager apporte aujourd’hui 18 millions de recettes, si l’usager ne les apporte plus, il faut les trouver ailleurs. Et nous avons décidé de ne pas augmenter les impôts. Autre solution alors, baisser les autres politiques de la métropole, aujourd’hui, 18 millions, c’est une somme colossale. Et nous n'avons pas fait non plus ce choix-là.»

« Je pense que dans notre société, et je le regrette d’ailleurs, ce qui n’a pas de coût n’a pas de valeur »

Deuxième raison de ce refus d’instaurer la gratuité sur l'ensemble du réseau, « morale et éthique », cette fois. « Je pense que dans notre société, et je le regrette d’ailleurs, ce qui n’a pas de coût n’a pas de valeur. Quand vous allez sur Internet et que c’est gratuit, c’est que c’est vous le client. Et puis on a des dispositifs qui permettent aux jeunes, aux demandeurs d’emploi, aux séniors, d’avoir un prix minoré, donc une tarification sociale afin de permettre au plus grand nombre de pouvoir utiliser le service public de transport. On préfère donc rester sur le statu quo », conclut David Thiberge. 

A. G.