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Le 14 Décembre 2018, 10h48

Le Premier ministre a annoncé, dimanche, la création d'une plateforme de signalement pour lutter contre les violences faites aux femmes.

Samedi, quelque 500 personnes ont défilé dans les rues d'Orléans pour dénoncer les violences faites aux femmes. 

#NOUSTOUTES - Samedi, quelque 500 personnes, femmes et hommes confondus, ont foulé le pavé orléanais pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes. Une manifestation placée sous l’égide du collectif #NousToutes, « un mouvement féministe citoyen, unitaire, et apolitique » créé l’été dernier dans la foulée de l’affaire Weinstein et du mouvement #MeToo lancé sur les réseaux sociaux. Des rassemblements similaires ont eu lieu dans une cinquantaine de villes en France et ont réuni, selon les organisatrices, quelque 500 000 personnes, dont 30 000 à Paris. 

 Orléans veut montrer la voie

Or, ce dimanche était officiellement celui de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Avec le rappel de chiffres qui font froid dans le dos : en France, une femme meurt sous les coups de son compagnon tous les trois jours en moyenne et 225 000 sont victimes de violences conjugales chaque année. Face à ces drames, la ville d’Orléans n’est pas restée les bras croisés en ouvrant deux « adresses refuges » pour héberger, dans l’urgence, les femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants. « Les femmes qui sont contraintes, un soir, une nuit, de quitter leur domicile n’ont plus rien. Pas de sécurité sociale, pas de CAF, pas de compte bancaire, et il faut leur donner déjà rapidement des droits sinon elles sont condamnées à rentrer chez leur conjoint agresseur », expliquait, dans les colonnes d'apostrophe45, Dominique Tripet, élue d’opposition chargée par le maire, il y a un an, de réfléchir à un dispositif capable d’alléger immédiatement les souffrances de ces femmes. Avec cette convention, les différents organismes se sont engagés donc, dans un délai de quelques heures seulement, à procurer à ces femmes un numéro de sécurité sociale, la CMU si besoin est, et de leur reverser sur un compte bancaire créé également en quelques heures leurs droits délivrés par la CAF si naturellement elles en ont.  Et, à partir du début de 2019, la mairie ouvrira plusieurs « adresses refuges » avec la volonté de faire d’Orléans « un cas d’école pour qu’un tel dispositif soit pérenne, et qu’il soit copié ailleurs », dixit Dominique Tripet. 

Le gouvernement lancera une plateforme de signalement en ligne ce mardi 

Et, au niveau national, Édouard Philippe a fait l’annonce, dimanche, sur sa page Facebook de la création d'une plateforme de signalement en ligne qui sera ouverte à partir du mardi 27 novembre et « opérationnelle 24h/24 via le site service-public.fr ». « Elle permettra aux victimes ou aux témoins d'échanger avec un policier ou un gendarme spécialement formé pour les aider dans leurs démarches.  Désormais quelques clics peuvent aider chacune à prendre un nouveau départ : pour soi, pour sa famille. Et peut-être pour éviter le pire », écrit le Premier ministre.

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Promise il y a un an par Emmanuel Macron, cette plateforme doit être officiellement lancée, mardi, en présence de Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Egalité femmes-hommes, de Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, et de Nicole Belloubet, la garde des Sceaux. Le gouvernement pourrait, à cette occasion, rendre public le chiffre des féminicides pour l'année 2017. Histoire de renforcer encore cette prise de conscience nationale qu'il est plus que temps d'agir. 

A. G.