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Le 17 Décembre 2017, 20h54

Près de 400 personnes ont battu le pavé orléanais jeudi pour protester contre «la politique libérale» du gouvernement et «ses ordonnances».

«Il y a une forte dépolitisation de la jeunesse. Au sein même de notre syndicat, on n’est pas énormément. En réalité, il y a un vrai rejet de la politique par la jeunesse aujourd’hui qui est découragée», Isaac-Kenzo Osses, du syndicat Solidaires Étudiants.

C’EST LA LUTTE - La cinquième mobilisation syndicale organisée contre « la politique libérale » du gouvernement et « ses ordonnances » a rassemblé entre 350 et 400 personnes à Orléans, ce jeudi matin. C’est sous les fumigènes que le cortège s’est élancé depuis la place Sainte-Croix de la capitale régionale. La CGT, FO, Solidaires, la FSU et des organisations universitaires (UNL, Unef, Fidl) ont appelé salariés et étudiants à descendre dans la rue avec l’espoir d’obtenir l’abrogation des lois Travail. Ce jeudi 16 novembre, on pouvait bien sûr lire des slogans fasant référence aux «Paradise Papers» - « La crise pour nous, les paradise papers pour eux » - ou encore à la loi Travail 2 - « Ordonnances ou pas, on n’en veut pas (…) Lutter contre le chômage, ce n’est pas faciliter les licenciements, il faut les interdire ».

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« La page n’est pas tournée pour nous, lance Aurelio Ramiro, secrétaire général de la CGT dans le département du Loiret. On ne lâchera rien. Ça ne pourra que s’amplifier au fur et à mesure que les salariés seront confrontés à la politique du gouvernement. » 

Jusqu’ici pourtant, « C’est Emmanuel Macron qui a le point », concédait récemment Jean-Luc Mélenchon lui-même, parlant même de « KO » eu égard à la très faible mobilisation enregistrée jusqu’à présent et qui n’a jamais été à la hauteur des espoirs et attentes du leader de la France Insoumise pour lutter contre « le coup d’État social » du gouvernement. 

«La politique rime avec arnaque et escroquerie»

« Emmanuel Macron a marqué un point, effectivement, mais cela ne veut pas dire que la partie est finie, déjà, c’est le sens de l’expression de Jean-Luc Mélenchon », a commenté, la semaine passée, le représentant du Loiret de la France Insoumise, Jérôme Schmitt. Et d’espérer : « Si les jeunes sont là, ça changera tout. »

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Sauf que là aussi, la présence de quelque 15 étudiants seulement (Solidaires Étudiants et l’UNEF) dans le cortège rend le rapport de force très discutable, voire fragile. Isaac-Kenzo Osses, du syndicat Solidaires Étudiants, reconnaît volontiers qu’« il y a une forte dépolitisation de la jeunesse. Au sein même de notre syndicat, on n’est pas énormément. En réalité, il y a un vrai rejet de la politique par la jeunesse aujourd’hui qui est découragée. La politique rime avec arnaque et escroquerie. Les jeunes se sentent impuissants et désespérés. » Le constat est alarmant. 

Pour Aurelio Ramiro, la stratégie du gouvernement est claire : « Il y a récemment eu une manœuvre du gouvernement pour démobiliser les étudiants, concernant l’égalité d’accès à l’université. Nous ne sommes pas dupes », conclut-il, bien décidé toutefois à poursuivre la mobilisation « dans la durée ».

RZ