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Le 17 Novembre 2018, 01h18

Le Département a voté une rallonge de 3 millions d'euros pour prendre en charge les mineurs étrangers de plus en plus nombreux. 

« Nous sommes tiraillés entre notre volonté d’apporter une réponse humaine à ce sujet et notre capacité à jouer pleinement notre rôle », Marc Gaudet.

DÉPOURVUS - Fin 2018, quelque 1 200 réfugiés auront tapé à la porte du Département du Loiret. Soit 200 de plus que l’année dernière. « Tous les jours, huit à quinze jeunes se présentent chez nous et dans 80% des cas, ce sont des jeunes majeurs en réalité », expliqué Alexandrine Leclerc, vice-présidente du Département, en marge de la session qui se poursuit jusqu’à ce vendredi 19 octobre. 

Des arrivées quotidiennes de « jeunes mineurs non accompagnés » (MNA) sur le territoire départemental face auxquelles la collectivité départementale a de plus en plus de difficultés à faire face. « Nous avons renforcé l’équipe en recrutant quatre équivalents temps plein supplémentaires. Les évaluations sur la minorité ou non de ces jeunes se font normalement dans la journée, aujourd’hui, elles peuvent prendre trois semaines et le doute profite aux jeunes », poursuit l’élue en charge de ce dossier. Selon les règles établies par l’État, le Département du Loiret doit accueillir 1,11 % des jeunes mineurs étrangers qui arrivent sur le territoire national. Une statistique qui ne dit rien évidemment du nombre de jeunes régulièrement accueillis. 

« Il y a des filières organisées puisque ces jeunes arrivent avec une adresse dans la poche »

Certes, l’État prend en charge les cinq premiers jours passés par le jeune mineur non accompagné dans le département, à hauteur de 250 euros par jeune et par jour, mais comme les délais se rallongent, cette enveloppe financière est devenue nettement insuffisante. Du coup, le Département vient de voter une rallonge de 3 millions d’euros pour cette année 2018, ce qui porte le budget dédié à cette prise en charge à près de 12 millions d’euros annuels. « Il y a des filières organisées puisque ces jeunes arrivent avec une adresse dans la poche. On assiste aussi à un redéploiement vers l’Indre-et-Loire qui a dû consacrer 18 millions d’euros à cette prise en charge en 2018 », note Marc Gaudet. 

« Mêmes les hôtels sont saturés et l’État n’est pas facilitateur sur la question »

Au-delà de la froideur de ces chiffres, il y a évidemment des drames humains à considérer attentivement et à soulager autant que faire se peut. « Nous sommes tiraillés entre notre volonté d’apporter une réponse humaine à ce sujet et notre capacité à jouer pleinement notre rôle », commente Marc Gaudet, le président du Département qui souligne les limites financières et matérielles du Département face à cette prise en charge qui ne cesse de croitre. « Même les hôtels sont saturés et l’État n’est pas facilitateur sur la question, il n’est pas en mesure de nous proposer d’autres hébergements. Il y a une promiscuité dans les hôtels entre les mineurs et les majeurs qui n’est pas heureuse, et nous savons que cela ne peut pas être la solution. Nous en cherchons donc d’autres, et allons devoir sortir de l’agglomération pour cela », précise Alexandrine Leclerc.  

Ces jeunes mineurs non accompagnés, de jeunes garçons dans l’écrasante majorité des cas, viennent de Guinée, de Côte d’Ivoire et, en nombre bien plus modeste, du Mali. « Les filières bougent, changent, ceux qui arrivent aujourd’hui dans le département passent par l’Espagne », précise Alexandrine Leclerc qui ne s'attend pas à ce que leur nombre baisse ces prochains mois. «Nous sommes face à une situation qui devient très précaire », conclut l'élue.   

A. G.