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Le 14 Décembre 2018, 11h31

Près de 500 personnes ont défilé ce samedi. Si le cortège était peu dense, les propos, eux, se radicalisent sous l'effet de la colère. 

« Les gens sont devenus individualistes mais ça va péter car ceux qui sont là n’en peuvent plus », prévient Antoine, 35 ans, au chômage.

ACTE III - Petite mobilisation, ce samedi 1er décembre, dans les rues d’Orléans, à l’initiative des gilets jaunes. Ils étaient en effet quelque 500 personnes « seulement » à parcourir les rues de la ville sous le slogan « Macron démission » au gré d’un itinéraire relativement improvisé et sous une pluie constante. Parti du parvis du centre commercial de la Place d’Arc vers 15 heures, le cortège a emprunté la rue de la République sur quelques dizaines de mètres seulement, contraint de bifurquer vers la rue de la Bretonnerie pour ne pas perturber la circulation du tram et la fréquentation du marché de Noël. Arrivés devant la cathédrale, les gilets jaunes se sont ensuite dirigés vers la préfecture où des barrière et des policiers en tenue anti-émeutes leur interdisaient le passage. Un face à face de près d’une demi-heure qui est demeuré calme tandis que trois gilets jaunes étaient reçus en préfecture. Les manifestants ont repris ensuite leur marche jusqu’à la place De-Gaulle où ils ont immobilisé quelques minutes le tram.  

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Si la manifestation n’a pas connu de dérapages, les échanges entre les manifestants trahissaient une colère de plus en plus vive et une radicalisation des propos bien réelle. « Le Seigneur Macron nous prend pour des gueux, mais attention que sa tête ne finisse pas sur une pique, nous on n’a plus rien à perdre », prévient ce quadragénaire. Le peuple contre les élites, tel était le message qui ressortait de nombreuses discussions. 

« C’est Monsieur Jupiter, c’est le roi, et il tient à son petit confort à l’Élysée »

« Je suis là depuis le début, dans la semaine je travaille, je ne peux donc pas toujours être dans la rue mais dès que je peux je viens », explique Cédric, 46 ans, électricien à Orléans. « Il ne faut pas lâcher. Macron est un beau menteur, ça fait cinquante ans que l’on se fait avoir. C’est Monsieur Jupiter, c’est le roi, et il tient à son petit confort à l’Élysée, bien peinard ». Au-delà de ceux question de la taxe carbone qui a mis le feu aux poudres, le sentiment général qui domine parmi ces gilets jaunes est bien celui d’être méprisés, laissés pour compte, mis à l’écart d’une France urbaine qui tire seule son épingle du jeu. 

« Les fins de moi deviennent plus que difficiles », témoigne Fabienne, 53 ans et gilet jaune de la première heure.  « La TVA augmente, les salaires ne bougent pas, eux. L’année dernière, nous ne sommes pas partis en vacances. Ma mère touche 400 euros de retraite, elle ne peut pas payer le fioul, je suis bien obligée de l’aider, comment voulez-vous amener le gaz de ville en campagne ?», interroge-t-elle. «Il faut monter au créneau, on devrait être 2 000 ou 3 000 à Orléans, et nous sommes 500. Les gens sont devenus individualistes mais ça va péter car ceux qui sont là n’en peuvent plus», prévient Antoine, 35 ans, au chômage, qui assure que sous le calme orléanais menace la tempête. Et qu'elle ne tardera plus à éclater. 

A. G.