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Le 14 Décembre 2018, 10h29

Le président de la région a co-signé, avec onze de ses homologues, une tribune demandant à l'exécutif d'ajourner la hausse des taxes. 

« Il faut prendre le temps de la fiscalité écologique, réécrire d'une manière qui soit socialement plus acceptable », soulignent les douze présidents de régions. 

VOIX AU CHAPITRE - François Bonneau était au premier rang, à l’Élysée, en fin de matinée, pour écouter le discours d’Emmanuel Macron, s’adressant aux Français et expliquant la manière dont l’exécutif prenait en compte la grogne des gilets jaunes et allait, pour y répondre, mettre en place un mécanisme pour adapter les taxes aux fluctuations des prix du pétrole.

 Et, ce même mardi, le président de la région Centre-Val Loire, co-signait avec onze autres présidents de régions - seul manque à l’appel Xavier Bertrand (ex-LR), président de la région Hauts-de-France - une tribune parue dans l’Opinion qui appelle l’exécutif à «changer de discours, à reconnaître la souffrance de nos compatriotes, (…) et à prendre des mesures d'urgence et en premier lieu un moratoire sur la hausse des taxes au 1er janvier»

« Ce serait une très grave erreur de caricaturer leur révolte »

Avec cette tribune, douze des onze présidents de régions, de droite comme de gauche, se font les porte-voix en quelque sorte des gilets jaunes et demandent des «mesures d’urgence». «Ce serait une très grave erreur de caricaturer leur révolte en un mouvement extrémiste manipulé par l'ultradroite ou l'ultragauche», réagissent ces élus. Selon eux, ce mouvement est «l'expression vivante de la fracture territoriale et sociale dans notre pays. Il exprime la colère de nos concitoyens des territoires péri-urbains et ruraux, contraints de se loger toujours plus loin», analysent-ils. 

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François Bonneau en gilet jaune ... c'était lors d'une visite de l'usine Duralex à La Chapelle-Saint-Mesmin. (Photo : apostrophe45)

Pour eux, il y a donc urgence à attendre eu égard à l’ampleur et l’enracinement de la contestation portée par les gilets jaunes. « Il faut prendre le temps de la fiscalité écologique, réécrire d'une manière qui soit socialement plus acceptable, plus transparente et mieux ciblée », suggèrent-ils. D’autant que, chiffres à l’appui, ils démontrent que le parc automobile ne représente « pas plus de 15% des émissions de gaz à effet de serre », alors que le bâtiment globalise, lui, «40% de la consommation énergétique». D’où la nécessité de penser cette fiscalité écologique «d’une manière qui soit socialement plus acceptable, plus transparente et mieux ciblée ». Depuis la tribune de l'Élysée, le président de la République a fait la preuve qu'il ne l'entendait manifestement pas de cette oreille...

A. G (avec Afp)