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Le 14 Décembre 2018, 10h59

Alexandrine Leclerc, vice-présidente du Département en charge, notamment, des personnes âgées fait le point sur les dispositifs en cours.

Dans le cadre de votre dispositif « Loiret bien vieillir », le Département a consacré un budget de 22 millions à la rénovation des Ehpad.

ENTRETIEN - Le Département du Loiret a mis en place deux dispositifs d'envergure dans le secteur médico-social : une complémentaire santé à destination de celles et ceux qui n'ont pas les moyens d'en souscrire une ; et le plan « Loiret bien vieillir » qui repose, notamment, sur la rénovation de 22 Ehpad sur les 68 que compte le département. Alexandrine Leclerc, vice-présidente du Département en charge de l'enfance, de la famille, des personnes âgées et du handicap dresse le bilan - provisoire - de ces différents dispositifs. 

Le Département du Loiret a créé sa propre complémentaire santé il y a deux ans après avoir constaté que 10% des Loirétains n’en possédaient pas et renonçaient donc à certains soins. Il s’agissait d’une première en France à l’échelle d’un département. Quel bilan faites-vous de ce dispositif aujourd’hui ?
Alexandrine Leclerc. Autour de 1 500 Loirétains ont souscrit cette complémentaire santé. On espérait davantage, il faut le reconnaître.  

C’est peut-être le fait d’un déficit de notoriété, non ? 
Alexandrine Leclerc. On a retravaillé notre communication et on a vu, c’est vrai, une belle progression. Nous sommes allés à la rencontre des travailleurs sociaux, nous faisons des réunions dans le secteur d’aide à domicile, on vise également les travailleurs pauvres ou intérimaires qui n’ont pas les moyens d’avoir une complémentaire santé. On a peut-être un travail de communication à faire auprès des agences d’intérim. On a des marges de progression, c’est certain. Maintenant on poursuit car je suis persuadée que c’est un bel outil.

« On a vu un couple de retraités qui est parvenu à faire une économie de l’ordre de 120 euros par mois​»

Les tarifs très attractifs de cette complémentaires reposent sur l’effet de masse. Plus il y a d’adhérents, moins c’est cher. C’est le principe, non ? 
Alexandrine Leclerc. L’effet de masse diminue en effet le prix individuel d’une complémentaire santé du fait d’une économie d’échelle. Nous avons passé une convention avec une association qui a en charge de négocier les tarifs puisqu’elle n’est pas soumise au code des marchés publics. Elle a ainsi la liberté d’aller négocier auprès des assureurs et des complémentaires. Elle a plus de marge de manœuvre finalement que nous. Nous nous occupons de l’information et de la communication.  

Et les tarifs qu’elle propose sont-ils vraiment attractifs ? 
Alexandrine Leclerc. À titre d’exemple, moi même je suis passée par "Loiret Santé" - le nom de cette complémentaire -  et j’ai non seulement vu baisser le coût mensuel de ma mutuelle de 17 euros par mois, ce qui n’est pas anodin, mais pour des prestations supérieures en plus. Et c’est le cas de tous ceux qui ont adhéré, en couple, en famille ou seuls. On a vu un couple de retraités qui est parvenu à faire une économie de l’ordre de 120 euros par mois. Ce n’est plus symbolique du tout. Il y a trois mutuelles différentes dans l’offre, ce qui représente onze niveaux de garantie différents.   

« Sur les 22 Ehpad que nous renovons, nous savons aujourd’hui que trois ne seront pas prêts à la fin de la mandature»

Dans le cadre de votre dispositif « Loiret bien vieillir » vous avez également consacré un budget de 22 millions d'euros à la rénovation des Ehpad - Établissement d’hébergement pour personnes dépendantes. Où en est ce vaste chantier ?
Alexandrine Leclerc. 
Il y a, au total, 68 Ehpad dans le département du Loiret et 22 étaient concernés par ce plan de restructuration. Sur ces 22, nous savons aujourd’hui que trois ne seront pas prêts, soit pour des raisons budgétaires, soit parce qu’ils y a un projet de rénovation plus urgent dans le même domaine. 19 seront donc achevés à la fin du mandat ou pas loin de l’être. Comme vous l’avez rappelé, nous avons mis 22 millions sur la table, la Région 7 millions, l’ARS a mis au pot aussi et chaque établissement a contribué à sa manière, soit en ayant recours à des emprunts soit en puisant dans sa trésorerie propre. 

Quels sont les Ehpad qui seront prêts ou qui sont déjà rénovés ? 
Alexandrine Leclerc. Amilly, c’est terminé, Lorris, ça avance très bien mais c’est complexe car le site est occupé ; Paul-Gauguin, à La Chapelle-Saint-Mesmin, ce sera fini en 2020 ; à Dordives, Outarville et Malesherbes, on est sur la fin des travaux au premier trimestre 2019 ; il y a un ralentissement à Gien mais on est toujours dans le calendrier pour 2020 ; à Châteauneuf-sur-Loire, l’architecte est retenu, il travaille actuellement à la conception ; à Château- Renard, nous sommes au stade de l’avant-projet mais le maître d’oeuvre est choisi ; à Fay-au-Loges, le choix du lauréat sera fait le mois prochain, de même pour Neuville-aux-Bois ; à Lailly-en-Val, nous avons un peu de retard car nous avons eu une réunion sur le site et la DDT - Direction départementale des territoires - a confirmé que le terrain visé se situe en zone inondable, il nous faut donc trouver le foncier. Douze Ehpad seront achevés au cours du mandat, trois seront en cours de finition, et pour quatre nous ne serons qu'au début du projet. Il en reste donc trois pour lesquels on sait déjà que ce sera une réflexion sur le mandat suivant.

« On accorde davantage mais on exige aussi davantage»

L’on sait que la démographie des personnes âgées est en très nette augmentation. Existe-t-il suffisamment d’Ehpad dans le Loiret pour les accueillir ? 
Alexandrine Leclerc. Oui, s’il on considère le nombre total des Ephad. En revanche,  il y a un problème de coût qui se pose puisque ce coût pour le résident peut aller du simple au double en fonction du statut de l’Ephad : associatif, public, hospitalier ou privé. En terme d’accès, il y a un problème, oui. Nous aurions un besoin de places complémentaires mais à un prix accessible pour les personnes qui ont des retraites modestes.  

Le deuxième axe de votre politique à l’égard des personnes âgées réside dans le maintien à domicile. Qu’avez-vous réalisé dans ce secteur-là ? 
Alexandrine Leclerc. Nous avons en 2016 retravaillé les conventions avec les structures d’aide à domicile qui, depuis trois ans, n’avaient pas vu leur prix-horaire revalorisé. Cette revalorisation leur a donné un peu d’air. En contrepartie, les structures se sont engagées à être dans une démarche de qualité et de nous en rendre compte. On accorde davantage mais on exige aussi davantage. Près de 80 partenaires, des associations et des entreprises confondues, sont concernés. 

La loi d’adaptation de la société au vieillissement de décembre 2015 fait obligation aux Départements de mettre en place un certain nombre d’actions autour de la prévention de la perte d’autonomie. Qu’a fait le Département dans ce registre-là ?
Alexandrine Leclerc. 
Nous avons lancé des appels à initiatives auprès des collectivités et des associations pour les inviter à mettre en place des actions, en effet. Sur l’année 2017, il y a eu 77 actions qui ont été subventionnées par le Département avec l’idée de retarder l’entrée dans un établissement en travaillant sur tous les registres liés à l’autonomie. 

Propos recueillis par Anthony Gautier.