Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 23 Avril 2018, 21h25

Quelque 3.000 personnes ont manifesté dans les rues d'Orléans, ce mardi matin, pour demander le retrait de la loi Travail. 

« On va gagner l’unité syndicale, il y aura des suites, notamment le 21 et le 28 septembre, et on ira jusqu’au retrait », assure Aurelio Ramiro, pour la CGT. 

UN AIR DE DÉJÀ VU - À peu de choses près, les mêmes slogans,la même détermination affichée, et un cortège aussi compact que lors des manifestations anti-loi travail de mars 2016 : ce mardi matin, quelque 3.000 personnes - 3.900 selon la CGT et 2.300 selon la police - ont défilé dans les rues d’Orléans, à l’appel de la CGT, Solidaires et de la FSU, pour demander la suppression des amendements de la loi Travail. Dans le viseur des syndicats : le plafonnement des indemnités prud'homales, la fusion des instances représentatives du personnel dans les entreprises, la réforme du compte pénibilité, ou encore la place accrue à l'accord d'entreprise.

 « C’est le permis de licencier à tout va, la précarité à tous les étages »

« L’enjeu est simple : c’est le retrait pur et simple des ordonnances et de la loi El Khomeri puisque c’est la même chose, c’est la suite », explique Aurelio Ramiro, secrétaire départemental CGT. « C’est le permis de licencier à tout va, la précarité à tous les étages, la fin des CHSCT, des garanties collectives des conditions de travail, on lamine tout, tous les droits du code du travail. Concrètement, demain, c’est le droit divin dans les entreprises, les employeurs pourront tout faire, il n’y aura même plus de contrat de travail. À partir de là, on appelle les salariés à réagir. » 

IMG_0298.JPG

La première manifestation sociale sour l’ère Macron aura été marquée par la présence du secteur public principalement, peu de salariés du privé ayant pris place dans le cortège orléanais. Et pas davantage d’étudiants ou de lycéens. Sous le slogan « les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, de cette société-là, on n’en veut pas », les manifestants ont parcouru les boulevards orléanais pour revenir au pied de la cathédrale en fin de matinée. Dans le même temps, la CGT comptabilisait 100 manifestants à Pithiviers, 350 à Gien et autant à Montargis. « Il n’y pas un syndicat qui est d’accord sur la réforme. Les textes des ordonnances n’ont été officialisés il n’y a que huit jours. On a besoin d’examiner tout cela. Des réunions unitaires sont programmées au niveau national. Nous, on rencontre les autres syndicats mercredi prochain pour la suite. On va gagner l’unité syndicale, il y aura des suites, notamment le 21 et le 28 septembre, et on ira jusqu’au retrait », assure Aurelio Ramiro. 

IMG_0296.JPG

Au-delà de l’opposition à la réforme elle-même, les manifestants n’ont pas manqué de fustiger la formule utilisée par Emmanuel Macron qualifiant, notamment de « fainéants », ceux qui s’opposaient à cette loi Travail. Dans le cortège, certains clamaient « Macron, les fainéants sont dans la rue ! ». « C’est une insulte aux salariés, c’est du mépris pour nous », dénonce vertement Axelle, salariée du secteur public. 

IMG_0303.JPG
IMG_0317_0.JPG

Pour tous les manifestants, il ne faisait guère de doute que cette première manifestation en appellerait bien d’autres. Et plus massives encore, assurent-ils. 

A. G.