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Le 24 Janvier 2018, 02h37

Jean-Pierre Sueur, sénateur PS du Loiret, ne se veut « pas résigné » suite au projet de fermeture d'Hitachi à Ardon. Il en appelle à Manuel Valls et à Michel Sapin pour sauver les 170 salariés du site orléanais.

«Il faut trouver une solution et tout faire, à tous les niveaux, et en particulier, au niveau de l'État pour que la décision annoncée soit revue et qu'un nouvel avenir soit trouvé, au sein d'Hitachi, pour l'entreprise d’Ardon », Jean-Pierre Sueur.

RÉSISTER - L'économie fait souvent penser à un système de vases communicants. Ce que l'on gagne d'un côté, on le perd souvent de l'autre. Si la célèbre marque suédoise de meubles a récemment permis l'embauche de 150 postes à Ardon, l'on apprend, en revanche, que la direction nipponne d'Hitachi, multinationale d'électronique et d'informatique, prévoit la fermeture de son site sur lequel travaillent, aujourd'hui, 170 salariés. L'information a été communiquée aux employés mercredi. 

Jean-Pierre Sueuer, sénateur PS du Loiret, entend se battre contre cette fin programmée et en appelle directement au Premier ministre Manuel Valls et au nouveau « super ministre » de l'économie, du budget et des finances, Michel Sapin « pour leur demander de prendre sans délais tous les contacts appropriés avec le groupe Hitachi et les autorités japonaises compétentes, afin que tout soit fait pour sauver "Hitachi Orléans"- sans préjudice des autres interventions qui apparaîtront utiles ».

170 salariés à Ardon

« Hitachi Orléans ne doit pas fermer ! », a-t-il martelé dans une tribune, rappelant la part active des élus locaux de l'époque - dont lui-même - dans l'implantation de cette société dans le Loiret en 1992. « Cet établissement, qui compte à Ardon 170 salariés, est arrivé dans le Loiret en 1992, et que cette implantation a été précédée d'un travail intense mené par Kléber Malécot, alors président du conseil général du Loiret, et moi-même, alors maire d'Orléans et président de l'agglomération, et tous les services compétents de nos collectivités, en lien avec les communes d'Ardon et de Saint-Cyr en Val. »

Il poursuit avec force détails : « À ce moment-là, un vrai partenariat a été conclu, fondé sur la confiance, à la suite de multiples contacts au Japon et en France, - partenariat qui s'est révélé très fécond, l'entreprise Hitachi s'investissant, en outre, dans des projets, notamment culturels, de la ville d'Orléans et de la Région. Le vingtième anniversaire de l'entreprise a été célébré dans de bonnes conditions, ainsi que l'arrivée récente d'un "data center", présenté comme un atout de plus pour l'établissement d'Ardon. »

« Une douche froide »

Jean-Pierre Sueur parle aujourd'hui de « douche froide » après cette annonce. « On nous dit que les technologies changent, que l'informatique évolue à grande vitesse, qu'il n'est plus utile de fabriquer ici autant de "disques durs". Cela est vrai. Mais une entreprise de taille mondiale comme Hitachi développe constamment de nouveaux projets. Qui dira qu'il était et qu'il serait impossible d'implanter à Ardon l'un, ou plusieurs, de ces nouveaux projets ? Qui dira qu'il n'est pas possible de trouver une solution au sein de la galaxie Hitachi afin de préserver les 170 emplois, en lien et en dialogue avec les collectivités locales ? C'est une question de choix, de stratégie, au niveau du groupe et de ses dirigeants, en Europe et en France », explique-t-il.

Et de s'interroger encore et encore, dénonçant « un rapport de confiance brisé » : « Nous apprenons d'ailleurs qu'Hitachi vient de racheter une entreprise de service en Île de France. Mais s'il faut donc  passer des "disques durs" au "service", pourquoi n'a-t-il pas été décidé de s'appuyer plutôt sur le site d'Ardon, l'agglomération d'Orléans, la région Centre-Val de Loire et le département du Loiret pour mettre en œuvre les évolutions nécessaires ? Et ne parlons pas au passé : cela peut encore, doit encore, être fait....sans qu'il y ait d'exclusive quant à la nature des changements d'activité possibles, qui ne se limitent sans doute pas aux "services". »

« Rien n'est jamais irrévocable »

Et nul doute que la venue de François Hollande, ce jeudi à Orléans à l'occasion de la rentrée scolaire, sera une (bonne) opportunité pour le sénateur socialiste du Loiret pour (lui) rappeler que « rien n'est jamais irrévocable (…) qu'il faut trouver une solution et tout faire, à tous les niveaux, et en particulier, au niveau de l'État pour que la décision annoncée soit revue et qu'un nouvel avenir soit trouvé, au sein d'Hitachi, pour l'entreprise d’Ardon. »

RZ