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Le 22 Avril 2018, 05h07

Les murs d’Orléans ont fait l’objet de tags à caractère islamophobe le 14 septembre. Les musulmans d’Orléans jugent la condamnation de ce genre d’actes insuffisante par les pouvoirs publics.

La communauté musulmane orléanaise réclame « une réaction à la hauteur des événements de la part des pouvoirs publics ainsi que des acteurs politiques locaux garants de nos valeurs républicaines »

TAGS - L’association L’Union des Associations Musulmanes de l’Orléanais, associée à la Confédération Islamique Millî Görüş Fédération Sud-Ouest et au Collectif Contre l’Islamophobie en France dénoncent dans un communiqué commun « les tags et graffitis islamophobes sur les murs d’Orléans le 14 septembre 2017 ». La photo publiée par apostrophe45 parle d’elle-même. Depuis, ces tags ont été effacés par les services de la Ville qui a d'ailleurs déposé plainte.

La communauté musulmane d’Orléans dit s’être « réveillée douloureusement » après que « des lâches, animés par la haine des musulmans, ont salement œuvré » dans la nuit du 13 au 14 septembre. Pour les responsables de ces associations, « certains discours médiatiques et politiques irresponsables nourrissent cette haine (…) La banalisation et la vulgarisation d'un discours discriminant, la libération de la haine sous couvert d'une soit disant "liberté d'expression" par certains acteurs locaux ne nous aide guère. Ces personnes ont sans doute une part de responsabilité dans ces agissements islamophobes. »

«Nous demandons aussi une enquête policière»

Jugeant la condamnation de ce genre d’actes insuffisants, ils réclament « une réaction à la hauteur des événements de la part des pouvoirs publics ainsi que des acteurs politiques locaux garants de nos valeurs républicaines » et demandent expressément « une enquête policière approfondie avec une attention particulière dans le but d'apaiser les tensions et d'éviter la reproduction de ce type d'événement et d'agissements que nous subissons ces cinq dernières années dans l'Orléanais ». 

Et de conclure : « Plus notre seuil d'acceptation diminue face aux injustices raciales ou religieuses, en s'accompagnant de cette asymétrie à réagir de manière différente en fonction du public visé, plus nous construisons un "racisme acceptable". Ceci n'est pas le chemin de l'apaisement que nous recherchons tous à construire pour le bien être de chacun et du vivre ensemble. »

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Photo apostrophe45.

Ce n’est pas la première fois en effet que la communauté musulmane est la cible de graffitis à caractère islamophobe. Déjà, en octobre 2014, le portail de l’éphémère école musulmane située sur la commune de La Chapelle-Saint-Mesmin avait été taguée d’une croix gammée assortie d’insultes. Et là encore, on se souvient d’une absence quasi totale de réaction publique de la part notamment des élus locaux.

 

RZ