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Le 14 Décembre 2018, 10h29

Le démantèlement du camp de fortune doit s'accompagner nécessairement d'une solution de relogement soulignent les associations humanitaires. 

« Olivier Geffroy est-il allé discuter avec ces personnes, de leur parcours de vie, de ce qu’ils fuient ou de ce qu’ils recherchent ?», Yann Chaillou. 

DANS LA RUE - Des matelas, des amas de couvertures, quelques sacs et valises et une tente : le camp de fortune installé depuis le début de l’été sous le porche rue du Cloître-Saint-Paul, à Orléans, était quasi déserté ce mardi matin. Tout juste pouvait-on deviner la présence d’une personne totalement emmitouflée sous plusieurs épaisseurs de couvertures. Il faut dire que depuis quelques jours, les températures ont fortement chuté. « Dans la journée, ils vont au Relais orléanais pour se protéger du froid, manger et pour prendre des douches », explique une bénévole d’un organisme humanitaire qui leur rend visite plusieurs soirs par semaine. « Il y a parmi ces réfugiés, au moins une femme avec un jeune enfant », poursuit-elle. 

Venus du Mali, Érythrée, ou encore du Congo, ces migrants, une vingtaine la nuit tombée, ont mis plusieurs mois pour rejoindre la France, puis Orléans. « Ça été un très long voyage », lâche ce jeune Congolais rencontré devant le Relais orléanais qui ne sait pas expliquer pourquoi Orléans a été sa destination finale. « J’ai pris le train à Paris puis je descendu ici », précise-t-il tout juste. 

Tous ont été informés par les associations qui s’efforcent de soulager leur quotidien que, dans la presse, l’adjoint en charge de la sécurité avait affirmé ne pas envisager d’autre alternative que le démantèlement du camp. « Mais, ils veulent qu’on aille où ? On a déjà fait plusieurs endroits », poursuit le jeune homme, dépité. « Avant de penser à les chasser, il faut leur trouver une solution de relogement, c'est normal, non ?», interroge ce bénévole de la Croix-Rouge. 

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« Commençons par saluer le travail des bénévoles, associatifs ou non, issus de tous les horizons, qui sont à leurs côtés »

Les propos d’Olivier Geffroy ont d’ailleurs suscité quelques réactions d’indignation parmi les associations et quelques citoyens engagés dans la vie de la cité qui reprochent à l’élu un manque d’empathie et une absence de solutions alternatives. « Il faut une vision empreinte d’humanisme. Ces personnes sont à la rue depuis plusieurs mois, dans des conditions de vie indécentes, sans le confort de l’hygiène et de l’alimentation quotidienne. Une grande puissance mondiale peut offrir mieux. Commençons par saluer le travail des bénévoles, associatifs ou non, issus de tous les horizons, qui sont à leurs côtés », écrit ainsi Yann Chaillou, citoyen engagé dans la vie de la cité. « Olivier Geffroy est-il allé discuter avec ces personnes, de leur parcours de vie, de ce qu’ils fuient ou de ce qu’ils recherchent ? Ne croyons pas que ces personnes demandent l’assistance ad vitam æternam. Ils ont besoin, à un moment donné précis, de soins, d’être logés puis d’être accompagnés à la fois concernant leurs démarches auprès de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, et concernant leur intégration professionnelle. Ni plus, ni moins.»

Plusieurs réunions sont prévues d’ici la fin du mois entre la mairie et la préfecture pour envisager l’avenir de cette vingtaine de migrants. Reste à connaître les solutions qui pourront être apportées à cette situation de si grande détresse. 

A. G.