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Le 23 Juillet 2018, 11h48

Un rassemblement a eu lieu, ce mercredi, à Orléans, pour appeler les pouvoirs publics à scolariser les mineurs isolés. 

Privés des bancs de l'école pour un certain nombre d'entre eux, des demanreurs d'asile et des mineurs isolés ont tenu une classe, mercredi, en début d'après-midi, devant la préfecture. 

À LA RUE. Une classe de cours en plein air, sur le trottoir qui fait face à la préfecture du Loiret et qui conduit également, à quelques mètres de là, au rectorat. Aux premiers rangs, des demandeurs d’asile, majeurs et mineurs isolés confondus, qui brandissent des pancartes pour dire leur volonté d’être scolarisés ou d'intégrer une formation profesionnelle « pour avoir un avenir meilleur ». Derrière eux, des Orléanais, militants associatifs pour un grand nombre, venus apporter leur soutien à ces jeunes qui ont fuit leur pays, il y a déjà plusieurs années de cela pour un grand nombre d'entre eux. Un rassemblement organisé par le COJIE - Comité de soutien aux jeunes étrangers isolés - un collectif qui rassemble un certain nombre d’associations œuvrant pour l'accompagnement et la prise en charge des demandeurs d'asile. 

« Il faut les maintenir ici. Il n’y a aucun sens à le renvoyer »

« C’est tout un contexte qui montre qu’il y a une volonté de maintenir dans la précarité, voire de faire partir du territoire, toutes les personnes que l’on défend, et notamment ces jeunes qui sont au sein du collectif du COJIE. C’est un public qui est ciblé par la circulaire du 12 décembre - NDLR : qui organise le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence -, qui est vulnérable et que la préfecture ne veut pas régulariser. Nous continuons à dire que ces jeunes qui sont là depuis longtemps, qui ont commencé leur parcours scolaire ou professionnel ici et qui sont prèts à s’engager dans des projets professionnels s’ils ont des papiers, il faut les maintenir ici. Il n’y a aucun sens à les renvoyer », explique Marie-Noël Vitry, pour la Cimade.

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Classe en pleine air, devant la préfecture, pour ces jeunes demandeurs d'asile. (Photo. apostrophe45)

La polémique suscitée nationalement ces derniers jours par la politique du gouvernement en matière d’immigration, tout comme les propos d’Emmanuel Macron lors de son déplacement à Calais, mardi, ne sont manifestement pas de nature à rassurer les associations qui militent, notamment, pour que l'accueil des migrants sur le sol français soit le plus digne et le plus respectueux possible. « C’est comme si le gouvernement, à l’échelle nationale, savait que de toutes façons il ne fera rien et ne pourra rien faire et que sa seule solution, c’est de repousser au lieu d’accueillir », lâche Marie-Noël Vitry.  

Localement, le COJIE porte un certain nombre de revendications, liées principalement à la scolarisation et à l’hébergement des jeunes mineurs isolés. « Le traitement des migrants est assez chiche, pour ne pas dire restreint volontairement, et des difficultés se posent de manière récurrente. Les conditions d’hébergement des jeunes qui sont entassés dans des hôtels, par exemple. Et rien n’est fait pour anticiper l’arrivée de ces jeunes. Le problème de la scolarité également. On a vu, il y a quinze jours des jeunes tout juste arrivés qui ont moins de 16 ans, qui sont pris en charge par le Département, et qui ne vont pas à l’école. Ce n’est pas ce que l’on nous avait dit jusqu’à maintenant », souligne Marie-Noël Vitry.

« On est là pour insister justement sur ces questions-là et pour dire que c’est maintenant qu’il faut y aller »

Une assertion qui fait écho à la journée organisée par le Département du Loiret, en novembre 2017, et qui avait pour vocation de préparer, aussi efficacement que possible, l’arrivée attendue de jeunes mineurs isolés dans le Loiret. « On est là pour insister justement sur ces questions-là et pour dire que c’est maintenant qu’il faut y aller », conclut Marie-Noël Vitry tandis que les voix des demandeurs d’asile s’élèvent à nouveau, en arrière fond, pour réclamer le droit à une scolarisation normale. 

A. G.