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Le 23 Juillet 2018, 11h47

Le programme HOPE mis en œuvre dans le Loiret permet à onze réfugiés d'accéder à une formation diplômante. 

« À l’issue de cette formation, où ils bénéficient aussi de cours de français, ils vont passer un titre professionnel, un diplôme reconnu par l’État », poursuit Valérie Girard.

SOLIDARITÉ - Il a d’abord fallu recenser les onze réfugiés susceptibles de bénéficier du dispositif HOPE dans la région Centre-Val de Loire. Et ils étaient 44 à pouvoir y prétendre. « On en avait d’abord retenu 21, puis il a fallu faire une nouvelle sélection. Le niveau de français a été un critère déterminant. Nous nous sommes basés aussi sur l’expérience professionnelle et sur l’appétence des uns et des autres à être employé commercial en magasin puisque il s'agit de la formation proposée », explique Valérie Girard, pour l’Afpa d’Olivet - Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes. C’est ainsi que 11 jeunes hommes âgés de 20 à 30 ans, originaires d’Afghanistan, du Soudan et de Syrie, ont intégré, depuis le 22 janvier et jusqu’au 19 octobre 2018, un programme de formation original tourné vers l’emploi et l’autonomie des personnes réfugiées. 

« Pendant toute la durée de ce programme, les onze réfugiés sont en alternance, engagés dans un contrat de professionnalisation. Ils passent ainsi une semaine à l’Afpa puis une semaine en entreprise. À l’issue de cette formation, où ils bénéficient aussi de cours de français, ils vont passer un titre professionnel, un diplôme reconnu par l’État », poursuit Valérie Girard. Et c'est donc pour le métier d'employé commercial en magasin qu'ils vont tous être formés, un secteur d'activités en pleine croissance et qui recrute localement.   

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Les onze réfugiés ont été accueillis à l'Afpa d'Olivet. (Photo. DR)

Deux expérimentations similaires menées, l’année dernière, en Île-de-France et dans les Hauts-de-France

Deux expérimentations similaires avaient été menées, l’année dernière, en Île-de-France et dans les Hauts-de-France, avec l’Afpa et les préfectures des régions. Et les résultats avaient été très positifs manifestement puisque 71% des réfugiés ont obtenu une certification et 67% ont trouvé un emploi dès la fin de la formation. Et, depuis octobre, 496 personnes sont ainsi entrées en formation via ce programme HOPE dans douze régions françaises. 

Mais l’intérêt de ce programme piloté localement par la région Centre-Val de Loire, qui s’appuie sur un large partenariat avec l’Afpa donc, mais également Pôle emploi qui rémunère, notamment, les réfugiés lors de leur stage en entreprise, ainsi que Forco - Organisme paritaire collecteur agrée du commerce et de la distribution -, tient au fait qu’il accompagne également les réfugiés sur le plan administratif, social, professionnel, médical et même citoyen. « On constitue des dossiers pour qu’ils puissent avoir un logement à l’issue de leur formation, et les moyens donc de payer eux-mêmes leur loyer. Pendant cette formation, il est question également des codes de la République, de la laïcité », souligne Valérie Girard qui rappelle que « l’accueil des populations fragilisées est dans les gènes de l’Afpa. Nous avons mobilisé nos services pour les Italiens dans les années 40, les Tunisiens en 1962, et puis des réfugiés polonais également.»

Un dispositif qui pourrait grandir

Limité aujourd’hui à 1.000 réfugiés à l’échelle de la France, ce dispositif pourrait prendre de l’ampleur. « Nous pensons que nous pouvons passer à 3.000 réfugiés », estime Valérie Girard, à condition, bien sûr, que le large partenariat qui soutient cette prise en charge à tous les niveaux soit reconduit.

A. G.