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Le 16 Octobre 2018, 05h26

Orléans Métropole vient d'ouvrir une plateforme Open Data qui permet à chacun d'avoir accès gratuitement à toutes les données publiques. 

Les Orléanais ont désormais facilement accès à des informations techniques jusque-là éparses et difficiles à obtenir.

MISE À JOUR –Vous souhaitez savoir quels sont les ouvrages les plus empruntés à la médiathèque d’Orléans ? Vous voulez connaître la consommation énergétique de tel ou tel bâtiment public ? Vous chercher à connaître l’état de la circulation en temps réel sur les mails ? En quelques clics, l’ensemble de ces données publiques est désormais accessible via une plateforme Open Data - data.orleans-metropole.fr - lancée par Orléans Métropole il y a deux jours.

« L’intérêt de cette plateforme est que les données disponibles puissent être réutilisées par des citoyens, des entreprises, des start-up »

La création de cette plateforme répond à une obligation légale puisque la loi République Numérique impose à toutes les collectivités et EPCI (Établissement public de coopération communale) de plus de 3 500 habitants de proposer, au plus tard au 8 octobre, en accès libre l’ensemble de leurs données publiques. Sauf qu’en réalité, très peu des 4 500 collectivités concernées sont à jour de cette obligation. Le 4 octobre, Orléans Métropole s’est donc mise en conformité avec la loi, rejoignant la petite liste des 310 collectivités à l’avoir (déjà) fait.

« L’intérêt de cette plateforme est que les données disponibles puissent être réutilisées par des citoyens, des entreprises, des start-up qui vont s’approprier ces données pour créer des services à valeur ajoutée sur notre territoire », souligne Jérôme Richard, conseiller «  digital » pour Orléans Métropole. « Si toutes les collectivités ouvrent leurs données au niveau national, on va pouvoir créer de nouvelles entreprises et développer de nouveaux services. Cela n’aurait pas de sens que l’on développe cela seulement au niveau de notre métropole, il faut que tout le monde joue le jeu. »

Le coût de la création et de l’enrichissement progressif de cette plateforme est de 100 000 euro sur trois ans à la charge d’Orléans Métropole. Pour autant, pas question de rendre payant l’accès à toutes ces données publiques. « On fait le pari que l’ouverture de ces données en open source, sans contrepartie financière donc, créera plus de richesses que s’il on essayait de trouver un modèle économique sur ce type de services. L’idée, c’est de faire de l’open innovation en offrant le plus de données possibles gratuitement », poursuit Jérôme Richard. 

Un enjeu politique de tout premier plan

L’accès à cette multitude de données relatives au fonctionnement de la ville d’Orléans et, progressivement, de toutes les communes qui forment la métropole, permettra sans aucun doute à des start-up et des entreprises de proposer des applications facilitant encore le quotidien des Orléanais qu’il soit question de déplacements, de loisirs, d’accessibilité à tel ou tel service public. Et puis, cette transparence des données publiques va inévitablement avoir des impacts d’ordre politique de première importance puisque les Orléanais auront facilement accès à des informations techniques jusque-là éparses et difficiles à obtenir. Pour prendre un exemple concret, alors qu’un nouveau débat politique s’est installé sur le partage de la circulation sur le pont George-V entre tram, voiture, vélos et piétons, les Orléanais pourront prendre une part plus active encore au débat public en toute connaissance de cause puisqu’ils auront les moyens de mesurer, notamment, la densité des trafics de chaque mode de déplacement. Pour les élus, il sera plus difficile d’instrumentaliser les débats ou de faire de la rétention d’informations afin de gagner les faveurs de l’opinion publique... Les variations sur les données chiffrées seront ainsi facilement démasquées.

« Une métropole intelligente ne peut exister sans inclure les gens. Nous répondrons aux sollicitations et aux questionnements en mettant en place les outils nécessaires. On va mettre en place des points de rencontre, de co-construction, c'est aussi une volonté politique », souligne Jérôme Richard qui a bien conscience de l’émergence de ce nouvel enjeu démocratique. 

Plus qu’un outil destiné à portée exclusivement économique, cette plateforme en Open Data va progressivement installer un nouveau mode de gouvernance au fur et à mesure de son appropriation par les citoyens. Chacun pourra apporter sa pierre au débat public sans plus rien ignorer des données et impératifs techniques. 

A. G.