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Le 14 Décembre 2018, 11h19

Une centaine de logements seraient dans un état d'insalubrité préoccupant à Orléans. Le drame de Marseille démontre l'urgence de s'en préoccuper.

Olivier Carré, maire d'Orléans, est bien décidé à utiliser tous les leviers dont il dispose pour obliger les propriétaires à réaliser des travaux indispensables. Le quartier des Carmes est aujourd'hui ciblé.  

MIEUX VAUT PRÉVÉNIR - Faire la chasse aux marchands de sommeil et aux logements insalubres. Le mot d’ordre a été clairement revendiqué par Olivier Carré, maire d’Orléans et président de la métropole, ce vendredi 9 novembre, lors d’une visite organisée dans le quartier des Carmes. Au moment où la petite délégation municipale, accompagnée de quelques journalistes, se déplaçait rue des Carmes et rue Porte-Saint-Jean, une huitième victime était exhumée des décombres des deux immeubles qui se sont effondrés, lundi, dans le centre-ville de Marseille. 

« Je ne pense pas que nous ayons à Orléans des immeubles dans l’état de vétusté de ceux de Marseille », Olivier Carré

« Je ne pense pas que nous ayons à Orléans des immeubles dans l’état de vétusté de ceux de Marseille mais nous devons toujours être vigilants. La dernière fois qu’un immeuble s’est écroulé, c’était rue des Carmes, et il était dans un état inavouable », a réagi Olivier Carré qui a précisé qu’une centaine d’immeuble, à l’échelle de la ville, présentaient néanmoins une insalubrité qui peut être jugée tout à fait préoccupante : soixante dans le quartier des Carmes et une quarantaine encore dans le secteur Bourgogne. Par ailleurs, sur les 68 000 logements que compte la ville, 3 800 seraient dans « une situation délicate », pour reprendre la formule d’Olivier Carré, un chiffre établi d’après un recoupement d’informations statistiques qui appellent sans doute à être nuancées. 

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Quartier des Carmes, vendredi 9 novembre. Cet immeuble devra faire l'objet d'une réhabilitation. Que le propriétaire en convienne ou pas... (Photo. apostrophe45)

Si la détermination politique est affichée avec force, reste de fortes difficultés pour inciter les propriétaires concernés à réaliser des travaux pourtant indispensables, et ce, en dépit du fonds d’aide mis à disposition par la métropole pour les y inciter. Sur cinq ans, quelque 15 M€ seront ainsi débloqués - dont la moitié portée par la métropole - pour participer au financement de ces différents chantiers, certaines enveloppes publiques pouvant représenter, sous certaines conditions, jusqu’à 70% du coût total des travaux. 

« Certains propriétaires refusent de faire ces travaux en dépit des aides que nous leur proposons, et comme nous sommes sur du droit privé, ce n’est pas simple. Des experts ont qui ont été dépêchés ont jugé que le fait d’étayer certains murs était suffisant. C’est au juge de le dire mais comme il se base sur le rapport  de l’expert, vous comprenez que ce ne soit pas simple », développe le maire de la ville.

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Olivier Carré, entouré de deux élus, Brigitte Ricard et Jean-Pierre Gabelle. (Photo. apostrophe45)

« Le maire a des pouvoirs et dans certains cas, il peut être très utile qu’il les utilise »

Ceci étant, la ville s’est dotée d’un arsenal juridique pour « passer en force » via la mise en place d’une Opération de restauration immobilière (ORI). « Quand nous pouvons constater que l’immeuble est dans un état de délabrement, nous donnons l’injonction aux propriétaires de faire les travaux. En cas de refus, nous nous substituons à lui et nous lui présentons la facture ensuite. Le maire a des pouvoirs et dans certains cas, il peut être très utile qu’il les utilise », explique Olivier Carré. Au total, dans le quartier des Carmes, ce sont quelque 350 logements qui seraient ciblés par les pouvoirs publics. Et, à partir de janvier, les propriétaires concernés recevront donc une lettre leur indiquant le délai à partir duquel les travaux nécessaires devront être réalisés. « On espère qu’il y aura un effet d’entraînement et que chacun comprendra l’utilité de la démarche », confie Dominique Guy, directeur des services techniques de la ville d’Orléans. « Ceux qui misent sur le mal-logement ne sont vraiment pas les bienvenus à Orléans », conclut Olivier Carré en arpentant les petites rues du quartier des Carmes où, d’évidence, des travaux de réhabilitation ne seraient en effet pas superflus…

A. G.