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Le 16 Octobre 2018, 05h24

Parmi les mineurs isolés et demandeurs d'asile rassemblés mercredi, Lanciné, 19 ans, orignaire de Guinée-Conakry et qui, quatre ans après son arrivés à Orléans, reste sans papiers. 

« Il y a beaucoup de choses en France que tu ne peux pas faire si tu n’as pas de papiers. »

TÉMOIGNAGE - Depuis quatre ans, Lanciné, vit à Orléans. Originaire de Guinée-Conakry, ce jeune majeur de 19 ans, bientôt 20 ans, s’est exilé pour se construire « une vie meilleure » en France, et c’est à Orléans qu’il a posé, en 2014, ses très maigres valises. 

«  J’ai tout fait pour avoir une formation professionnelle, je suis passé par un centre de formation sans pouvoir faire une année complète », confie-t-il. Puis, à l’issue d’un examen réussi, le jeune homme a pu rejoindre les classes du lycée professionnel Jean-Lurçat, à Fleury-les-Aubrais. « C’est ma dernière année au lycée, et j’ai trouvé un CAP, que je dois terminer cette année », poursuit-il. 

« Je vis dans un hôtel et j’ai une aide du conseil départemental pour avoir quelque chose à manger »

Le problème, et pas des moindres, est que Lanciné n’a toujours pas de papiers. Et maintenant qu’il est majeur, il n’est pas à l’abri d’une expulsion du territoire. Sans compter une précarité qui est son quotidien depuis son arrivée à Orléans. « Je vis dans un hôtel et j’ai une aide du conseil départemental pour avoir quelque chose à manger », explique-t-il. Sans papiers, l’avenir du jeune homme est pour le moins bouché, pour ne pas dire menaçant. Pas de travail à l’issue de sa formation, donc pas de logement bien sûr. Comment envisager la moindre embellie dans ces conditions ? 

« Il y a beaucoup de choses en France que tu ne peux pas faire si tu n’as pas de papiers. Même étudiant, je ne peux pas aller voir mes parents pendant les vacances par exemple car je ne pourrais plus revenir. Si tu sais comment ça a été difficile de venir ici, tu ne repars pas», lâche le jeune homme qui s’est « habitué », dit-il, à vivre avec la peur d’être arrêté. « Cela fait des années qu’on est là, c’est la même peur depuis des années, on l’oublie un peu », conclut-il, fataliste. 

A. G