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Le 17 Décembre 2017, 20h51

Dominique Tripet, élue d'opposition FdG, est à l'orgine d'un dispositif innovant favorisant la prise en charge localement des femmes battues. 

Six femmes sont décédées l’année dernière en Région-Centre Val de Loire sous les coups de leur conjoint.

URGENCE - Mandatée par le maire d’Orléans, Olivier Carré, pour faire un état des lieux des dispositifs ouverts dans la capitale régionale pour accompagner et accueillir les femmes victimes de violences conjugales, Dominique Tripet, conseillère municipale Front de gauche, a rendu une partie de sa copie. Et le travail que l’élue orléanaise a mené depuis plus d’un an a conduit, notamment, à la signature, il y a deux jours, d’une convention entre le CCAS de la ville d’Orléans (Centre communal d’action sociale), la CAF (Caisse d’allocations familiales) et la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie). Et cette convention marque une avancée significative dans l’aide apportée à ces femmes victimes des coups de leur conjoint. 

« Il faut leur donner déjà rapidement des droits sinon elles sont condamnées à rentrer chez leur conjoint agresseur »

« Les femmes qui sont contraintes, un soir, une nuit, de quitter leur domicile n’ont plus rien. Pas de sécurité sociale, pas de CAF, pas de compte bancaire, et il faut leur donner déjà rapidement des droits sinon elles sont condamnées à rentrer chez leur conjoint agresseur», explique Dominique Tripet. Avec cette convention, les différents organismes s’engagent donc, dans un délai de quelques heures seulement, à procurer à ces femmes un numéro de sécurité sociale, la CMU si besoin est, et de leur reverser sur un compte bancaire créé également en quelques heures leurs droits délivrés pat la CAF si naturellement elles en ont. «Tout cela peut être fait dans la journée, et en moins de 48 heures en tous les cas. Pour les allocations de la CAF, le versement se fait dans le mois qui suit sur le compte nouvellement créé de la femme et si le versement vient d’être fait sur celui du conjoint violent, il peut être reversé sur celui de sa femme», explique Dominique Tripet. 

« Nous travaillons également avec le ministère de la justice pour qu’une ordonnance de protection puisse être prise »

À partir de la fin de l’année 2018, sinon du début de 2019, la mairie ouvrira plusieurs « adresses refuges » à destination des femmes battues où elles pourront rester quinze jours, avant d’être prises en charge, si besoin est, par des structures existantes. «Nous travaillons également avec le ministère de la justice pour qu’une ordonnance de protection puisse être prise et qu’elle impose, par exemple, en fonction de la décision du juge, une mesure d’éloignement du conjoint agresseur, ou du port d’un bracelet électronique pour qu’il ne puisse plus s’approcher de sa compagne», poursuit Dominique Tripet. 

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Dominique Tripet, élue d'opposition Front de Gauche, à Orléans. 

Après, reste la lourde problématique du domicile familial. Car les femmes victimes de violences conjugales sont toujours contraintes de quitter dans l’urgence leur logement pour échapper aux coups de leur compagnon ou parce que ce dernier les jette lui-même à la rue. Une sorte de double peine insupportable pour les victimes. «Pour que le conjoint agresseur quitte la maison, il faut qu’il passe en comparution immédiate devant le tribunal ce qui veut dire le jour où les coups ont été donnés. Cette procédure est mise en place dans le Nord de la France et le conjoint agresseur est placé dans un foyer d’hébergement. Mais pour mettre en place un tel dispositif, il faut des moyens et la justice en manque », explique Dominique Tripet. « Après, à Orléans, il y a une volonté forte d’y parvenir, mais pour le moment les conjoints violents sont contraints de quitter le domicile une fois qu’une condamnation a été prononcée, et cela peut arriver 1 ans, 18 mois, et plus parfois, après les faits.»

« Ce n’est qu’un début, le dispositif prend forme » 

Aujourd’hui, l’élue Front de gauche admet que ce qui est fait localement « n’est qu’un début, le dispositif prend forme, l’architecture est bâtie, maintenant il faut qu’elle s’étoffe. » L’ambition de la ville d’Orléans, et de l’élue en charge de ce dossier, reste exemplaire, dans les deux acceptions du terme. «Nous souhaitons faire d’Orléans un cas d’école pour qu’un tel dispositif soit pérenne, et qu’il soit copié ailleurs», argue Dominique Tripet qui rappelle que six femmes sont décédées l’année dernière en Région-Centre Val de Loire sous les coups de leur conjoint.

A. G.