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Le 13 Novembre 2018, 19h27

L’obligation de rendre obligatoire onze vaccins pour les enfants à partir du 1er janvier 2018 fait toujours débat. 

« La vaccination ne doit pas relever de la décision individuelle. Il s’agit bien d’une responsabilité collective », selon la députée LREM et médecin, Stéphanie Rist.

ÇA PIQUE - Pas de vaccins, pas d'école. La ministre de la Santé Agnès Buzyn est restée ferme sur la question des onze vaccins qu'elle compte rendre obligatoires à partir du 1er janvier 2018. Aujourd’hui seuls trois vaccins infantiles sont obligatoires : diphtérie, tétanos et poliomyélite et huit autres, dont la coqueluche, l’hépatite B ou la rougeole sont seulement recommandés. Toutefois, les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 devront de facto recevoir les 11 vaccins du calendrier vaccinal pour faire leur entrée en collectivité (crèche, maternelle, école, collège, lycée). Cette décision, Agnès Buzyn la justifie par le fait que la France «n’est pas au rendez-vous» et qu'elle ne fait qu'appliquer les consignes de l'Organisation mondiale de la santé. «Ce n'est pas une lubie, j'essaie simplement de répondre à une recommandation forte de l'OMS. Parce que notre pays n'est pas au rendez-vous».

 

 

Dans le même temps, une pétition a été mise en ligne et une lettre ouverte de plusieurs médecins a été adressée aux députés contre l’obligation vaccinale étendue de l’obligation de vaccination des nourrissons. « Nous, médecins généralistes, demandons aux Députés de ne pas voter l’article 34 du PLFSS 2018 élargissant les obligations vaccinales à huit vaccins supplémentaires chez les nourrissons de moins de 2 ans à compter du premier janvier 2018 pour une durée indéfinie. Nous estimons que cette obligation groupée est injustifiée, contraire aux données de la science, aux droits des patients et aux principes du Droit en démocratie. » 

« Il faut lutter contre la défiance vaccinale mais avec méthode »

Ce que détaillait encore récemment le docteur Jean-Paul Briand, chroniqueur pour apostrophe45. Selon ce médecin généraliste à la retraite, « il faut bien lutter contre la défiance vaccinale » mais encore faut-il « adopter la bonne méthode », détaillait-il dans l’une de ses tribunes.

8679100_1.jpg Jean-Paul Briand (photo : DR).

Pour le collectif de médecins, l’impossibilité d’inscrire l’enfant concerné en collectivité va à l’encontre d’un droit fondamental de notre République : l’accès à l’éducation. « Or, comment justifier de faire peser de telles contraintes et sanctions sur les parents alors que les risques que feraient courir les enfants non vaccinés à la collectivité sont, pour certains des vaccins concernés par l’obligation groupée, inexistants ou infinitésimaux ? », s’interrogent-ils. Et ces derniers de conclure : «Les sanctions envisagées apparaissent à la fois critiquables moralement  et éthiquement (…) Il nous paraît donc légitime que la représentation nationale donne son avis pour chacun des vaccins concernés et qu’elle le fasse en toute indépendance, sur des critères qui soient clairs, démontrés et pertinents sans déléguer à un groupe d’experts dont certains présentent des conflits d’intérêts financiers avec les laboratoires pharmaceutiques commercialisant ces vaccins, la responsabilité de décisions qui ne devraient avoir pour seul objectif que la protection des individus, ici des nourrissons et des enfants, et l’amélioration de la santé publique. »

«Il s’agit bien d’une responsabilité collective»

La députée LREM de la 1ère circonscription du Loiret, Stéphanie Rist, médecin de formation, a quant à elle réaffirmé son « soutien à la ministre de rendre obligatoire la vaccination » contre les maladies précédemment citées. Car, selon l’élue et « 49 académies de médecines et sociétés savantes, « la vaccination ne doit pas relever de la décision individuelle. Il s’agit bien d’une responsabilité collective. Se faire vacciner, ce n’est pas seulement se protéger soi-même, c’est aussi protéger les autres. » Stéphanie Rist rappelle aussi que « l’OMS - Organisation Mondiale de la Santé - recommande une couverture vaccinale de 95% pour une efficaité optimale. Aujourd’hui entre 70 et 90% des enfants reçoivent déjà chaque année les vaccins qui vont être rendus obligatoires. » 

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Stéphanie Rist (@photo : DR).

Seul trait commun entre le docteur Jean-Paul Briand et le docteur-parlementaire Stéphanie Rist, le souci de mieux informer, de mieux expliquer et de rétablir la confiance vis-à-vis de la vaccination, « afin que chacun puisse être conscient des enjeux de santé publique ».

RZ