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Le 23 Mai 2018, 07h09

Le maire d'Orléans a débattu sur BFM Business sur les interdictions de circuler prises par de nombreuses villes pour les voitures diesel. 

« Chez nous, la voiture, c’est 55% des déplacements, et demain, ce sera un peu moins de 50%, mais on était à plus de 60%, il y a une douzaine d’années », Olivier Carré. 

HARO SUR LE DIESEL ? - L’étau se resserre autour des voitures diesel. Après Mexico, Madrid et bien sûr Paris où les véhicules datant d'avant 2005 vont être interdits dès 2019, la maire de Rome Virginia Raggi a, à son tour, annoncé l'interdiction des voitures diesel en 2024. En Allemagne, les juges ont autorisé, mardi, plusieurs dizaines de villes à prendre des mesures similaires à l’encontre des vieux modèles de voitures roulant au diesel. C’est dans ce contexte d’interrogations sur la dangerosité des voitures diesel et sur les mesures prises aujourd’hui par les pouvoirs publics pour en réglementer, voire en interdire, l’usage, que le maire d’Orléans Olivier Carré était l’invité de l’émission Les Décodeurs de l’Eco, sur BFM Business, avec François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d'automobiles et Matthieu Lesage, avocat au barreau de Paris, responsable juridique du think tank « Automobilité ».

« On parle de villes qui sont en millions d’habitants, de ménages et de déplacements urbains quotidiens »

Alors, Orléans et sa métropole suivront-elles, à court ou moyen terme, l’exemple de ces grandes villes qui ont interdit la circulation des voitures diesel ? Olivier Carré a repositionné la métropole orléanaise dans son contexte démographique et urbain. « On parle de villes qui sont en millions d’habitants, de ménages et de déplacements urbains quotidiens (…) Par ailleurs, on est sur des zones où la densité de l’habitat autorise beaucoup les déplacements en commun. On n’est pas dans le cas dans beaucoup de villes européennes et notamment des villes françaises, comme la mienne, qui fait 300.000 habitants. Ceci dit, le sujet reste entier notamment lorsqu’on a des pics de pollution comme ceux que l’on a vécus. La question des particules fait que l’on a un certain nombre de questionnements », a ainsi réagi le maire d’Orléans, questionné sur des mesures qu’il pourrait être amené à prendre pour limiter la circulation des moteurs diesel localement.

 

 

Au cours du débat qui s’est installé sur le plateau entre les différents invités, Olivier Carré a plus globalement évoqué la question de la mobilité et de la place qui doit être faite à chaque moyen de déplacement dans une grande ville, appelant ainsi « à dépasser le cadre seul de la répression de l’automobiliste ». « Chez nous, la voiture, c’est 55% des déplacements, et demain, ce sera un peu moins de 50%, mais on était à plus de 60%, il y a une douzaine d’années. Ce qui a le plus progressé, c’est la marche à pied et le vélo, ce ne sont pas les transports en commun qui restent, en part modal, assez stables. On va vers une évolution où c’est moins la question de la voiture qui va se poser que celle de la mobilité. On expérimente les bus électriques, on est sur une mutation dans les transports dont on imagine pas les conséquences dans l’organisation des villes », a poursuivi le président de la métropole d'Orléans qui a confié roulé lui-même au volant d’une « Peugeot 3008 »  au diesel.  

« Un gros enjeu de l’organisation des villes aujourd’hui »

Amené à conclure sur un sujet devenu très politique, et qui pourrait être l’un des thèmes centraux de la campagne des municipales pour 2020, le maire de la ville a reconnu qu’il s’agissait-là « d’un gros enjeu de l’organisation des villes aujourd’hui » et que les élus se devaient « d’inventer avec les nouveaux outils de nouveaux services » afin, précisément, d’inciter les habitants des grandes villes, et en particulier des zones péri-urbaines, à délaisser leur véhicule au profit de moyens de transports non polluants.

A. G.