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Le 17 Décembre 2017, 20h51

Le procès d’une filière djihadiste orléanaise pose évidemment la question de la prévention contre la radicalisation. La Ville d’Orléans avait voté une subvention de 45.900 € en 2015.

Face à « l’augmentation croissante du nombre de départs vers la zone irako-syrienne et celle, plus large, du nombre de personnes radicalisées », la mairie d’Orléans souhaitait donc se servir de cette enveloppe pour travailler dans quatre directions jugées complémentaires.

LUTTE - Le procès d’une filière djihadiste orléanaise, qui s’est ouvert mercredi au tribunal correctionnel de Paris, rappelle combien le Loiret et plus précisément la métropole d’Orléans sont confrontés au djihadisme. Actuellement, neuf hommes âgés de 22 à 31 ans, tous originaires d’Orléans ou des environs, comparaissent pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. Ils ont pour la plupart été arrêtés dès leur retour de Syrie, entre novembre 2014 et octobre 2015. Il leur est reproché d’être partis en Syrie dans le cadre d’une filière djihadiste manifestement organisée à partir du mois de septembre 2012, les départs se poursuivant jusqu’au mois de septembre 2015. La mosquée rue des Carmes est une nouvelle fois dans le viseur des enquêteurs.

Mais que peuvent bien faire les autorités locales pour lutter contre ce fléau ? On se souvient qu’en novembre 2015, la Ville d’Orléans, sous l’égide de Florent Montillot, adjoint en charge de la prévention et de la réussite éducative, avait soumis en conseil municipal une délibération proposant qu’une subvention de 45.900 €, accordée par l’Etat aux collectivités par le biais de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances notamment, soit spécifiquement utilisée localement pour lutter contre la radicalisation des jeunes adultes mais aussi pour soutenir les familles dont les enfants empruntent ce chemin potentiellement terroriste.

Une subvention municipale de 45.900 € allouée en 2015

Face à « l’augmentation croissante du nombre de départs vers la zone irako-syrienne et celle, plus large, du nombre de personnes radicalisées », la mairie d’Orléans souhaitait donc se servir de cette enveloppe pour travailler dans quatre directions jugées complémentaires. 

Premier champ d’action, l’accompagnement social et psychologique des jeunes en voie de radicalisation ( 15.800 euros ) afin, selon Florent Montillot « de rompre avec l’emprise sectaire dans laquelle le jeune est enfermé et l’accompagner vers la réinsertion sociale ».

Deuxièmement, une somme de 14.400 euros avait également été votée pour « soutenir les familles dans cette épreuve en leur donnant des clés de compréhension de la radicalisation et mobilier ces mêmes familles dans le soutien à la sortie de la radicalisation de leur enfant ».

Troisième axe de travail, « l’appréhension globale de la radicalisation », qui, avec une subvention de 5.700 euros, devait permettre d’assurer un suivi individuel de chaque situation et la formation de l’équipe d’intervenant. 

Enfin, quatrième volet de cette politique municipale destinée à apporter sa pierre à la lutte contre la radicalisation - doté de 10.000 euros - « le renforcement de la cohésion sociale et de la citoyenneté  (…) et la sensibilisation des acteurs de terrain au processus de radicalisation ». « Il est primordial que les équipes qui doivent intervenir soient très bien formées, il y a tellement d’idées reçues et d’amalgames dans le domaine qu’il est impératif que ceux qui interviennent sachent interpréter les indices qui peuvent mener à la radicalisation. Ce n’est pas parce qu’on porte une barbe et une djellaba que l’on sur la voie de la radicalisation », concluait Florent Montillot.

Difficile, évidemment, de connaître l’efficacité d’un tel dispositif mis en place, à l’époque, pour la première fois à Orléans.