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Le 17 Décembre 2018, 01h06

Une étude, département par département, évalue la dangerosité de la vitesse sur les axes bientôt limités à 80 km/h.

Les 13 routes où ont été recensées le plus grand nombre de victimes ne représentent pourtant que 18% de la longueur totale des routes sans séparation médiane du Loiret. 

LEVER LE PIED - Dès le 1er juillet prochain, 400.000 km de routes départementales et nationales sans séparateur central vont être limitées à 80 km/h au lieu de 90 km/h. Dimanche matin, le décret modifiant le code de la route a été publié par le Journal Officiel après avoir été signé par le Premier ministre, Édouard Philippe. « J’assume le risque de l’impopularité », a déclaré Édouard Philippe. Une modification du code de la route qui a suscité de nombreuses polémiques puisque certaines associations estiment que cette nouvelle limitation de la vitesse n’aura aucune incidence, donc aucun effet bénéfique, sur l’accidentologie.

Il y a eu au total 304 tués sur les voies sans séparateur médian du département du Loiret

Ce même jour, le JDD  a publié en exclusivité une étude réalisée par la Ligue contre la violence routière qui apporte finalement de l’eau au moulin du gouvernement puisqu’elle établit que la vitesse et le trafic élevé sur les routes secondaires « en bon état » sont les premiers responsables de la mortalité routière. Autrement dit, les routes sur lesquelles la vitesse est actuellement limitée à 90 km/h ne sont pas dangereuses pour des raisons impliquant l'infrastructure mais du fait du nombre de véhicules qui y circulent.

Ainsi dans le département du Loiret, sur la période étudiée (2006/2015), il y a eu au total 304 tués sur les voies sans séparateur médian, celles qui sont donc concernées par cette limitation de vitesse. Et les 13 routes départementales où ont été recensées le plus grand nombre de victimes, soit 117 morts, ne représentent pourtant que 18% de la longueur totale des routes sans séparation médiane dans le Loiret (soit 650 km).

Les treize routes départementales et nationales qui concentrent plus de 50% des personnes tuées sur des axes sans sépateur médian. (Source. JDD)Capture d’écran 2018-06-17 à 19.13.04.png

 

La RD60 ou RD2060 est la plus accidentogène dans le Loiret, dans la partie comprise entre Châteauneuf-sur-Loire et Montargis

On le voit, outre le chiffre dramatiquement élevé du nombre de morts sur ces 13 routes départementales, ce qui interpelle c’est le ratio entre le nombre de personnes tuées et la très faible longueur de ces routes. La RD2007, par exemple, qui relie Bonny-sur-Loire à Dordives  comptabilise à elle seule 18 accidents mortels entre 2005 et 2016 alors qu’elle ne fait « que » 74 km. La RD60 ou RD2060 est la plus accidentogène dans le Loiret, dans sa partie comprise entre Châteauneuf-sur-Loire et Montargis avec 23 personnes tuées en dix ans. Il semble néanmoins que les chiffres sur cet axe-là doivent être pris avec prudence puisqu’il se peut qu’il y ait eu quelques confusions au moment où certaines nationales sont devenues départementales au fil du temps, dont celle-ci. 

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Source. Journal du Dimanche. 

« Le Loiret est bien desservi par plusieurs autoroutes nord-sud et ouest-est. Le nombre de tués au kilomètre de voie reste élevé comparativement à d’autres départements, avec une très nette anomalie inexpliquée pour la D60 », commente Claude Got, auteur de l’étude réalisée pour la Ligue contre la violence routière et que le Journal du Dimanche dévoile. 

Alors, est-ce que ces 10 km/h en moins dans la vitesse imposée aux automobilistes changeront de manière significative ces taux de mortalités sur les routes du Loiret? Tout le débat est là aujourd’hui et il faudra évidemment attendre quelques années pour pouvoir en juger. 

A. G.