Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 22 Août 2018, 09h25

Média

REFONTE. Dans l'enceinte de l'Assemblée nationale, mardi 5 novembre dernier, Stéphane Travert, député PS de la Manche, avait ces mots quasi sentencieux : « Le moment est venu de refonder France 3, de retrouver la véritable identité de cette chaîne qui doit s’ouvrir sur nos territoires. Faute de réforme, se posera rapidement la question de l’existence d’un réseau de proximité et, plus largement, de la spécificité de l’offre du service public. »

AVENIR. Un nouvel âge, une nouvelle ère industrielle, une révolution numérique : le constat ne souffre aucune constatation. La presse traditionnelle écrite, quotidienne comme hebdomadaire, régionale comme nationale, est moribonde. Le numérique s'est installé, sans retour, dans les habitudes de consommation de l'information en occident, au point de devenir le premier vecteur d'informations, devant télévision et radio. 

Pour autant, si Internet « diffuse et fabrique de l'information » pour reprendre l'expression d'Edwy Plenel, le président de Médiapart, reste un nouvel écosystème à mettre en place pour permettre aux pure-players de vivre, et de donner corps au débat démocratique longtemps étouffé par des monopoles et des concentrations de titres, en régions en particulier. Mais pour ce faire, il faut d'abord qu'une égalité de traitement soit accordée, entre la presse traditionnelle papier et la presse en ligne, ce que la loi française impose normalement en terme de totale neutralité fiscale. 

RÉVOLUTION - Ce vendredi, apostrophe45 a pris part à la quatrième journée de la presse en ligne organisée à Paris. Fort de ses 81.000 abonnés, l'ancien rédacteur en chef du Monde Edwy Plenel, qui a pris le virage du numérique avec Médiapart, concède avoir sous-estimé l'impact de cette révolution portée par Internet.

Hassan Kerim, journaliste orléanais, a fait ses débuts à RFI où il a connu Ghislaine Dupont, assassinée au Mali. Un exemple et une amie.

ENTRETIEN - Dans ce climat troublé pour ne pas dire troublant que traversent actuellement la presse française et ses acteurs, apostrophe45, adhérent de Reporters sans Frontières (RSF), a ouvert ses colonnes à Christophe Deloire, le directeur général de RSF. Celui-ci pose son regard sur cette profession à la fois courtisée et mal-aimée. Bref, sur l'évolution du journalisme et du monde qui l'entoure.

apostrophe45. Depuis ces dernières années, y a-t-il eu une augmentation des agressions - physiques ou verbales - à l'encontre des journalistes ? La dernière en date étant celle du tireur parisien à BFM et Libération.
Christophe Deloire (directeur général de Reporters sans Frontières). Il convient de distinguer le type d'agression. Le premier est la violence physique à l'égard des journalistes. Elles se sont très largement accrues, lors de meetings politiques entre 2011 et 2012, passant de 9 à 15, toutes recensées par Reporters sans Frontières (RSF). C'est largement imputable à la campagne électorale présidentielle. Suite à des discours politiques très virulents qui ne relevaient pas de la critique légitime des journalistes, ces derniers ont été pris pour cible. Et il ont été agressés par certains militants qui avaient interprété ces propos en pensant qu'ils pouvaient donner libre cours à une forme de violence physique. Je ne rapprocherai pas ça de l'histoire du tireur parisien car, là, c'est l'affaire de quelqu'un qui n'est pas totalement équilibré sur le plan mental.

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