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Le 27 Mai 2017, 11h56

Littérature

Sujets littéraires

ANTI-SYSTÈME - Les yeux de Marc Arnaud, auteur et fondateur de « Nos illustres inconnus », sont actuellement rivés sur le compteur de la base de crowfounding kisskissbankbank.com. Et pour cause. Son projet de maison d'édition solidaire et participatif tient à l'engagement - qui s'accompagne aussi d'un soupçon de générosité - des lecteurs potentiels, désireux de lire « une autre littérature ». Celle qui est boudée par les grandes maisons d'édition que sont Gallimard, Plon et consorts « parce que le manuscrit ne répond pas à telle ou telle ligne éditoriale, à tels ou tels codes, ou parce que vous n'êtes pas recommandé. Nous, nous voulons rendre positif un premier échec, en le transformant en un atout. » (...)

EXEGESE. On connait l’appétence de Jean-Pierre Sueur pour l’œuvre de Charles Péguy.  Il en connaît les écrits, les tourments et les engagements. En péguyste éclairé et vigilant, le sénateur du Loiret nous interpelle sur un article publié par Claire Daudin, coéditrice de la nouvelle édition des œuvres de Charles Péguy dans La Pléiade,  publié dans la revue de l’« Amitié Charles Péguy » et intitulé « Pour en finir avec grand poète catholique ». (...)

Douglas Kennedy (photo: apostrophe45)

SUCCES. Sans le revendiquer, et peut-être même le savoir, Douglas Kennedy, 60 ans, romancier américain à succès en France, a un petit côté célinien dans son goût immodéré pour le voyage et son besoin d’écriture, ses deux viatiques à l’ennui. Mercredi, en fin d’après-midi, l’auteur était à la librairie Passion Culture pour dédicacer son dernier ouvrage, Mirage (éditions Belford, 425 pp, 22,50 euros) qui, comme les précédents, devrait obtenir un accueil enthousiaste des lecteurs français. Ils étaient très nombreux d’ailleurs dans la fille d’attente de la librairie orléanaise pour obtenir une dédicace du romancier étranger sans doute le plus lu en France avec 7 millions d’ouvrages déjà vendus. apostrophe45 s’est entretenu avec Douglas Kennedy avant qu’il n’entame son marathon de signatures. (...)

LITTÉRATURE. Les librairies orléanaises sont prêtes. Prêtes, mercredi 7 janvier, à disposer sur leurs étagères en bois le sixième roman de Michel Houellebecq, Soumission, 300 pages tirées à 150.000 exemplaires par les éditions Flammarion. 

Un roman de Houellebecq est considéré comme un événement littéraire en France d'abord parce que les écrivains dignes des grands romanciers réalistes du XIXe siècle sont rares. « Nous en avons commandé quinze, ce qui est beaucoup pour une petite librairie comme la nôtre. Les personnes viennent pour ce livre, c'est un auteur qui fait déplacer les gens, qui aiguise la curiosité », commente Jean-Jacques pour la librairie Les Temps Modernes, à Orléans. 

 
Antoine Volodine (Photo DR)

PRIX MÉDICIS - Ancien professeur de russe au lycée Pothier à Orléans entre 1975 et 1987, l'écrivain Antoine Volodine a reçu le Prix Médicis pour son roman «Terminus radieux» aux éditions du Seuil.

INSPIRATION. Seuls celles et ceux qui sont allés au bout du roman de Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut (Albin-Michel), prix Goncourt 2013, - et qui n'ont, au passage, aucun mérite tant ce roman picaresque est jubilatoire de bout en bout - ont découvert, dans la page dédié aux remerciements, celui formulé, de manière liminaire, à l'égard d'Antoine Prost, historien orléanais bien connu, spécialiste de la société française au XXe siècle, et ancien conseiller municipal sous l'ère de Jean-Pierre Sueur (1989-2001). 

POÉSIE. C'est dans une cuisine familiale que le poète chinois Yu Jian a tenu à recevoir apostrophe45, ce mardi 7 septembre, quelques heures avant son entrée sur la scène du Centre chorégraphique national d'Orléans. Pourquoi une cuisine ? Sans doute parce que des gestes simples et essentiels s'y déroulent. Et que la cuisine n'est pas la pièce du pouvoir, le lieu où les décisions importantes se prennent. Bien plus précieuse, elle demeure un lieu stratégique d'observation, d'écoute, en catimini, retranché.

« J'aime les choses stables et simples, comme le sel », Yu Jian

Et le lien est sans doute là avec la poésie de Yu Jian, éminent représentant de ce que les spécialistes nomment les poètes chinois de la troisième génération, une poésie nue, épurée, simple, ancrée dans le quotidien d'une Chine provinciale qui en révèle les intonations politiques, voire contestataires. « Ma poésie pourrait se résumer en une expression : la vie quotidienne. Il y a un aspect politique bien sûr dans la description de cette réalité. Il se révèle ainsi. J'aime les choses stables et simples, comme le sel. La poésie orale qui est la mienne prend une forme simple, qui s'écarte d'une langue stéréotypée qui créé un nouvel espace d'expression », confie Yu Jian en chinois, via la traduction minutieuse de Li Jinjia, jeune universitaire chinois installé à Orléans.

Si le poète observe et décrit cette réalité sociale, politique, familiale, il le fait d'un poste d'observateur, donc. Depuis sa cuisine. « C'est un choix personnel. Certains critiques ont dit que je tenais cette position parce que je n'avais pas pu rentrer dans les cénacles, s'amuse-t-il. Mais pour moi, l'idée de la distance est très importante. J'aime prendre du recul. C'est une distance spirituelle, pas celle d'un ermite qui vit dans la montagne. J'observe ce qui se passe en Chine d'un point de vue volontairement extérieur, d'une position volontairement marginale. Je me cache à deux pas de la table, dans le noir, et j'observe les gens qui mangent »

 Il fut soudeur en usine pendant la révolution culturelle

Visage rond, crâne rasé, tunique violette traditionnelle, Yu Jian, 60 ans, dégage une apaisante tranquillité. Aujourd'hui, il est considéré comme l'un des plus éminents représentants de la poésie chinoise contemporaine. Son poème Dossier 0 publié en Chine en 1994, et en 2005 en France, lui a assuré un rayonnement hors des frontières chinoises, tout comme Un vol, édité par Gallimard en 2010. 

Une longue discussion à bâtons rompus avec Yu Jian, et en présence de Claude Mouchard, fin connaisseur de cette poésie - dont il publie des extraits dans la revue Po&sie-, nous renvoie à cette Chine de la province du Sud, le Yunnan, où il vit depuis toujours. Il y fut soudeur en usine pendant la révolution culturelle chinoise à la fin des années 60. Aujourd'hui, il est rédacteur dans « une unité de travail » qui publie un périodique officiel, donc sous le joug d'un contrôle idéologique fort. 

La poésie de Yu Jian

Le poète chinois (par Apostrophe 45)

 

« Il y a eu, pendant ces années-là, une relative relâche dans la censure et dans le contrôle idéologique »

C'est donc dans la poésie, mais également dans la photographie et le cinéma, que Yu Jian inscrit son œuvre personnelle dans une Chine qui a connu un engouement pour la poésie à la fin des années 80. « Il y a eu, pendant ces années-là, une relative relâche dans la censure et dans le contrôle idéologique et nous en avons profité pour publier nos poèmes, mais aussi pour lire les poètes étrangers », explique Yu Jian qui fut à la tête d'une revue de poésie intitulée Il. Elle marqua un tournant dans la poésie contemporaine chinoise quand elle permit la vulgarisation de jeunes poètes, représentants de cette école de la « poésie orale », et tenus jusqu'alors à une grande confidentialité. Pour ne pas dire prisonniers d'un lectorat familial. Yu Jian se souvient alors d'une jeunesse chinoise qui s'éprend de poésie et qui prend position dans des stades de 50.000 places pour entendre des poètes réciter leurs vers. Lui, a eu accès, par fragments, et de manière sporadique, aux grands poètes français qu'il a tant admirés alors : Rimbaud, Baudelaire, Valéry, Prévert, et même Ronsard.

Ce soir, au CCN d'Orléans, dans le cadre des soirées « Poésie », Yu Jian fera connaître quelques-uns de ses vers au public orléanais. Il entamera ensuite une petite tournée française - après avoir fait une halte à Paris en début de semaine - pour diffuser plus largement son œuvre. Avec la difficulté ensuite de pouvoir la trouver en librairie...

Anthony Gautier

Voilà la traduction du poème récité par Yu Jian

Un arbre
garde ses distances avec le ciel
garde ses distances avec un autre arbre
garde ses distances avec une autre espèce de fruit
garde ses distances avec un autre terreau
garde ses distances avec une autre source
les garde avec un autre envol d'oiseaux
il lui faut garder ses distances avec toutes choses
il lui suffit d'un pas pour prendre le ciel
perdre le terreau l'eau les oiseaux
pour perdre son rang
lui reste la mort

ORLÉANS. Seul Péguy pouvait le faire revenir à Orléans. Depuis 2004, Yann Moix, prix Renaudot 2013 pour Naissance (Grasset), n'avait pas remis les pieds dans la cité johannique qui fut pourtant celle de son enfance et de son adolescence. Non que l'écrivain ait un quelconque ressentiment contre la ville elle-même. Il affirme d'ailleurs qu'il la trouve même plutôt agréable. Non, en réalité, cette ville est inexorablement attachée au souvenir, traumatisant et fécond, de ses parents si peu aimants, et de cette filiation, justement, dont il décrit la cruauté dans cette somme de plus de 1.000 pages que représente son dernier roman primé. (...) 

PUBLICATION. Ancien directeur du centre Charles-Péguy, à Orléans, Géraldi Leroy, professeur émérite de littérature moderne et contemporaine à l'Université d'Orléans, fait partie du cénacle des quelques rares chercheurs dont les écrits sur l'auteur de Notre Jeunesse font autorité. Alors que la France, et Orléans bien sûr, commémorent le centenaire de la mort de Charles-Péguy, fauché par une balle allemande le 5 septembre 1914 à Villeroy, lors de la première bataille de la Marne, Géraldi Leroy publie un ouvrage intitulé sobrement Charles Péguy (édition Armand Colin). Un livre référence qui met en exergue l'évolution de la pensée politique, morale et religieuse de l'écrivain orléanais, que les commentateurs adoubés, impressionnés par l'autorité du maître et l'aplomb avec lequel il reniait lui-même ses propres contradictions, ont passé sous silence. Or, en restituant avec un effort remarquable les écrits de Péguy dans le contexte historique et social qui les a fait naître, Géraldi Leroy délivre les clés pour comprendre le parcours de Péguy et pour y reconnaître, aussi, dans une production d'une grande richesse, des constantes et des fidélités. Entretien.  

LEGS. À l'heure de l'inauguration du Centre Charles-Péguy rénové à Orléans, entretien avec Michel Péguy, petit-fils de l'écrivain orléanais, qui témoigne avec ferveur de l'héritage familial qu'il porte et fait vivre. À 73 ans, ce dernier a la lourde responsabilité, depuis Lyon, de veiller sur l'héritage de son éminent grand-père. Satisfait que la ville d'Orléans ait pu acquérir douze lettres manuscrites de la correspondance, pendant la Première guerre mondiale, de Charles Péguy avec Blanche Raphaël, il souhaite que l'ensemble de l'œuvre de son grand-père tombe dans le domaine public, ce qui est quasiment le cas. Le centre Charles-Péguy, rue du Tabour, à Orléans, possède ainsi un fonds documentaire exceptionnel que les Orléanais pourront découvrir en septembre prochain, à la faveur des commémorations célébrées pour le centième anniversaire de sa mort.

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Michel Péguy, (photo © DR).

Entretien émouvant avec un homme disert, affable, qui a découvert tardivement, à l'âge de 20 ans, le legs intellectuel, littéraire et moral dont il devenait l'un des héritiers.

apostrophe45. Les 25.000 euros débloqués par la ville d'Orléans n'ont pas été suffisants pour acheter l'ensemble des lots mis en ventre chez Drouot le 14 novembre dernier. Avez-vous été surpris par la cote dont jouit votre grand-père aujourd'hui ?
Michel Péguy. Péguy, et Céline, dont un manuscrit était aussi en vente, ont fait sauter la banque chez Drouot et ont bénéficié d'une espèce de progression, pratiquement du simple au double par rapport aux estimations du commissaire-priseur. Alors que Claudel, je fais là un petit clin d'œil complice, ne s'est pas bien vendu du tout. Sous le coup du centenaire sans doute, Céline et Péguy se sont bien vendus. 

apostrophe45. Il semble primordial pour vous que l'œuvre de votre grand-père revienne dans le domaine public et ne soit pas confisquée par des collectionneurs privés. 
Michel Péguy. Oui, nous n'avons jamais cherché dans la famille à gagner de l'argent sur le dos de l'œuvre de Charles Péguy. Aujourd'hui, toute l'œuvre de Péguy est tombée dans le domaine public. J'avais cette énorme responsabilité. 

« Cet amour pour Blanche Raphaël était inconnu, méconnu, ignoré, caché »

apostrophe45. Avez-vous été surpris que cette correspondance très intime entre votre grand-père et Blanche Raphaël soit mise en vente? 
Michel Péguy. Oui, c'est vrai, je le suis. Blanche Raphaël, qui était plus jeune que Péguy, a donné naissance à une fille, et les descendants de cette fille, qui s'était réfugiée en Angleterre, du fait de sa confession juive, ont dû proposer, depuis l'Angleterre, à Drouot de vendre ces lettres, un fond Blanche Raphaël Bernard en quelque sorte.

apostrophe45. Auriez-vous préféré qu'elles restent dans la famille de Blanche Raphaël ?  
Michel Péguy. 
Non, dans la mesure où je suis satisfait qu'il y ait une restitution au musée d'Orléans, de la rue du Tabour. Je remercie d'ailleurs tous ceux qui ont mis la main à la poche dans cette conjoncture difficile. Jeanne d'Arc et Péguy réunis sous le même fonds à Orléans, mano a mano, je trouve cela très bien. Et je rappelle que les droits absolus et exclusifs en édition papier ont été remis par ma grand-mère, Charlotte, à Gaston Gallimard, le père fondateur. Tous les manuscrits ont été rassemblés à Orléans, rue du Tabour. C'est pour cela que Gallimard a l'autorité absolue pour l'instant sur tout ce qui s'écrit et se dit sur Péguy. Moi, je ne suis, comme mandataire héritier, que la cinquième roue de tout cela. Les droits d'auteur sont en train de se finir. 

apostrophe45. Péguy témoigne de son amour dans cette correspondance à Blanche Raphaël, mais il n'a, pour autant, jamais quitté votre grand mère. Il ne pouvait pas défaire des liens qu'il estimait éternels.
Michel Péguy. Cet amour pour Blanche Raphaël était inconnu, méconnu, ignoré, caché, occulté, et ce n'est que plus tard, quand j'avais 20 ans et que j'étais devenu un bon étudiant en médecine, que l'on a commencé à m'en parler. Et puis, des confirmations ont été faites par tous les biographes de Péguy qui ont dit que l'existence de Blanche Raphaël avait été importante dans la deuxième partie de l'existence de Charles Péguy. La biographie de Robert Burac, un ouvrage de référence, La Révolution et la grâce, a mis à plat toutes les zones d'ombre de la vie de Péguy. Jean Bastaire aussi. Et ces biographes s'accordent pour dire, en effet, que Blanche Raphaël a été importante dans sa vie. 

«Je n'ai découvert les œuvres de mon grand-père que quand j'étais étudiant en médecine»

apostrophe45. Quel est le legs intellectuel que vous portez aujourd'hui ?
Michel Péguy. Je n'ai découvert les œuvres de mon grand-père que quand j'étais étudiant en médecine. Dans ma première enfance, j'ai toujours été très honoré d'aller à Sceaux auprès de ma grand-mère et de sa fille, Germaine, pour vivre ou revivre un peu une atmosphère familiale péguyste. Ma mère nous lisait, à ma sœur et moi, au moment de Noël, des pages bien connues et célèbres de « L'enfant qui s'en dort » (ndlr : le titre exact est « Rien n'est beau comme un enfant », publié dans le recueil « Le mystère des saints innocents ») et de « L'âne et du bœuf » (ndlr : « La Crèche »), on s'imprégnait, petit à petit, de textes poétiques de Péguy. Je suis né en 1940, mon père est décédé en 1941, autant vous dire que ce n'est pas lui qui a fait mon éducation péguyste. 

apostrophe45. Qui vous a alors initié à ses textes ?
Michel Péguy. J'ai rencontré des enseignants qui ont su m'ouvrir au socialisme de Péguy. Je me suis plongé dans les premières œuvres que Jean Bastaire a pu écrire, le « Péguy tel qu'on l'ignore » (Gallimard, 1973), et « Péguy l'insurgé » (Payot, 1975), qui ont été, pour moi, des lectures passionnantes. Elles ont fait tomber l'image vénérée de Péguy. Et puis, quand mon oncle Jean Pierre est mort en 2005, il m'a présenté à différentes sociétés. Je suis alors entré dans le circuit administratif de la gestion des œuvres de mon grand-père. J'ai fait deux fois le pèlerinage à Chartres mais dans un esprit de filiation. J'aurais pu être un bon étudiant en médecine, parfaitement athée qui se fiche complètement de ce legs, mais on m'a fait comprendre que mon prénom a été retenu pour honorer sa mémoire. Chez Claudel, l'entente n'est pas très cordiale, en revanche. Chez nous, cela s'est passé dans  l'intelligence, la bonne humeur et l'affection. Nous sommes mandataires d'un héritage exceptionnel.

« J'imagine ce petit gars courant avec sa cape noire dans les couloirs de la Sorbonne »

apostrophe45. Revenons à ce legs, justement. Il est moral, littéraire, religieux ? 
Michel Péguy. Comme dans la foi chrétienne, il peut y avoir des bibles sur les rayons d'une bibliothèque familiale, mais c'est encore mieux quand on prend ces livres et qu'on fait sien ce qui y est écrit. Chez mon grand-père, ce qu'il écrit est charnellement lié à sa vie, à son engagement, à ses combats de l'Affaire Dreyfus. J'imagine très bien ce petit bonhomme, il n'était pas grand mon grand-père, et bien j'imagine ce petit gars courant avec sa cape noire dans les couloirs de la Sorbonne, et se faisant tabasser par la police. Au début, il aimait beaucoup Jaurès, jusqu'au moment où il a senti que le parti socialiste officiel n'acceptait pas d'avoir dans les rangs une grande gueule qui se permettait de les remettre en place, de les juger, de leur dire : « Vous êtes des fonctionnaires du socialisme ». Du coup, il a fondé sa revue qui sera une revue de message. C'est son cri de vérité. Vous connaissez « Qui ne gueule pas la vérité ... » (ndlr : Péguy écrit : « Celui qui sait la vérité et ne gueule pas la vérité se fait le complice des escrocs et des faussaires » )

apostrophe45. Votre grand-père était un roc insubmersible. Quand il avait pris une décision qui correspondait à ses valeurs morales et politiques, rien ne pouvait le faire dévier de son chemin.
Michel Péguy. Absolument. C'est exactement ce qui est passionnant chez lui. Un homme qui, dans les années 1905, dit qu'il a retrouvé la foi, que son idéal de socialisme partage les mêmes valeurs que l'Évangile. C'était un homme hors les murs, inclassable, cinquante ans avant Vatican II (1962-1965), il avait déjà tout dit. (Des sanglots dans la voix) J'en parle avec émotion et ferveur. Il avait une ferveur éclairée. 

Propos recueillis par Anthony Gautier

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