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Le 26 Février 2018, 00h59

Histoire

Sujets relatifs à l'histoire

HISTOIRE. Ce n’est pas une page d’histoire qui s’est écrite ce mardi 15 décembre à Jargeau, mais bien davantage une page d’histoire qui s’est enfin rouverte et qui s’est donnée à la lecture et à la reconnaissance de tous. A l’occasion de la fermeture, il y a soixante-dix ans, du camp de Jargeau où étaient internés des familles nomades et tsiganes, le secrétaire d’Etat aux anciens Combattants et à la Mémoire, Jean-Marc Todeschini, a apporté aujourd’hui, par sa présence, la reconnaissance du gouvernement français de la souffrance de ces familles, françaises, internées durant plus de 4 ans, sous le gouvernement de Vichy puis sous le gouvernement provisoire de la République à partir de septembre 1944. (...)

Francine Christophe devant la baraque et les châlits exposés au Cercil (Photo : apostrophe45)

TEMOIGNAGE. « C’est au niveau de l’estomac que ça se passe ». Francine Christophe, 82 ans, a l’estomac qui se noue quand elle regarde les châlits disposés depuis quelques jours dans les fragments de la  baraque classée Monument historique et installée dans la cour du Cercil, à Orléans. Elle se souvient de la petite fille qu’elle était, en septembre 1942, lorsqu’elle arrive au camp de Beaune-la-Rolande, avec sa mère,  après avoir transité par ceux de Poitiers, Drancy et Pithiviers, enfin, pendant trois semaines. (...)

 
 

TRAVERSÉE - Après son long périple sur les côtes du Nouveau Monde, L’Hermione, la réplique de la frégate qui avait mené La Fayette vers les côtes américaines en 1780, a choisi Bordeaux comme dernier port d’escale, avant les retrouvailles à Rochefort son port d’attache ou la frégate est attendue le 29 août. Histoire de vous faire patienter jusqu'au Festival de Loire, grand rendez-vous de la marine fluviale, apostrophe45 vous livre un diaporama photographique de L'Hermione qui ne pourra malheureusement jamais naviguer sur le fleuve royal...

HISTOIRE. Avant la libération d'Orléans le 16 août 1944,  il y eut l'occupation allemande bien sûr. Cinquante mois, jour pour jour de cette présence ennemie. Le 16 juin 1940, les troupes allemandes entraient dans la ville par le faubourg Bourgogne alors qu'Orléans était dévasté par d'immenses incendies consécutifs aux bombardements de la Luftwaffe. 

DECRYPTAGE. En 2011, Nicolas Sarkozy avait souhaité faire entrer au Panthéon Aimé Césaire, poète, dramaturge et homme politique martiniquais mort en avril 2008. Mais la famille avait souhaité que sa dépouille reste, conformément à sa volonté, en Martinique. Il se dit aussi que les relations tendues qu’entretenaient Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et Aimé Césaire, n’ont pas favorisé son transfert, pas plus que le discours prononcé en 2007 à Dakar

SOUVENIR. Geneviève Anthonioz de Gaulle accepta l’invitation qui lui fut faite et prit part au cortège johannique. « Elle a fait tout le parcours, les 7 km, alors que beaucoup d’invités ne le font pas dans sa totalité. Elle avait reçu un soutien très fort de la population, même si elle restait assez pudique. (...)

Alfred Dreyfus (Photo : apostrophe45)

EXPOSITION. Charles Dreyfus est le petit-fils du capitaine Dreyfus, et son héritier. Il avait 8 ans quand son grand-père est mort, réhabilité certes, mais « détruit à vie » par l’erreur judiciaire dont il fut victime. Haute stature, parole assurée, Charles Dreyfus, 88 ans, a assisté, mardi 19 mai, à l’inauguration de l’exposition présentée au Cercil - Centre d’étude et de recherche sur les camps d’internement du Loiret - sur « Les Juifs de France et la Grande Guerre ». (...)

HOMMAGE. Alors que les dépouilles de Jean Zay et de Pierre Brossolette rentreront bien au Panthéon le 27 mai prochain, les cercueils des deux résistantes Geneviève De Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion ne contiendront que de la terre dans la mesure où leurs familles ont demandé à l'Élysée de ne pas dépasser leur corps. (...)

Jean Zay, Orléans

PANTHÉONISATION - L'historien Olivier Loubes explique les raisons pour lesquelles Jean Zay, «l'inconnu de la République», mérite son entrée au Panthéon en mai 2015. Spécialiste de l'histoire des représentations et de l'imaginaire politique, Olivier Loubes, ancien professeur au collège Anatole Bailly à Orléans entre 1989 et 1993, a soutenu en 1999 sa thèse sur « L'école et la patrie en France dans le premier vingtième siècle ». Aujourd'hui, professeur de chaires supérieures à Toulouse, il a notamment orienté ses travaux de recherches sur l'étude de la place de Jean Zay, ancien ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts, dans le tournant de démocratisation et de crise nationale des années 1930. Intervenant de la conférence sur Jean Zay au Panthéon, Olivier Loubes est également l'auteur de « Jean ZayL'inconnu de la République ». Éclairage.

Hélène Mouchard Zay (photo: apostrophe45)

MÉMOIRE. La démarche est presque celle d'une justification historique, ce qui constitue un improbable impératif eu égard à la vie de Jean Zay. Et pourtant, à trois mois de l'entrée des cendres de Jean Zay au Panthéon, avec les dépouilles de Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, trois autres grands résistants français, historiens et familiers de la biographie de l'ancien ministre de l'Éducation nationale du Front populaire, assassiné par la milice française au cours d'un simulacre de transfert de prison qui était en réalité une exécution programmée, font acte de pédagogie pour rappeler l'œuvre immense et éclectique de Jean Zay, réformateur progressiste talentueux, républicain farouche, et résistant de la première heure condamné par un tribunal militaire à la réclusion à perpétuité pour « abandon de poste en présence de l’ennemi ». Ses réformes, ses engagements, ses convictions, ses combats, sont très peu connus en définitive des Français, un peu moins des Orléanais néanmoins du fait de l'enracinement local de Jean Zay, d'où quelques grincements de dents et crispations suscités par l'annonce de son entrée au Panthéon. Ce mercredi, une journée dédiée à l'œuvre de Jean Zay a été organisée dans le 15e arrondissement de Paris, en présence, notamment, de quelques historiens de renom, et des deux filles de Jean Zay, Hélène et Catherine. 

« Comment Jean Zay peut-il être si peu connu en France alors qu'il a fait tant de choses », Yvan Levaï

« Comment Jean Zay peut-il être si peu connu en France alors qu'il a fait tant de choses pour le monde de la culture, de l'Éducation nationale, des arts », a interrogé Yvan Levaï, simple auditeur de ce colloque. Une question à laquelle l'historien orléanais Antoine Prost a répondu en évoquant les trois « mémoires » qui avaient droit de cité à la sortie de la guerre et dans lesquelles Jean Zay, juif, franc-maçon, membre du Parti radical, et dont, qui plus est, nul ne savait où il se trouvait puisque son corps mutilé n'a été retrouvé et identifié qu'en 1948, ne pouvait trouver place : la mémoire gaulliste, la mémoire communiste et la mémoire pétainiste. En dehors de ces cercles mémoriels, point de salut, et point d'inscription dans la mémoire collective du pays. 

« Avec Catherine, on a senti depuis quelques années un "sursaut mémoriel" qui coïncide avec cette décision de transférer les cendres de notre père au Panthéon », Hélène Mouchard-Zay

« Avec Catherine, on a senti depuis quelques années un "sursaut mémoriel" qui coïncide avec cette décision de transférer les cendres de notre père au Panthéon », analyse Hélène Mouchard-Zay. « Je pense que s'il y a eu cette décision, c'est qu'il y avait déjà cette sorte de réhabilitation. Je suis incapable de dire pourquoi mais on la ressentait depuis quelques années. On sentait un intérêt, au milieu d'une grande ignorance c'est vrai, dans les milieux de l'Éducation nationale, dans les milieux artistiques, dans les milieux populaires. C'est peut-être lié à un contexte aussi puisqu'on me faisait remarquer que Jean Zay représentait une sorte d'icône républicaine, qu'au fond il portait les valeurs de la République dont on parle tellement actuellement, et qu'il faudrait peut-être redéfinir pour savoir de quoi nous parlons. Peut-être le pays a-t-il besoin d'une telle figure »

Dominique Missika, co-auteur d'un film sur l'assassinat de Jean Zay (par apostrophe45).

Aux explications historiques d'Antoine Prost pour tenter de comprendre les raisons de cet oubli national dont Jean Zay a été la victime dans l'historiographie de la résistance française, Hélène Mouchard-Zay apporte également celle de la période de Vichy elle-même, si douloureuse et culpabilisante pour la mémoire française de sorte que la nation a tenté de l'oublier, et avec elle Jean Zay qui en était l'un des résistants captifs.  « Je suis convaincue que la mémoire de Vichy a été tellement difficile et on le voit bien avec les camps du Loiret, que mon père a été oublié pour cela aussi. ll y aussi le fait que son parti politique, le parti radical, est sorti très affaibli de la guerre et n'a pas du tout porté sa mémoire, à l'inverse des socialistes qui ont porté celle de Blum. Et puis, il n'intégrait ni la mémoire de la déportation à l'est, ni la mémoire de la résistance interne puisqu'il était emprisonné. »

Un héritage politique et culturel toujours vivant

La panthéonisation de Jean Zay, annoncée pour le 27 mai prochain, lors de la journée nationale de la Résistance, selon la déclaration faite par François Hollande lors de son discours en hommage à la Résistance, le 21 février 2014 au Mont Valérien, rétablira cette injustice mémorielle. Et permettra aux Français de découvrir l'héritage politique et culturel toujours vivant laissé par Jean Zay, dont la création du Festival de Cannes, l'événement le plus médiatique du monde après les Jeux Olympiques, et dont la paternité n'est pourtant connue de personne ou presque. 

Anthony Gautier

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