Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 22 Février 2018, 16h10

Culture

sujets relatifs à la culture

Eric Antoine

DÉCALÉ - Magicien et humoriste, Éric Antoine se produira en spectacle, le 2 novembre à La Chapelle-Saint-Mesmin. Rencontre avec ce géant de l'illusion.

Joseph Nadj

Joseph Nadj consacre une exposition d'une sélection de 80 photogrammes au musée des Beaux-Arts d'Orléans jusqu'au 26 janvier 2014.

SUBJECTIVITÉ. A partir de jeudi, le musée des Beaux-Arts d'Orléans va exposer une partie des œuvres d'André Robillard, un artiste local - il est né à Gien en 1931, et interné au CHS Daumezon de Fleury-les-Aubrais depuis l'âge de 19 ans - dont la création est classée dans la catégorie de « l'art brut ». Ce concept « d'art brut » a été inventé par le peintre Jean Dubuffet (1901-1985) et regroupe un certain nombre d'oeuvres - sculptures, peintures et dessins - réalisées par des adultes psychotiques pour la plupart, pensionnaires d'institutions psychiatriques, médiums, ou marginaux, et qui trouvent dans la création une expression spontanée, sans prétention esthétique ni vraie discipline artistique. Une oeuvre nue, déstabilisante, dérangeante parfois, et qui ne répond pas aux canons de la beauté. Peut-on alors parler d'œuvre d'art ?

La singularité de son œuvre est-elle suffisante en soi ?

On sait que les surréalistes, et des artistes dissidents comme Raymond Queneau ou Jean Paulhan, ont tenté de trouver d'autres chemins artistiques, dénués de codes esthétiques, libérés de pression morale et d'apprentissages techniques, en faisant la part belle à la pulsion, notamment. L'écriture automatique s'inscrit dans cette émancipation du « contrôle de la raison ». Avec des succès relatifs, il faut l'admettre. Pour un génie comme Antonin Artaud - qui a passé neuf ans en hôpital psychiatrique - combien d'artistes dont l'oeuvre ne présente que peu d'intérêt, littéraire ou pictural.  

L'œuvre d'André Robillard pose donc question. La singularité exceptionnelle et brutale de ses réalisations, exposées dans certains musées français, est-elle un critère suffisant pour justifier l'adoubement ? Sur le marché officiel de l'art, la cote de l'artiste est d'ailleurs très faible, le prix de ses peintures et dessins oscillant entre 50 et 150 euros, celui de ses fusils autour de 1.500 euros. Ce n'est certes pas un argument en soi, mais au moins un indicateur. L'art brut, c'est « de l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non, celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe », théorisait Jean Dubuffet. 

1382456317.jpeg
Le fusil, réalisation récurrente dans l'œuvre d'André Robillard. Des réalisations faites à partir d'objets divers récupérés ici et là. (Photos. Christian Jamet.)

« C'est un artiste à part entière, il a son public, ses collectionneurs », Christian Jamet.  

Nul ne remettrait en cause la pertinence, depuis longtemps reconnue d'ailleurs, d'octroyer les moyens aux malades mentaux de donner libre court à leur veine artistique pour celles et ceux qui en ont une. Mais est-on alors encore dans l'art ou plus objectivement dans la thérapie ? Est-on dans la sublimation de peurs, d'angoisses, d'interrogations ou dans l'expression inachevée d'une psychose ? « André Robillard est le dernier artiste de l'art brut reconnu par Dubuffet en 1964. Son art est le produit d'une souffrance, d'une marginalisation. Il s'agit d'un processus créateur à l'état brut, coupé des circuits habituels de l'art et des réseaux conventionnels », explique Christian Jamet, auteur de André Robillard, l'art brut pour tuer la misère (Editions Corsaire ). « Robillard a eu la chance d'avoir un psychiatre, Paul Renard, qui est tombé un jour sur un ou deux fusils qu'il avait confectionnés à partir de ce qu'il trouvait dans les poubelles, et le médecin les a apportés lui-même à Dubuffet. C'est un artiste à part entière, il a son public, ses collectionneurs. Et c'est un homme extrêmement attachant qui plus est », poursuit le biographe orléanais qui animera, à Olivet, une conférence aux côtés de l'artiste lui-même. 

1382457728-1.jpeg
André Robillard au travail au CHS de Fleury-les-Aubrais où il réside depuis l'âge de 19 ans. (Photo : Christian Jamet)

L'œuvre d'André Robillard interpelle donc. « La subjectivité universelle » de Kant, qui confère à l'œuvre artistique une valeur objective au-dessus des appréciations personnelles, est ici interrogée. Que vaut-elle vraiment ? La réponse est à chercher au musée des Beaux-Arts, du 24 octobre au 25 janvier 2014.  

Anthony Gautier

Pour aller plus loin, lire l'ouvrage de Christian Jamet, et son billet dans apostrophe45, intitulé « Kant et Robillard ».

Capture d’écran 2013-10-22 à 17.49.11.png
Christian Jamet vient de publier une biographie d'André Robillard. (Editions Corsaire, 24 euros) 

Olivier Py et Frédéric Mitterrand

Invité de l'émission « On n'est pas couché », Frédéric Mitterrand a reconnu « se reprocher encore » la non-reconduction d'Olivier Py, ex-directeur du CDN d'Orléans, à la tête du théâtre de l'Odéon à Paris.

Jamet et Gauguin

Paul Gauguin a passé presque neuf ans à Orléans. Christian Jamet, écrivain et spécialiste du peintre, retrace les étapes de cette vie orléanaise.

Aurélia est le nouveau portail de la bibliothèque numérique d'Orléans mis en ligne ce mardi 1er octobre.

Aurélia est le nouveau portail de la bibliothèque numérique d'Orléans qui sera accessible au public le 1er octobre.

Jean-Louis Trintignant au CADO (photo D.R.)

A la veille de sa représentation au CADO d'Orléans, Jean-Louis Trintignant, 83 ans, a annoncé vouloir prendre sa retraite. L'occasion pour le public orléanais de rendre un vibrant hommage à cet immense acteur français.

Pages

L'expresso

À L'AFFICHE

DOSSIER IMMOBILIER S17 2017_0.jpg