Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 17 Août 2017, 23h30

Charlie Hebdo

Sujet relatif à l'attentat de Charlie Hebdo.

HOMMAGE - À chaque ville, son lieu de rassemblement, de recueillement aussi, depuis les attentats terroristes de janvier 2015. La Place de la République à Paris est devenue le symbole de la résistance française face au terrorisme. À Orléans, c'est la place du Martroi et sa statue de Jeanne d'Arc qui entretiennent la flamme de la République. Après les attentats de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher et de Montrouge à Paris, plus de 22.000 personnes avaient participé à la marche silencieuse organisée, samedi 10 janvier 2015, pour la défense des valeurs de la France, pays des droits de l'Homme, pays de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.

HOMMAGES - Serge Grouard, député-maire UMP d'Orléans, a lancé La Marseillaise, ce mardi, après la minute de silence observée à l'Assemblée nationale en hommage aux victimes des attentats terroristes.

CHARLIE HEBDO - La Une Inattendue, surprenante du journal satirique. Le prophète de l'islam est une fois de plus représenté. Mais cette fois, lui aussi, est « Charlie ».

TÉMOIGNAGE. Sabrina Budon, 33 ans, est photographe professionnelle à Paris depuis trois ans. La jeune femme connaît très bien Orléans pour y avoir des attaches familiales, et revenir régulièrement dans la capitale régionale. Dimanche 11 janvier, elle était au cœur de cette vague humaine sans précédent dans l'histoire, appareil photo en main bien sûr, mais surtout sa sensibilité, son humanité et son besoin de témoigner en bandoulière. (...)

HISTORIQUE. Parmi cette foule parisienne innombrable, cette marée humaine tellement dense que le ministère de l'Intérieur a renoncé de la comptabiliser, il y avait bien sûr des élus du Loiret, des militants et des femmes et des hommes qui tenaient à manifester leur soutien aux victimes du terroriste djihadiste. Parmi les parlementaires qui ont fait le déplacement quasi dans leur totalité à Paris, Jean-Pierre Sueur (sénateur PS), Jean-Pierre Door (député UMP), Serge Grouard (UMP), ou encore Valérie Corre, députée socialiste. 

UNITÉ. L'imam de l'Argonne, le rabbin de la communauté juive d'Orléans et l'évêque du Loiret ont défilé ensemble ce samedi 10 janvier, à Orléans, pour marquer, non seulement leur solidarité à l'égard des victimes du terrorisme djihadiste, mais également pour rappeler qu'aucune religion ne peut être instrumentalisée à des fins criminelles. 

UNITÉ - En signe d'unité politique, Serge Babary, maire UMP de Tours, a fait le déplacement jusqu'à Orléans, ce samedi 10 janvier, pour participer à la marche républicaine et condamner le terrorisme (...)

HISTORIQUE - Les Orléanais ont répondu en masse à l'appel de la marche républicaine, ce samedi en fin de matinée, pour dire « non » au terrorisme qui a tétanisé la France durant ces dernières 48 heures. Quelque 22.000 à 25.000 personnes ont ainsi été comptabilisées par la police, soit une mobilisation historique dans les rues d'Orléans. Tous unis, graves, pour dire « non » au fanatisme religieux. Mais surtout pour dire « oui » à la liberté. À toutes les libertés. Silencieux, hébétés, comme abasourdis par l'ampleur du drame qui s'est abattu sur la France depuis mercredi, les Orléanais ont défilé en famille souvent, sans banderolle ni pancarte, seul un badge « Je suis Charlie » épinglé souvent sur les blousons, ou un crayon à la main, tendu vers le ciel à chaque étape de recueillement du défilé.

« On est bien, on est ensemble, et on est fort », un père de famille

De très longs silences se sont imposés naturellement, place de la République, puis place du Martroi, sans que personne n'ose les briser, pas plus les élus, écharpes tricolores autours des épaules, que les manifestants eux-mêmes. À Orléans, comme partout en France, le besoin de se rassembler, de s'assurer les uns les autres d'une communion de valeurs et d'un même rejet de l'obscurantisme religieux, se disait dans le silence, sans que les mots soient nécessaires pour cela. « On est bien, on est ensemble, et on est fort », témoigne ce père de famille, les larmes aux yeux, venu avec ses deux enfants. 

IMG_7332.JPG
11 heures, place de l'Étape, devant la mairie, symbole de l'unité républicaine, une foule immense. (Photo : apostrophe45)

Parti depuis la place de l'Étape, à 11 heures, le cortège a fait halte place de la République, où une gerbe en la mémoire des attentats de Charlie Hebdo a été déposée par les officiels, avant de rejoindre la place du Martroi. Rue Jeanne-d'Arc, la foule s'est à nouveau immobilisée dans le silence et le recueillement. 

IMG_7337.JPG
Échange de crayon, symbole de la liberté d'expression, entre Serge Grouard, député-maire d'Orléans, et la caricaturiste Jean-Paul Vomorin. (Photo : apostrophe45)

IMG_7359.JPG
Toutes les sensibilités politiques et religieuses ont fait front commun (Photo : apostrophe45)

IMG_7371.JPG
Des fleurs ont été déposées par les élus place de la République, au pied de Marianne, en hommage aux victimes de Charlie Hebdo. (Photo : apostrophe45)

IMG_7380.JPG
Les élus ont défilé en tête du cortège, dans un silence grave. (Photo : apostrophe45)

« Il y a eu l'avant, et il y a l'après. Rien ne sera plus comme avant. Le peuple de France est debout », Serge Grouard

Place du Martroi, enfin, nouvelle démonstration symbolique d'unité nationale avec un lâcher de ballons bleu, blanc, rouge, et le premier couplet de La Marseillaise, entonné spontanément par toute la foule après une minute de silence. Toutes les sensibilités politiques et religieuses s'y associent. La réaffirmation de valeurs républicaines, socles de la nation française. « Il y a eu l'avant, et il y a l'après. Rien ne sera plus comme avant. Le peuple de France est debout », confie, ému et grave, Serge Grouard, député-maire d'Orléans, entouré de l'ensemble des élus locaux, parlementaires, présidents de la Région et Conseil général, ainsi que du maire de Tours, Serge Babary. À la question de savoir si tous les élus, Front national compris, étaient invités à cette marche républicaine, Serge Grouard répond par l'affirmative, sans hésitation. « Oui, je l'ai fait en tant que maire parce que la mairie est au coeur de nos libertés républicaines. C'est le fronton : liberté, égalité, fraternité. C'est la République qui est là », assure-t-il. Dans le cortège, on pouvait ainsi distinguer Arlette Fourcade, élue FN à Orléans. 

IMG_7391.JPG
DSC_0212_0.JPG
Lâcher de ballons place du Martroi, en fin de matinée. (Photo : apostrophe45)

IMG_7393.JPG
Place du Martroi, des applaudissements après La Marseillaise entonnée par une foule compacte. (Photo : apostrophe45)

« On va un peu mieux maintenant, ou un peu moins mal »

Des « Vive la France », Vive la République », « Vive la police », « Vive la liberté » ont été largement entendus dans le cortège à l'arrêt, faisant taire, sporadiquement, le silence. Et puis, bien sûr, d'innombrables crayons pointés vers le ciel en hommage à ceux qui, il y a encore quelques jours en France, faisaient vivre, sur le papier, la liberté d'expression. À midi, la foule s'est dispersée, toujours avec autant de gravité. Mais un soulagement se lisait sur certains visages. « Cette unité fait chaud au cœur, on va un peu mieux maintenant, ou un peu moins mal », confie cette femme, un crayon et une affiche « Je suis Charlie » à la main.  

DSC_0222.JPG
« Nous sommes tous Charlie » : seul slogan du rassemblement. (Photo : apostrophe45)

La rédaction

ORLÉANS - Amedy Coulibaly, tué ce jeudi à Vincennes par les hommes du RAID, était déjà connu des services de police orléanais, après le braquage de la BNP place du Martroi à Orléans.

TÉMOIGNAGE. Silence, sanglots dans la voix, phrases saccadées, hésitations, Florent Montillot est envahi par une grande émotion lorsqu'il évoque la scène de la tuerie de Nanterre (Hauts-de-Seine) qu'il a découverte, le soir du drame, en rejoignant quelques deux heures après les faits, la salle du conseil municipal dans laquelle gisaient huit corps inertes et dix-neuf blessés évacués progressivement vers les hôpitaux parisiens. Richard Durn, qui avait pris place dans le public, s'était levé à l'issue du conseil municipal et avait tiré sur les élus, l'un après l'autre, en se déplaçant de pupitre en pupitre. Au cours de cette fusillade qui a duré cinquante secondes, le criminel fit feu à 37 reprises.  Alors, quand la tragédie de Charlie Hebdo s'est produite, mercredi en fin de matinée, l'élu orléanais, président départemental de l'UDI, a vu ressurgir les images personnelles terrifiantes de cette tuerie de Nanterre. Pour apostrophe45, il évoque ce souvenir encore si douloureux. (...) 

Pages