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Le 23 Juillet 2018, 11h19

Françoise Nyssen, ministre de la Culture, a inauguré, à sa manière, la première édition de la Biennale d'architecture présentée par le FRAC.

Françoise Nyssen a lu un discours comme on lit une récitation, d’une voix neutre qui avait du mal à en souligner les reliefs.

ARCHITECTURE - Elle est manifestement plus à son aise dans l’échange direct et le dialogue informel en aparté que dans la prononciation d’un discours public. Françoise Nyssen, ministre de la Culture, éditrice de profession, n’a pas caché d’ailleurs, ce vendredi après-midi, à Orléans, à la faveur de l’inauguration de la première Biennale d’architecture de la ville, qu’elle commençait tout juste à apprivoiser, et non sans une certaine réticence, cet exercice formel qui s’imposait à elle en même temps que ses nouvelles responsabilités. À l’issue d’une présentation de cette première édition de la Biennale d’architecture d’Orléans par Abdelkader Damani, le directeur du Frac Centre, et de sa visite de l’exposition consacrée à Patrick Bouchain, qu’elle connait d’évidence très bien et depuis longtemps, Françoise Nyssen a lu un discours comme on lit une récitation, d’une voix neutre qui avait du mal à en souligner les reliefs, donnant même le sentiment d’en découvrir certains passages. En terme d’efficacité politique, il y avait sans doute mieux à faire. En revanche, en terme de spontanéité, et de sincérité du propos sans doute, l’attitude du ministre marque indéniablement un changement dans la pratique politique convenue.

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 Abdelkader Damani, le directeur du Frac Centre, a guidé la ministre lors de sa visite. (Photo. apostrophe45) 

« L’architecture nous aide à relever les grands défis de notre temps »

Ceci étant, difficile de retenir dans cette succession d'annonces les grands axes d’un programme culturel en marche. « J’ai un petit discours à prononcer et je vais le faire car l’architecture, c’est important. Donc, j’y vais », a ainsi lancé, de manière introductive, Françoise Nyssen s’appropriant avec distance des mots qui lui étaient manifestement étrangers, et dictés en grande partie. 

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Au premier plan, l'architecte Patrick Bouchain dont certaines créations sont présentées aux Turbulences. 

« L’architecture nous aide à relever les grands défis de notre temps. Le défi écologique bien sûr, parce que les architectes nous aident à penser nos espaces de vie, de rencontres, d’échanges, d’usagers, de production, de mobilité ; le défi économique et social parce que les architectes nous aident à penser l’organisation des infrastructures, des villes, des habitants. Je l’ai ajouté, et ce n’était pas écrit - ndlr dans son discours -, des paysages. (…) Le ministère de la Culture va s’engager au long cours pour que  les architectes nous aident plus que jamais à dessiner l’avenir. Nous avons, à mon sens, une triple responsabilité : valoriser davantage, libérer, et transmettre ce métier », a ainsi déclaré la ministre qui a décliné pendant quelques minutes ces trois grands principes : valoriser, libérer et transmettre. 

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Françoise Nyssen manifestement peu à son aise avec les mots des autres. 

C'est bien du rayonnement de la cité johannique en matière dont il était question

Mais bien au-delà du discours du ministre de la Culture à Orléans pour l’inauguration de cette première Biennale, héritière d’Archilab naturellement, c’est bien du rayonnement de la cité johannique en matière d'architecture dont il était question ce vendredi. Reste maintenant à inciter les Orléanais à s’approprier, à leur tour, cette richesse qui s’exposera aux Turbulences, bien sûr, mais pas seulement puisque des créations sont également présentées à la médiathèque, à la collégiale Saint-Pierre-le-Puellier, à la Vinaigrerie Dessaux, rue Jeanne-d’Arc ou encore au théâtre d’Orléans. Et ils ont jusqu'au 1er avril 2018 pour le faire. 

A. G.