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Le 22 Février 2018, 22h07

La rédaction révèle certaines dépenses de la plateforme Nanosynthèse, dont était responsable Anita F., nommée par l'ex-président d'université.

Le plus étonnant réside surtout dans les avantages en nature d'Anita F., alors qu'elle n'était qu'un agent en CDD au sein de l'Université d'Orléans. 

UNE VIE DE CHÂTEAU - L'état des dépenses de la plateforme Nanosynthèse, dont était responsable Anita F. au sein de l'Université d'Orléans, pose un certain nombre de questions sur la gestion dispendieuse de l'ancien président, devenu recteur de Guyane avant de démissionner en ce milieu de semaine. Cette proche de Youssoufi Touré, qu'il a lui-même désignée chef de projet Nanosynthèse et coordinatrice des projets d'investissements d'avenir au SUREO de l'Université d'Orléans le 18 avril 2010 - d'abord en Contrat à durée déterminée, puis en Contrat à durée indéterminée à partir du 1er janvier 2012 -, a connu une ascension professionnelle impressionnante depuis son embauche en CDD en qualité d'agent contractuel (du 2 novembre 2007 au 31 août 2008). Elle était, au départ, chargée de mission Ressources Humaines auprès du secrétariat général de l'université avant de voir son contrat renouvelé, du 6 mai 2009 au 17 avril 2010. Son renouvellement était lié à l'évolution dudit projet et à la reconduction de celui-ci par les différents partenaires.

Diplômée d'un Master de Ressources Humaines

Mais le plus spectaculaire dans cette évolution de carrière repose surtout sur le degré de rémunération d'Anita F., déjà lors de sa prise de fonction au SUReO Innovation de l'Université d'Orléans, alors qu'elle n'était pas encore nommée responsable. Durant la fin d'année 2009, elle percevait déjà un salaire de 3.758,69€ HT, puis de 3.996,74 € HT à partir d'avril 2010 en tant, cette fois, que responsable dudit projet. Dans les mois suivants, elle toucha 3.809,77€ HT jusqu'à la rentrée 2011. 

Sa nomination, voulue par Youssoufi Touré, comme responsable du montage d'une telle plateforme technologique a surpris un certain nombre de personnes au sein de l'université, dans la mesure où Anita F., diplômée d'un Master de Ressources Humaines, ne fait pas figure d'experte. Son CV stipule seulement qu'elle a été « responsable projet, experte qualification aéronautique » entre juin 2000 et 2005 chez Auxitrol Esterline avant d'avoir occupé, entre 1998 et 2000, au sein de la même société berrichonne, des fonctions d'«adjointe au directeur du service après-vente». 

Des avantages en nature

Ses avantages en nature sont tout aussi étonnants, alors qu'Anita F. n'était qu'un agent en CDD au sein de l'Université d'Orléans. Au-delà des deux missions à l'étranger, au Canada - du 25 au 30 novembre 2009 (1.860€ le séjour) -, puis au Japon - du 15 au 20 février 2010 (2.982€ le séjour) -, elle bénéficiait aussi du remboursement - maximal - de ses allers-retours réguliers en voiture entre Bourges et Orléans, durant une année. Et ce avant de disposer d'un véhicule de location à raison de 499,20€ par mois, pendant deux ans, sans compter les dépenses effectuées avec une carte Total (carburant et péages).

Pour résumer, ses frais de missions et de réception entre septembre 2009 et juillet 2012 s'élèvent à 37.260,61€ ! Ses frais de fonctionnement, consommables, etc, se montent, eux, à 7.220,80€. Soit un total cumulé de 44.481,41€.

S'il n'y a, bien sûr, rien d'illégal, les dépenses liées au cas d'Anita F., qui a bénéficié des bonnes grâces de son président, illustrent toutefois la gabegie de l'Université d'Orléans sous le règne Touré.

Richard Zampa