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Le 27 Mai 2018, 15h38

Laurent Lhomme, président de l'OLB, reconnaît avoir commis une erreur en dissimulant qu'il percevait une rémunération de 2.000 euros.

Autre sujet sur lequel des questionnements se font jour, les billets d’avion pris pour les joueurs américains qui sont amenés, plusieurs fois par an, à faire des allers-retours entre la France et les Etats-Unis.

À LA FAUTE - L’enquête menée par la rédaction d’apostrophe45 dans les coulisses du club de basket d’Orléans a levé le voile sur les relations conflictuelles entre le président du club, Laurent Lhomme, et le coach de l’équipe, Pierre Vincent, dont le licenciement était programmé pour la fin du mois de novembre. Elle a aussi permis de révéler que, contrairement, à ce qu’il affirmait, y compris dans la presse, Laurent Lhomme percevait 2.000 euros mensuels de la part du club, et ce, depuis l’été. 

« Je n’ai pas jugé utile de le dire »

Interrogé, ce mercredi 7 décembre, sur les raisons pour lesquelles il a cru bon de passer sous silence cette rémunération, et pis, de la dissimuler en affirmant à maintes reprises qu’il faisait acte de bénévolat en tant que président du club, Laurent Lhomme reconnaît avoir commis une erreur.

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« Oui, je reconnais une erreur », finit-il par lâcher aujourd'hui, agacé. « Cela n’apportait rien au débat - ndlr : de le dire -, ce n’était pas un sujet prioritaire ». Une contre-vérité d’autant moins explicable qu’il n’est en rien anormal que le président d’un club de basket perçoive une rémunération pour le travail effectué. « C’est beaucoup de temps pour l’OLB, et 90% des présidents des clubs de basket de France touchent un salaire. Je n’ai pas jugé utile de le dire », poursuit-il. 

« On est passé par mon agence pour la famille Sommerville, et les billets ont été pris à prix coûtant »

Autre sujet sur lequel des questionnements se font jour désormais, les billets d’avion pris pour les joueurs américains qui sont amenés, plusieurs fois par an, à faire des allers-retours entre la France et les Etats-Unis. En dehors de ce mandat de président de l’OLB, Laurent Lhomme est, en effet, le patron d’une agence de voyage orléanaise. À la question de savoir si des billets ont été pris via son agence de voyage, le président de l’OLB est catégorique. « Un ou deux billets seulement et c’était uniquement parce que les connexions étaient difficiles à faire sur Internet et qu’il fallait faire vite. On est passé par mon agence pour la famille Sommerville - ndlr : Marcellus Sommerville, l’ailier fort du club - , et les billets ont été pris à prix coûtant, je n’ai rien touché dessus. Ça posait moins de problèmes quand j’étais chez (l'agence) Dunois et que les billets étaient pris là », se défend Laurent Lhomme. 

« Vraiment, je ne comprends pas. Je vais aller chercher l'information », Olivier Carré

Or, si Laurent Lhomme avait nié jusqu’à présent percevoir une rémunération de la part du club, le député-maire d’Orléans a lui-même relayé dans les médias cette contre-vérité. Par méconnaissance ? Joint, ce jour, par téléphone, Olivier Carré, député-maire (Les Républicains) d'Orléans, confie à la rédaction d'apostrophe45 qu'il n'était « au courant de rien ». Informé suite aux révélations d'apostrophe45, le maire de la ville s'est, en outre, étonné que ces émoluments remontent à plusieurs mois déjà. « Depuis cet été, me dites-vous ? Je ne sais pas… franchement », s'étonne-t-il, concédant, dans un langage peu châtié, un certain flottement, et c'est un euphémisme, dans les échanges entre la direction du club et le premier magistrat de la Ville. « La condition sine qua non de la venue de Laurent Lhomme était qu'il ne touche rien, dans la lignée de son prédécesseur (ndlr : Christophe Dupont avait renoncé à tout salaire les derniers mois avant sa démission compte tenu de la situation financière du club), vraiment, je ne comprends pas. Je vais aller chercher l'information », rétorque-t-il. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été interrogé sur cette question, avec une  certaine insistance, par notre confrère de L'Hebdo d'Orléans, cette semaine encore. Étrangement, le maire infirme « la rumeur », selon laquelle le président de l’OLB touche une rémunération depuis cet été. 

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Extrait d'un entretien accordé par Olivier Carré, maire d'Orléans, à l'Hebdo cette semaine.

D’évidence, en effet, la communication entre la présidence du club et le maire de la ville connaît un certain flottement. Alors que, rappelons-le, la mairie est l’actionnaire majoritaire du club avec une subvention annuelle d’1,2 million d’euros. 

La rédaction.