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Le 19 Octobre 2017, 09h11

Le préfet de Région et du Loiret, arrivé il y a un an et demi à Orléans, est déjà sur le départ, appelé à de nouvelles fonctions.

Arrivé le 16 janvier dernier, il ne sera donc resté à Orléans qu’un an et demi, n’échappant pas à la traditionnelle valse des préfets, au lendemain d’une élection présidentielle. 

(DÉ)NOMINATION - Nacer Meddah, préfet passé par le «9-3» mais aussi la Franche-Comté, la Lorraine et encore en poste en Centre-Val de Loire, quittera ses fonctions à compter du 28 août. En effet, « la présidence de la République lui a fait savoir qu’il allait être appelé très prochainement à de nouvelles fonctions », informe, ce mercredi 2 août, un communiqué lapidaire de la préfecture.

Arrivé le 16 janvier dernier, il ne sera donc resté à Orléans qu’un an et demi, n’échappant pas à la traditionnelle valse des préfets, au lendemain d’une élection présidentielle. 

Homme de dossiers, homme de terrain, Nacer Meddah, 57 ans, est incontestablement un communicant apprécié. Ce trait de caractère, sa personnalité quelque peu singulière dans le paysage préfectoral, et son expérience lui avaient valu d'être nommé, le 16 novembre 2012, secrétaire général de la campagne de François Hollande pour l'élection présidentielle de 2012. Et ce, suite à son limogeage par décret présidentiel après sept mois d'exercice en Franche-Comté. Nacer Meddah rejoignait ainsi les 25 préfets démis sur ordre élyséen depuis juillet 2010.

«Je suis tout aussi fier de ce qu'a été mon parcours»

Ce haut fonctionnaire, au service de l'État depuis trente cinq ans, a su imposer une autorité naturelle, lui qui a sans cesse dû lutter contre cette image largement exploitée par les médias de « préfet issu de l'immigration ». Ce symbole de réussite sociale lui colle à la peau et n'a certainement pas fini de l'agacer. Interrogé en 2010 par votre humble serviteur, il confiait alors que « cette description (était) réductrice » même s'il « revendique (ses) origines kabyles et arrageoises ». Ce dernier fait partie de la quinzaine de préfets « issus de la diversité » nommés en France métropolitaine sous la Ve République. « Plutôt que l'ascenseur social, qui passe par l'école de la République, je préfère parler d'espoir. Cependant, je suis tout aussi fier de ce qu'a été mon parcours même si je comprends qu'on ait voulu, à un moment donné, mettre l'accent sur mes origines pour la seule dimension symbolique. »  Cet exemple pouvait être une fusée porteuse dans le « 9-3 » même si l'on doute que la population connaisse ne serait-ce que le nom de son préfet de région. « J'ai eu la chance de servir dans un département sensible et difficile mais ô combien intéressant car, là-bas, beaucoup de choses se jouent. Maintenant, si pour une partie de la jeunesse de Seine-Saint-Denis, mes origines ont pu représenter un espoir, alors j'en suis fier. Car je viens aussi d'un creuset de l'immigration qui est le Nord-Pas-de-Calais. ». Pour ce « pupille de la Nation », le véritable symbole d'une intégration réussie en France sera « le jour où les origines des uns et des autres ne surprendront plus »

Après s’être, à juste titre, parfaitement intégré en Région Centre-Val de Loire, avalé les dossiers et tenté d’apporter des solutions - le dernier exemple en date remonte à la mi-juillet à propos du financement des intervenants sociaux en commissariat et gendarmerie - Nacer Meddah voguera donc prochainement vers d’autres cieux (on parle de la Chambre des Comptes, Ndlr), autre que la Préfecturale.

Remplacé par Jean-Marc Falcone, ex-patron de la police nationale

Il sera remplacé par Jean-Marc Falcone, 64 ans, qui a dirigé pendant trois ans la police nationale. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a salué son «action admirable, dans des circonstances souvent difficiles». Durant ses années à la tête de la DGPN, Jean-Marc Falcone a dû faire face à la vague d'attentats djihadistes sans précédent qui ont causé la mort de 239 personnes. À l'automne 2016, Jean-Marc Falcone a à nouveau été en première ligne lors du mouvement de grogne des policiers. Autre personnalité donc, autre style et autre méthode.

Richard Zampa