Le pure-player qui vous sort de votre quotidien

Le 17 Novembre 2018, 02h17

Des démissions en nombre et une activité en baisse, les policiers orléanais sont-ils démotivés? Olivier Geffroy répond dans Controverse.

Olivier Geffroy, élu en charge de la sécurité à Orléans depuis 2014, était l'invité de l'émission politique "Controverse", co-animmée par apostrophe45, sur France Bleu Orléans, lundi soir. 

MORAL DES TROUPES - Il est toujours très malaisé d’interpréter des chiffres. Ils peuvent néanmoins servir d’indicateurs, et parfois de signal d’alerte. Ainsi, depuis le début de l’année 2018, 21 policiers municipaux orléanais sur un effectif global de 108 ont donné leur démission, un chiffre très nettement supérieur à celui enregistré les années précédentes. Autre information non chiffrée cette fois, ces policiers démissionnaires ont été intégrés à des polices municipales des communes voisines d’Orléans - Sandillon, Ingré, Olivet, etc - alors qu’il y a quelques années encore, eu égard à l’intensité de l’activité et aux moyens alloués à la police municipale par la majorité orléanaise, le phénomène inverse était plutôt observé. Autrement dit, les policiers municipaux de la métropole tentaient de rejoindre les rangs de leurs homologues orléanais. Et, au-delà même des chiffres, dans cet univers professionnel hiérarchisé où le silence est souvent d’or, quelques langues se délient pour dire l’exaspération de certains policiers, sinon même leur démotivation. En cause, la manière dont cette police est aujourd’hui organisée, managée, peut-être même considérée. La mise à l’écart brutale de Pascal Desuers, chef historique de cette police qui a grandi sous son autorité depuis 2001, remplacé par un ancien militaire qui, selon certains policiers, n’a pas les compétences requises pour mener à bien sa mission, aurait rajouté une autre dimension au malaise ressenti par certains. 

Seulement 350 interpellations réalisées par la police municipale depuis le début de l’année

Et, autre chiffre qui pourrait témoigner de cette « démotivation » des troupes, la baisse très significative du nombre d’interpellations réalisées par les policiers municipaux d’Orléans. Alors, qu’avant 2014, quelque 800 interpellations étaient réalisées chaque année, « seulement » 350 ont été faites par ces mêmes policiers depuis le début de l’année. Un rythme qui, s’il se maintient en l’état, aboutira donc à environ 400 interpellations à la fin de l’année. Moitié moins, donc, que les années précédentes. 

Interrogé sur le sujet, lundi soir, lors de l’émission Controverse, co-animée par apostrophe45 et France Bleu Orléans, Olivier Geffroy, adjoint en charge de la sécurité depuis 2014, nie tout malaise au sein de la police municipale. « Nous avons chaque année une grosse dizaine d’allers et retours entre la police municipale orléanaise et d’autres polices. Aujourd’hui, nous en avons un peu plus mais tout cela rentre dans un contexte où toutes les polices municipales essaient de se renforcer et d’avoir des gens très formés. Le gros avantage que nous avons par rapport à d’autres villes, c’est que nous avons des gens qui ont fait leur formation initiale et qui sont armés. Nous devenons un vivier dans lequel les autres aiment bien puiser », a-t-il expliqué au micro de France Bleu Orléans. Quant au nombre d’interpellations en très nette baisse, l’élu a réfuté une quelconque baisse de motivation. « Il faut bien prendre en compte que le métier de policier municipal est entrain de considérablement évoluer notamment depuis les attentats de 2015. Vous avez un certain nombre de missions nouvelles des policiers municipaux sur la surveillance de la voie publique et qui deviennent, à titre préventif, absolument primordiales », a répondu Olivier Geffroy. 

« Je me suis senti totalement à l’aise dans ce dispositif », Olivier Geffroy

À l’évidence, la manière de concevoir la « doctrine d’emploi » de la police municipale n’est pas la même entre Olivier Geffroy (LR) et Florent Montillot (UDI) qui a occupé ce même mandat entre 2001 et 2014 et qui est à l’origine de l’ensemble du fameux triptyque « sanction-prévention-dissuasion » mis en place progressivement à l’échelle de la ville d’Orléans. Le premier a-t-il décidé de prendre ses distances par rapport à cet héritage laissé par le second ? « Je me suis senti totalement à l’aise dans ce dispositif qui utilise véritablement l’intégralité des couleurs de l’arc-en-ciel en matière de sécurité et qui, surtout, ne se prive d’aucun des moyens mis à la disposition du maire pour exercer son pouvoir de police », a argué Olivier Geffroy en évoquant le legs de Florent Montillot. Pour autant, certains policiers pointent du doigt une volonté actuelle de « ne surtout plus faire comme avant ». « Le métier de policier municipal est entrain de considérablement évoluer », répète, quant à lui, Olivier Geffroy …

A. G.