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Le 17 Décembre 2017, 20h48

Sénateur PS sortant, Jean-Pierre Sueur (PS) devance Hugues Saury, président du Département, et Jean-Noël Cardoux, sénateur LR sortant. 

Dans le Loiret, 1.667 grands électeurs étaient appelés à choisir entre huit listes ce dimanche. 

RÉSULTATS - Sans surprise, le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur, 70 ans, candidat à sa réélection, a été réélu de manière très confortable ce dimanche soir, avec 561 voix, soit 34,52 % des suffrages exprimés. Sans surprise, car l’on sait que l’ancien maire d’Orléans, ancien député et ministre de François Mitterrand par ailleurs, a sillonné le département tout au long de son mandat et a réalisé parallèlement un travail législatif plus que conséquent. Il est même souvent monté au front dès qu’il jugeait qu’un dossier local, social comme économique, nécessitait sa médiation ou son intervention dans un bureau ministériel. De sorte que l’étiquette socialiste, qui aurait pu constituer un frein, n’a eu qu’un impact secondaire, laissant la personnalité du sénateur Sueur l’emporter sur des considérations plus politiques. En outre, Jean-Pierre Sueur a toujours eu des paroles très mesurées, pour ne pas dire très conciliantes, à l’égard de La République en Marche, mettant seulement en avant, comme curseur, ses préoccupations de justice sociale. 

Au final, Hugues Saury devance Jean-Noël Cardoux en capitalisant 409 voix contre 354

La surprise de ce scrutin vient finalement de l’élection du président du Département, Hugues Saury, 59 ans, qui conduisait une liste de droite dissidente puisque l’investiture LR avait été accordée au sénateur sortant Jean-Noël Cardoux, 70 ans. Au final, Hugues Saury devance Jean-Noël Cardoux en capitalisant 409 voix contre 354 pour son rival de droite. Il ne fait pas de doute que le président du Département, réputé pour son caractère consensuel et sa capacité à dépasser les clivages politiques, a su profiter des deux dernières années passées à la tête du Département pour aller à la rencontre des élus locaux et asseoir finalement sa légitimité à briguer un siège de sénateur. Un acte de candidature qui n’a pourtant pas fait l’unanimité dans son propre camp, suscitant ainsi l’opposition, pour ne citer que lui, de Serge Grouard, ancien maire (LR) d’Orléans qui estimait, comme un certain nombre d’autres élus, que le président du Département ne pouvait avoir d’autres ambitions après seulement deux ans à la tête de la collectivité locale. Au sein de la droite locale, d’autres élus, à l’inverse, jugeaient qu’il était temps pour Jean-Noël Cardoux de céder la main, quand certains ne pointaient pas du doigt, avec une certaine virulence, le bilan plus que discret du sénateur Cardoux depuis six ans. Parvenant à se hisser à la troisième et dernière place, le sénateur LR Cardoux sauve donc son mandat à l’issue d’une campagne relativement discrète. 

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La candidate de La République en Marche, Aline Mériau, réalise un faible 5,78% des suffrages

La candidate de La République en Marche, Aline Mériau, réalise un faible 5,78% des suffrages, devancée par la communiste Dominique Tripet (5,97%). Une partie de son électorat s’est indiscutablement reportée sur la candidature du chef d’entreprise, et ancien élu local, Benoit Lonceint (3,69%) qui se présentait sous la bannière de la majorité présidentielle. Il va de soi également que pour les grands électeurs, issus des scrutins de mars 2014, pour un grand nombre d’entre eux, puis de ceux des départementales de mars 2015 et des régionales de décembre 2015, le discours macronien exerce une séduction plus que mitigée. 

Enfin, notons le très faible score réalisé par le candidat du FN, Charles de Gevigney, (2,28%), ce qui confirme le net recul de l’extrême-droite depuis le second tour de la présidentielle, et peut-être davantage encore, le peu de séduction qu’il exerce sur les élus locaux. Édifiant.

A. G.