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Le 17 Décembre 2017, 20h46

Le député Modem du Loiret était l’invité de Jean-Jacques Bourdin ce mercredi matin sur le thème de l’agriculture. Effet garanti.

« Michel-Edouard Leclerc est malhonnête. C’est de la manipulation. Il a fabriqué trois générations de Français qui pensent qu’acheter bien, c’est acheter pas cher. 60% des cochons français sont vendus en promotion. On va en crever ! Michel-Edouard Leclerc a fait crever les paysans ! », Richard Ramos, MoDem.

REMONTÉ - C’est sous ces traits que le député MoDem de la 6e circonscription du Loiret est apparu, ce mercredi 11 octobre, sur le plateau de RMC, interviewé par Jean-Jacques Bourdin. Une intervention remarquée sur le thème de l’agriculture, le jour du lancement des États généraux de l’agriculture qui doivent permettre de repenser en profondeur ce secteur en crise. Il faut dire que Richard Ramos, « jeune député » de la majorité présidentielle « et de la ruralité » n’y est pas allé par quatre chemins, creusant avec passion et détermination son sillon politico-médiatique. Visiblement à l’aise dans cet exercice, il est monté sur ses grands chevaux, non sans conviction, pour « défendre nos agriculteurs », pointant de l’index la grande distribution qui « fait crever » l’agriculture française. Dans le viseur, Michel-Édouard Leclerc que le député centriste a qualifié, arguments à l'appui, de « malhonnête » : « Michel-Edouard Leclerc est malhonnête. C’est de la manipulation. Il a fabriqué trois générations de Français qui pensent qu’acheter bien, c’est acheter pas cher. 60% des cochons français sont vendus en promotion. On va en crever ! Michel-Edouard Leclerc a fait crever les paysans ! » 

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Pour l’élu, il est impératif que les parlementaires changent la loi. « Il faut permettre aux organisations professionnelles de s’organiser pour aller négocier avec la grande distribution. Il est important que les producteurs se regroupent et imposent leur prix à la grande distribution. Mais la loi française ne leur permet pas cela car c’est celui qui émet la facture qui est en mesure de négocier. Il faut ausi remonter les seuils de revente à perte sur tous les produits frais. On doit pouvoir établir un prix plancher car, pour l’heure, on vend moins cher que ce que l’on produit. »

 

Le coup de force de Richard Ramos

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«À l’occasion des États Généraux de l’Alimentation, j’ai pris la décision avec des agriculteurs de venir déverser le dimanche 8 octobre 2017 à 9 heurs, 1 tonne d’oignons sur le parking de l’hypermarché Auchan de Saint-Jean-de-la-Ruelle. Au prix où ils sont achetés, autant les offrir ! 

Pour quelles raisons ? 

Comme je l’avais déjà dit à la Chambre des députés en juillet dernier, nos agriculteurs sont à genoux ! Il faut avoir à l’esprit que le kg d’oignons vendu 2,49 euros dans nos grandes surfaces est acheté quelques dizaines de centimes à nos producteurs ! 

Cette situation ne peut plus durer ; une prise de conscience collective est nécessaire et des engagements doivent être pris pour que nos agriculteurs perçoivent une rémunération digne. Pour l’heure, et selon une étude récente, la moitié d’entre eux touche moins de 350 euros par mois ! 

Les États Généraux de l’Alimentation doivent permettre de refonder notre agriculture. Au-delà de cette question fondamentale de l’équitable répartition de la création de valeur dans la chaîne alimentaire, notre agriculture doit être accompagnée pour être profondément transformée. Nos modèles agricoles doivent évoluer pour assurer la production d’une alimentation de qualité, accessible à tous et inscrite dans une perspective de développement durable. 

Nous espérons que cette action permettra d’y contribuer en alertant l’opinion sur cet enjeu de société.»

Richard Ramos

Richard Ramos, qui s’est montré plutôt laudatif à l’égard du ministre de l’Agriculture Stéphane Travert, a ajouté qu’il ne fallait « plus se contenter de mesurettes. Soit on fait un plan Marshall de l’agriculture, soit on accepte de laisser crever nos paysans ». Pourtant, c'est bien avec l’imprimatur du gouvernement français que le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA) entre en application dans sa quasi-totalité…

«Il faut durçir la loi»

Bon client de Jean-Jacques Bourdin, le député du Loiret est aussi revenu sur l’audition surréaliste à l’Assemblée nationale de Maxence Bigard, représentant du groupe agro-alimentaire éponyme —  leader européen de la viande de bœuf. Ce dernier avait refusé de répondre à un certain nombre de questions lors des auditions parlementaires préparatoires aux États Généraux de l'Alimentation, et notamment celle reposant sur le dépôt ou non des comptes du groupe comme la loi l’y contraint. « Est-ce que dans ce pays, les politiques peuvent reprendre la main face à des industriels qui se moquent de tout ? », a interrogé le député sur le plateau de RMC. Richard Ramos a alors proposé de « changer la loi » et donc de la durçir à l’égard des contrevenants pour plus de transparence. « Aujourd’hui, ces gens-là doivent seulement répondre d’une amende de 1.500 €, s’ils ne déposent pas leurs comptes. En cas de refus, il faut les faire payer jusqu’à 2% de leur chiffre d’affaires par jour. Sinon, ce sont deux Chupa Chups (marque de sucettes) pour le fiston Bigard. On va donc faire activer la loi, a-t-il promis, afin de faire vivre dignement nos producteurs de viande ».

À voir si le parlementaire loirétain sera réellement suivi dans les faits, au-delà de… l’effet médiatique.

Richard Zampa