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Le 17 Décembre 2017, 20h46

Le PS doit se renouveler pour se reconstruire. Sûrs de cette nécessité, les Jeunes socialistes du Loiret sont d’ores et déjà au travail.

« Le PS ne doit plus être un parti de sexagénaires soutenu par des quadras. C’est révolu », Julien Lecinse, président du MJS.

EN MUTATION - Une nouvelle génération est appelée à prendre ses responsabilités au sein d’un Parti socialiste « dynamité, dispersé, ventilé et éparpillé par petits bouts, façon puzzle » (comme disait Raoul - Bernard Blier - dans les Tontons Flingueurs). Pour se relever, « se réinventer et se transformer d’ici au congrès de 2018 », le PS, moribond, peut encore compter sur ses jeunes (de 15 à 30 ans). 

La refonte sera, bien sûr, longue et difficile après la déroute des élections présidentielle et législatives. Sans parler du quinquennat Hollande qui a laissé un goût de cendres tièdes dans la bouche des militants socialistes. En attendant des jours meilleurs donc, les jeunes socialistes du Loiret - « une soixantaine », selon Julien Lesince, président du Mouvement des Jeunes socialistes (MJS) du Loiret - se retroussent les manches et veulent croire à la valeur travail, en se consacrant à une réflexion profonde sur les décombres du hollandisme. 

C’est d’ailleurs tout l’objet du conseil national du PS de ce samedi 30 septembre. « Nous devons tourner la page de cette époque. Malheureusement, le parti socialiste est incapable de vivre quand la gauche est au pouvoir. Au sein du MJS, nous voulons aller de l’avant et construire quelque chose de nouveau. Et cela ne se fera pas forcément avec un guide. On veut revenir au contenu de la ligne que nous portons. Après seulement, l’on trouvera une personne pour incarner le projet», explique Julien Lesince. Une consultation des militants a, par ailleurs, eu lieu jeudi dernier pour jeter, justement, les bases de la refondation du PS. Vaste chantier. 

Les temps ont changé

L’image mortifère du PS à l’échelle nationale est différente dans le Loiret, selon ce militant de 25 ans qui prétend, aujourd’hui, être en mesure de séduire de nouveaux jeunes, « adhérents ou pas ». « On arrive à convaincre car, sur le terrain, on travaille, on est actifs et on va au plus près de la jeunesse. On lui parle de nos valeurs, de nos contributions ; on fait passer du lien, de la confiance. Je suis sûr que l’on peut prétendre au renouvellement du PS sur la base de nos fondements : le progressisme et la solidarité. » Oui mais comment parvenir à se renouveler ? Avec quelle méthode ? Et surtout avec qui ?

« Les temps ont changé », surligne Julien Lesince. Depuis la débâcle du PS, le parti « écoute ce que les Jeunes socialistes proposent ». Il faut bien dire que les dernières élections ont largement ébranlé les certitudes. Et en premier lieu chez les cadres socialistes. Ceux qui n’ont pas encore déserté ou déchiré leur carte d’adhérent. Et comme la nature a horreur du vide, les Jeunes socialistes occupent désormais un espace d’écoute, de parole, voire d’action plus large. 

Julien Lesince opte, lui, pour une tout autre lecture : « Ou peut-être qu’avec l’élection de Macron, ils (les anciens) ont compris qu’ils n’avaient pas toutes les clés de la communication ni même celles de la mise à jour de la pensée du PS. Il est donc venu le temps de réinventer le PS et de réinventer la gauche. » 

Des têtes nouvelles sortent de la nasse, à l’instar de la présidente PS de la région Occitanie, Carole Delga, ou encore d’Olivier Dussopt, député PS de l’Ardèche et récent invité d’honneur de la Fête de la Rose à Ingré ; sans oublier Johanna Rolland, maire PS de Nantes et présidente de la métropole. « C’est une jeune génération d’élus qui a des idées et qui les applique », martèle Julien Lesince. «  Au-delà des valeurs socialistes, il faut travailler sur la manière de rassembler. Il est urgent de clarifier la ligne politique avant de s’organiser. On veut revenir au contenu, aux débats. Après, l’on trouvera la personne pour les incarner. »

Copier-coller ?

À nouvelle génération, nouvelle philosophie. « Le PS ne doit plus être un parti de sexagénaires soutenu par des quadras. C’est révolu. Au mieux, il doit être une génération de vingtenaires soutenue par des quadras. À défaut, une génération de quadras soutenue par des vingtenaires. » Un modèle de fonctionnement finalement pas si éloigné de la méthode appliquée par Emmanuel Macron et son équipe de « startupers ». 

Le Parti socialiste doit, certes, se réinventer mais pour cela, il ne lui suffira pas seulement de copier pour espérer être original.

Richard Zampa