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Le 19 Octobre 2017, 09h16

Le sénateur socialiste du Loiret a largement été réélu ce dimanche à l’issue des élections sénatoriales. Il en tire quelques enseignements.

« J’ai toujours pris très au sérieux le travail au Sénat, comme le travail pour le Loiret, avec l’ensemble des élus des communes, du département et de la région. »

SÉNATORIALES - Le suspense a été contenu durant ces élections sénatoriales qui marquent-là le dernier scrutin national d’une année 2017 charnière sur le plan politique. C’est donc sans grande surprise que Jean-Pierre Sueur a été réélu sénateur socialiste du Loiret pour un troisième mandat consécutif. 

À 70 ans, et en dépit d’une étiquette (PS) peu porteuse en ces temps de grand chamboulement politique, l’ancien maire d’Orléans a obtenu, dimanche soir, 561 voix, soit 34,52% des suffrages exprimés. « Comment cacher la joie qui a été la mienne lorsque j’ai appris que la liste que je menais est arrivée très largement en tête lors des élections sénatoriales de ce 24 septembre dans le Loiret, alors que, déjà, j’étais arrivé en première position, dès le premier tour, avec un autre mode de scrutin en 2011 ! », s’exclame-t-il.

Les grands électeurs ont, une nouvelle fois, reconnu la densité et l’intensité du travail législatif de cet ancien député et ministre de François Mitterrand. « J’ai toujours pris très au sérieux le travail au Sénat, comme le travail pour le Loiret, avec l’ensemble des élus des communes, du département et de la région. Je tiens à l’un et à l’autre. Un parlementaire doit être présent et actif au Parlement. Il ne doit pas être « hors sol ». On ne parle pas de la même manière au Sénat lorsqu’on est au contact constant de toutes les réalités et de tous les problèmes que vivent nos citoyens, qu’on le ferait si l’on n’avait pas ce contact constant », explicite-t-il.

« On m’a suggéré et proposé de changer d’appartenance, d’étiquette… »

Homme de convictions, Jean-Pierre Sueur traverse donc les turbulences du temps politique. D’ailleurs, il en tire plusieurs « leçons » : « Il me parait clair qu’il est toujours préférable, quel que soit le contexte, quelles que soient les circonstances, quels que soient les inévitables « hauts » et « bas » de la vie politique, de garder les convictions profondes et les valeurs qui animent ceux qui s’engagent dans la responsabilité publique. Socialiste et rocardien, j’ai toujours été attaché à la fois à la solidarité, à la justice sociale et au réalisme économique. »

Pourtant, les conseils et autres suggestions n’ont pas manqué, ces derniers mois, dans l’entourage du sénateur, afin de le persuader de changer de bord, suite à la dynamique impulsée en mai dernier par La République En Marche. Mais cette étiquette socialiste, qui aurait pu constituer un frein, n’a eu qu’un impact secondaire, laissant la personnalité du sénateur l’emporter sur des considérations plus politiques. En l’occurrence, le nouveau monde n’a pas eu raison de l’ancien. « On m’a suggéré et proposé de changer d’appartenance, d’étiquette, et même de me présenter sans étiquette. J’ai refusé, parce qu’on ne gagne jamais à se renier. Aucun des nombreux grands électeurs qui m’ont fait confiance, quelle que soit leur sensibilité, ne m’ont d’ailleurs jamais demandé cela. »

«Agir en conformité avec mes convictions et mes valeurs»

Jean-Pierre Sueur entend également continuer à mener avec la même détermination et la même énergie ce troisième mandat. « Il va de soi que j’aborde la nouvelle période qui s’ouvre dans le même état d’esprit, avec les mêmes engagements, la même volonté d’œuvrer au Sénat et dans le Loiret, de rendre compte de mon action et d’agir en conformité avec mes convictions et mes valeurs. »

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À l’issue d’une année électorale terrible, le Parti socialiste, amené à vendre Solferino, s’en tire plutôt bien et sauve la mise. Ils étaient 86 dans le groupe PS à l'Assemblée avant dimanche. Ils seront désormais 81. Certes, il y a eu un peu de casse mais moins qu'annoncée, lorsque certains parlaient d'un groupe qui descendrait à une cinquantaine de sièges. Du coup, le PS claironne être « le premier groupe d'opposition parlementaire de gauche » dans la chambre haute. Quid alors de la position du sénateur PS du Loiret pour les mois et les réformes à venir ? « Par rapport au pouvoir exécutif et au gouvernement, je serai à la fois positif, exigeant et vigilant (…) Positif car je voterai toutes les lois et les dispositions qui me paraîtront aller dans le bon sens comme la récente loi sur la moralisation de la vie politique. Positif aussi parce que je m’efforcerai de faire des propositions utiles. Vigilant et exigeant car il y a des mesures que je ne pourrais voter si elles restaient en l’état. Je pense en particulier à celles qui porteraient préjudice aux communes, aux collectivités locales et à leurs finances. »

«Vigilant et exigeant»

Et de conclure : « Il ne me serait pas possible, en effet, d’avoir entendu tout ce que m’ont dit les élus dans le très grand nombre de communes du Loiret que j’ai visitées sans en tirer les conséquences. C’est une question de loyauté. »

La surprise de ce scrutin vient finalement de l’élection du président du Département, Hugues Saury, 59 ans, qui conduisait une liste de droite dissidente puisque l’investiture LR avait été accordée au sénateur sortant Jean-Noël Cardoux, 70 ans. Au final, Hugues Saury devance Jean-Noël Cardoux en capitalisant 409 voix contre 354 pour son rival de droite.

RZ