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Le 21 Juillet 2018, 23h25

Large victoire, dimanche soir, pour le député sortant et maire de Montargis face à la candidate LREM, Mélusine Harlé. 

Mélusine Harlé est passée, lors de ce second tour, de 14.553 suffrages en juin à 6.199 hier - soit une chute de plus de 8.000 voix.

DANS UN FAUTEUIL - Le scrutin d’hier soir constituait un nouveau test pour La République en Marche puisque lors des quatre précédentes élections législatives partielles qui se sont déroulées depuis janvier, le parti macroniste a échoué à chaque fois.

« Même si ces partielles sont mauvaises, ce ne sera pas un thermomètre d'alarme pour la suite»

Cinquième revers donc, hier soir, pour la majorité présidentielle avec la réélection très confortable du député sortant et actuel maire de Montargis, Jean-Pierre Door, qui recueille plus de 67% des suffrages dans la 4ème circonscription du Loiret. « Même si ces partielles sont mauvaises, ce ne sera pas un thermomètre d'alarme pour la suite », lâchait récemment, François Patriat, le patron des sénateurs LREM, dans les colonnes de nos confrères du Monde

Pour autant, l'effondrement du nombre de voix obtenues par les candidats macronistes au premier et second tour de ces scrutins ne peut être balayé d’un revers de la main par la majorité actuelle. Ainsi Mélusine Harlé est passée, lors de ce second tour, de 14.553 suffrages en juin à 6.199 hier - soit une chute de plus de 8.000 voix - alors que dans le même temps son rival à droite, a perdu, lui, un peu moins de 2.000 suffrages. En Haute-Garonne, le candidat LREM était passé de 14.500 en juin 2017 à 5.700 en mars et dans le Val-d'Oise, la candidate LREM avait vu ses suffrages chuter de 13.800 à 4.800.

 La prime à l’enracinement et au réseau local l’a emporté

Bien sûr, cette chute brutale est liée à la très forte abstention, 67% hier soir dans la Montargis. Pour autant, elle ne peut être réduite à cette seule explication évidemment.  

Alors, ce résultat confirme à quel point le lien mécanique qui unit une élection présidentielle à une élection législative est puissant avec les questionnements que cela peut générer d’un point de vue démocratique. « J’ai été élu par mon étiquette et parce qu'il y avait la photo de Macron sur mon affiche », ne se cachait pas, cette semaine, un cadre LREM.

On le voit, neuf mois plus tard, la donne a considérablement changé et l’exercice du pouvoir est passé par là. Dans le Loiret, comme dans les autres départements où une élection législative partielle a eu lieu, la prime à l’enracinement et au réseau local l’a emporté. Et, à ce jeu-là, il faut reconnaître que Jean-Pierre Door, 76 ans, qui incarne tout sauf le renouvellement politique, avait une très large avance sur sa jeune rivale, Mélusine Harlé. 

A. G.