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Le 24 Novembre 2017, 07h00

Le représentant départemental de la France Insoumise, candidat malheureux aux dernières élections législatives, était l'invité de l'émission politique de France Bleu Orléans et apostrophe45 ce lundi 6 novembre. 

« Emmanuel Macron a marqué un point, effectivement, mais cela ne veut pas dire que la partie est finie », estime Jérôme Schmitt au sujet de la faible mobilisation contre les ordonnances de la loi Travail. 

CONTROVERSE - Jérôme Schmitt, représentant dans le Loiret de la France Insoumise, était l’invité de Controverse, ce lundi soir, l’émission politique de France Bleu Orléans en partenariat avec apostrophe45. Pendant une heure, le militant de la FI et candidat malheureux dans la sixième circonscription du Loiret lors des dernières élections législatives, a défendu la ligne politique et la structuration du mouvement de Jean-Luc Mélenchon dont la convention nationale se tiendra à la fin du mois de novembre à Clermont-Ferrand. Échec de la mobilisation contre la reforme de la loi travail et de ses cinq ordonnances, suppression de l’ISF, fin de l’état d’urgence, mode de fonctionnement de la FI qui se définit comme un mouvement et en aucun cas comme un parti, Jérôme Schmitt a répondu aux questions croisées de France Bleu d’Orléans et d’apostrophe45. Morceaux choisis. 

Échec des manifestations contre la loi Travail.

 « C’est Emmanuel Macron qui a le point », a commenté Jean-Luc Mélenchon lui-même, parlant même de « KO » eu égard à la très faible mobilisation enregistrée jusqu’à présent et qui n’a jamais été à la hauteur, en tous les cas, des espoirs et attentes du leader de la France Insoumise pour lutter contre « le coup d’État social » du gouvernement. « Emmanuel Macron a marqué un point, effectivement, mais cela ne veut pas dire que la partie est finie, déjà, c’est le sens de l’expression de Jean-Luc Mélenchon », a argumenté le représentant départemental de la France Insoumise. « La France Insoumise a pris part à la bataille, les rues étaient pleines. On est là pour appuyer la bagarre des syndicats. Ces ordonnances sont néfastes pour les travailleurs de tout le pays, c’est aux syndicats de mener la bataille aussi. (…) Ces ordonnances remettent en cause toutes les conquêtes sociales depuis la création du code du travail. Le CDI, par exemple, c’est comme s’il n’existait plus », a poursuivi Jérôme Schmitt.

« Si les jeunes sont là, ça changera tout »

Cette très faible mobilisation peut-elle être aussi mise sur le compte d’une forme de lassitude après les quatorze manifestations comptabilisées l’année dernière contre la loi El Khomeri ? Et pour quel résultat qui plus est ? « La stratégie menée contre la loi El Khomeri n’a pas gagné puisque cette loi est passée », a concédé Jérôme Schmitt qui espère que la prochaine manifestation, prévue le 16 novembre prochain, ne soit pas « un baroud d’honneur et peut-être le point de départ d’une vraie bagarre. Le calendrier n’était pas très favorable, notamment vis-à-vis de la jeunesse. (…) Si les jeunes sont là, ça changera tout », a-t-il estimé. 

Concernant la suppression de l’ISF, le représentant local de la FI a indiqué, en faisant écho aux paroles prononcées par Emmanuel Macron en Guyane, que « le Medef et les très riches de ce pays doivent prendre Emmanuel Macron pour le Père Noël car il n’y a jamais eu de tels cadeaux. Il fait un cadeau à tous ses amis, les milliardaires qui détiennent les médias et qui l’on soutenu pendant sa campagne présidentielle. C’est le retour d’ascenseur. Il est dans la lignée de ce qui s’est fait au moins les quinze dernières années. C’est tout ce que l’on combat. On propose une vision de la société qui est différente ».  

Fin de l’état d’urgence et mise en œuvre de la loi antiterroriste. « Cette loi est liberticide parce que c’est la continuation de l’état d’urgence, c’est l’état d’urgence permanent », a estimé Jérôme Schmitt. « Pour nous, le grand souci, c’est la séparation des pouvoirs ; il existait déjà des juges antiterroristes et là, l’état d’urgence était dans les mains du préfet sur les saisies administratives utilisées souvent de manière abusives puisqu’il y a énormément de militants, écologistes, et politiques ou syndicaux qui ont victimes de ces perquisitions. Le juge de la liberté et de la détention va se prononcer sur une note blanche rédigée par les services de police, c’est un simple bout de papier qui vient d’un agent, on ne sait pas lequel, et il faut le croire. Le JDL on ne lui donne pas accès au dossier qui lui permettrait de prendre une décision », a t-il poursuivi.

« Au Vénézuela, il y a beaucoup de choses que l’on peut prendre en exemple »

Au sujet du Venezuela et de son président Nicolas Maduro, modèle ou source d’inspiration pour la FI ?« C’est une source d’inspiration car tout ce qui se fait dans le monde est source d’inspiration pour la politique », répond Jérôme Schmitt. « Un modèle, je ne dirai pas ça, mais les modèles, on n’en a pas, il faut prendre du bon partout où il y et, en effet, au Vénézuela, malgré ce que l’on peut en dire, il y a beaucoup de choses que l’on peut prendre en exemple. Même l’ONU le dit sur le classement de leurs instances démocratiques, l’ONU dit que c’est bien plus démocratique qu’en France déjà ». Et, manifestement, l’opposition réduite au silence, les 600 prisonniers politiques, et les 125 morts dénombrés lors des manifestations entre avril et juillet dernier, ne viennent guère ternir cette image pour Jérôme Schmitt.  « Ce que je sais, c’est que dans les 125 morts, ce ne sont pas que des manifestants, il y a eu aussi des policiers et des militaires qui étaient là pour assurer la sécurité des manifestants. Les manifestations n’ont jamais été interdites contrairement à la France, l’année dernière contre la loi El Khomeri où il y avait des répressions énormes. (…) Un journaliste est mort », lance, sans sourciller, le représentant de la Force Insoumise. 

L’impossible alliance avec le PCF « On a une vision de la politique qui est très similaire. (…) On a fait une campagne présidentielle commune mais pas ensemble; le PCF avait décidé de se lancer déjà dans les législatives en présentant ses candidats, après qu’est-ce que vous voulez ? », interroge Jérôme Schmitt. Qui poursuit. « Nous avons, nous aussi, une grande part d’incompréhension. Le PCF voulait des candidats partout et qu’on lui réserve quelques sièges. (…)  La différence fondamentale, c’est qu’il veulent une union de la gauche. On ne veut pas additionner des appareils, une soupe aux sigles en bas des tracts. On invente une nouvelle façon de faire de la politique et je pense qu’on est dans le vrai. »

« C’est une cabale menée contre la France Insoumise, je n’ai pas grand-chose à dire là-dessus »

Le culte du chef Mélenchon ? Les militants sont invités à voter en ligne, dès demain, pour sélectionner les campagnes prioritaires du mouvement. 5.000 groupes d’appui ont été créés en France depuis l’été, dont 5 dans le Loiret, rebaptisés groupes d’action. « Non, Jean-Luc Mélenchon est un personnage. Il attire soit des amitiés fortes, soit … Le conflit créé les discussions et c’est ce qui fait que l’on est en bonne démocratie », avance Jérôme Schmitt.

Les casseroles au sein de la FI - Après Raquel Garrido, au tour de Danielle Simonnet, d’être épinglée pour occuper un logement social alors que ses indemnités lui permettent d’avoir accès à un logement dans le secteur privé. « Je trouve que ça détourne le débat politique, ça m’étonnerait qu’elle soit la seule élue à Paris à être dans une situation similaire comme l’était Raquel Garrido avec Alexis Corbière. C’est une cabale menée contre la France Insoumise, je n’ai pas grand-chose à dire là-dessus », affirme Jérôme Schmitt qui a d’évidence des indignations sélectives. D’ailleurs, ce dernier est persuadé que cela « n’intéresse personne. (..) Nous, on s’occupe de politique. C’est terrible ces attaques contre la France Insoumise. Que Raquel Garrido ait fait ce que vous lui reprochez - ndlr : selon le Canard Enchaîné, elle doit un arriéré de « cotisations sociales » de 32.215 euros à la Caisse nationale des barreaux français (CNBF) -  ou pas fait, qu’elle soit dans son droit ou pas, ils sont plus de 7.000 avocats à faire des arrangements de ce genre-là. Raquel Garrido, elle s’est tellement jetée dans la politique, que les clients, elle n’avait plus le temps de s’en occuper. Et voilà pourquoi, des années et des années, elle n’avait pas beaucoup de travail », plaide Jérôme Schmitt. Pas sûr que sa plaidoirie soit néanmoins très convaincante. 

A. G.