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Le 19 Octobre 2017, 09h20

Charles de Gevigney explique les raisons qui ont motivé sa décision de démissionner du secrétariat départemental du Front national dans le Loiret.

« Il n’y aura, avec mon départ, aucune incidence électorale. La nouvelle équipe aura ainsi tout le loisir de se faire la main avant les prochaines échéances. »

LIBÉRÉ, DÉLIVRÉ - À la tête de la fédération du Front national dans le Loiret depuis 2015, Charles de Gevigney a décidé de quitter ses fonctions de secrétaire départemental, demeurant toutefois conseiller régional FN. Mardi dernier, dans un communiqué lapidaire, il déclarait juste : « J’ai souhaité me libérer de cette tâche très prenante pour raison de convenance personnelle. » La rédaction d'apostrophe45 a alors tenté d’en savoir un peu plus sur cette démission, deux ans et neuf mois après sa nomination en tant que « SD » du FN45. « C’est ma vie privée », a d’abord rétorqué l’élu régional avant de concéder quelques efforts : «  Je n’ai plus le temps nécessaire pour la gestion d’une fédération. » Charles de Gevigney confie avoir mûri sa réflexion « il y a déjà quelques mois ». Avant même l’éclatement du parti de Marine Le Pen. Il assure aussi qu’il n’y a, de ce fait, aucun lien entre sa démission et la restructuration de sa famille politique. « Mon truc n’a rien à voir avec Philippot. »

Le choix est tactique, selon l’intéressé. « Dans les statuts du Front, un secrétaire départemental, c’est cinq ans maximum. Je ne veux pas foutre le FN dans la m… Ainsi, je voulais éviter des déboires à mon successeur », explique-t-il, profitant du vide électoral des trois prochaines années. « Là, il y a un creux. Est-ce intelligent de patiner encore un an ? C’est maintenant que le Front national doit prendre son temps pour se réorganiser. Il n’y aura, avec mon départ, aucune incidence électorale et la nouvelle équipe aura ainsi tout le loisir de se faire la main avant les prochaines échéances. »

« Non, ce n’est pas facile d’être SD »

Charles de Gevigney se dit aussi « usé » par ce qui fut jusqu’au 1er octobre 2017 sa mission dans le Loiret : « Je suis arrivé en décembre 2014, j'ai été bombarbé en pleine élection départementale, puis j’ai assuré les régionales de 2015, la présidentielle, les législatives et les sénatoriales de 2017. C’est du boulot et je préconise juste à chaque militant du FN qui pourrait me critiquer de faire ce que j’ai fait durant trois ans. » Et d’ajouter : « Non, ce n’est pas facile d’être SD. Dans un parti comme le nôtre, il y a un petit côté mort sociale. Mais j’assume complètement ce côté-là. »

L’ancien secrétaire de la fédération frontiste du Loiret estime le nombre d’adhérents à « plus de mille », étant parvenu, en deux ans, à doubler les effectifs (+500).

C’est comme élu régional que Charles de Gevigney entend désormais porter ses « convictions pour la France ». Car, lui, ne songe pas à quitter les bancs du FN qu’il considère comme « indispensable au paysage politique français ». Il conclut : « Le FN et la famille Le Pen sont les seuls à représenter une soupape de sécurité en France, évitant dans la rue des débordements qui se traduisent dans le vote contestaire. » 

Quant à la désignation de son successeur et de la nouvelle équipe départementale, aucune date n’est encore fixée. Il faudra certainement patienter jusqu’au congrès de mars 2018 pour connaître les contours de la nouvelle équipe dessinée par Nanterre et Jean-Lin Lacapelle. Pour l’heure, « les candidats ne se bousculent pas au portillon » mais deux personnes en interne (au sein de la fédération du loiret) pourraient manifester collégialement leur intérêt pour cette mission. Avec en ligne de mire, les municipales.

RZ