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Le 19 Octobre 2017, 14h26

Les sondages font désormais partie intégrante du débat politique, ce que déplore le sénateur PS du Loiret, Jean-Pierre Sueur.

« Les sondages, qui devaient rester une mesure réalisée avec rigueur, sont devenus un élément du débat politique », Jean-Pierre Sueur.

IMPOSSIBLE N'EST PAS FRANÇAIS - Les sondages n'ont jamais autant rythmé la vie politique française. Pas un jour sans cette outil de mesure à l'instant «T». Dernier sondage ce jeudi 30 mars 2017 : « Résultats stables, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ex-æquo. »

Résultat du sondage "PrésiTrack" Opinionway/Orpi pour Radio Classique et Les Echos (30 mars 2017) :

Premier tour : Emmanuel MACRON : 25% (=), Marine LE PEN : 25% (=), François FILLON : 20% (=), Jean-Luc MELENCHON : 15%, Benoît HAMON : 10%, Nicolas DUPONT-AIGNAN : 3%, Jean LASSALLE : 1%, Philippe POUTOU : 1%, Nathalie ARTHAUD : 0%, François ASSELINEAU : 0%, , Jacques CHEMINADE : 0%.

Second tour : Emmanuel MACRON : 64% (=), Marine LE PEN : 36 (=)%. Second tour (2) : François FILLON : 60% (=), Marine LE PEN : 40% (=).

Faut-il cependant s'interroger sur le « vote caché », car honteux, du candidat de la droite empêtré, en famille, dans les affaires depuis le début de cette campagne ? Selon les différents instituts de conseils et de sondages - BVA Opinion, Ifop, OpinionWay et PollingVox-, François Fillon ne serait pas « sous-côté dans ces enquêtes ». Seul hic, les sondés ont une fâcheuse tendance à contrarier les sondeurs, leur humeur et donc leur intention de vote sont très versatiles. 

Parole de sage

Comme s'interroge le quotidien 20 Minutes, « François Fillon, avec une chute de dix points dans les sondages depuis la primaire à droite, peut-il espérer une qualification au second tour de la présidentielle ? Pas impossible, répondent prudemment les sondeurs. » Toujours selon le quotidien, « François Fillon peut agréger à son socle solide quelques points venant des abstentionnistes mais aussi de ceux d’électeurs de droite passés chez Emmanuel Macron », évalue Jérôme Sainte-Marie de PollingVox. Et si le candidat n’a pas la même force dans son camp que Nicolas Sarkozy en 2012, relève Erwan Lestrohan de BVA Opinion, François Fillon bénéficie d’une large base d’électeurs sûrs d’aller voter pour lui (70 %). »

Coauteur, avec son collègue LR Hugues Portelli, d’amendements sur les sondages dans la loi d’avril 2016 relative à la modernisation de règles concernant les élections, le sénateur PS du Loiret Jean-Pierre Sueur estime que l’élection présidentielle française reste, à un mois du premier tour, très ouverte. D’autant que « les sondages, qui devaient rester une mesure réalisée avec rigueur, sont devenus un élément du débat politique ». 

Et de démontrer que « les sondages sont des acteurs qui interfèrent dans le débat car une partie des électeurs vote contre les évaluations données par ces sondages ». Pour celui qui a particulièrement planché sur les méthodes des sondages publiés, de toute façon, « le seul sondage intéressant, c’est l’élection. Pas les calculs, les marges d’erreur et les critères de redressement qui restent toujours trop elliptiques… ». Parole de sage.

RZ