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Le 21 Avril 2018, 03h41

Au lendemain du congrès d'Aubervilliers, Carole Canette, nouvelle patronne du PS dans le Loiret, était l’invitée de Controverse, ce lundi. 

« On voit bien que c’est une politique de droite qui est menée. Au fil du temps, on voit bien que cette politique s’ancre à droite », Carole Canette.

CONTROVERSE - Carole Canette a été élue, le 29 mars - avec un total de 201 voix en sa faveur sur 210 votants - à la tête de la fédération socialiste du Loiret. À 49 ans, elle n’est pas un visage inconnu dans le monde politique local puisqu’elle est actuellement conseillère municipale d’opposition à Fleury-les-Aubrais et qu’elle a été conseillère régionale en charge de la culture jusqu’en 2015. On aurait pu penser qu’après son échec pour conquérir la municipalité de Fleury-les-Aubrais, en 2014, où elle a été largement devancée par Marie-Agnès Linguet, elle allait se retirer de l’arène politique. C’est d’ailleurs un peu ce qu’elle avait alors laissé entendre. 

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Carole Canette, dans le studio de France Bleu Orléans, ce lundi, pour l'émission Controverse. (Photo. apostrophe45) 

D’ailleurs, l’année suivante, en 2015 donc, elle n’avait pas brigué un nouveau mandat régional. « Il s’agit d’une décision personnelle », avait elle alors déclaré à la presse. Ce lundi 9 avril, elle a même précisé que c'était un « acte militant ». Depuis quelques jours, Carolle Canette est donc la patronne du PS localement. Évidemment, le chantier qui s’ouvre devant elle est immense. Et elle le sait mieux que personne. Le PS localement est quasi moribond. Le nombre de militants a considérablement baissé. Pour preuve, il n’y a eu que 223 militants à participer au vote sur les motions pour le congrès d’Aubervilliers qui s’est tenu ce week-end, et c’est trois fois moins qu'il y a dix ans pour le Congrès de Reims.

« On voit rarement des morts se réunir en congrès »

Et puis, du côté des élus, ce n’est pas non plus l’opulence : non seulement, ils ne sont déjà plus très nombreux depuis 2014, mais des maires comme Jean-Vincent Valliès à Chécy, David Thiberge à Saint-Jean-de-Braye ou encore Nicolas Bonneau à La Chapelle-Saint-Mesmin, n'ont pas renouvelé leur carte d'adhésion au PS. Du côté des parlementaires, même raréfaction progressive. Après la défaite de Valérie Corre aux élections législatives l’année dernière, seul Jean-Pierre Sueur incarne aujourd’hui les couleurs socialistes dans le Loiret. Bref, la nouvelle Première secrétaire fédérale du PS dans le Loiret a du pain sur la planche dans la perspective, notamment, des élections municipales de 2020. Invitée de l'émission politique de Controverse, ce lundi soir, sur France Bleu Orléans en partenariat avec apostrophe45, Carole Canette a fait le point sur ses ambitions pour le PS localement ainsi que sur nombre de sujets nationaux. 

Ainsi, sans surprise, Carole Canette a pris part, le week-end passé, avec quelque 2.000 militants, au 78ème congrès du Parti socialiste. Alors, selon elle, le PS est-il moribond ou déjà convalescent? « On voit rarement des morts se réunir en congrès », a plaisanté Carole Canette qui a indiqué que « ce moment était un moment de fraternité retrouvée et d’envie de lutter et de se battre ». « Le PS est blessé, il faut resserrer les troupes avec les énergies et les bonnes volontés présentes », a-t-elle poursuivi. « Les idées du socialisme ne sont pas des vieilles idées, ce sont des idées d’une actualité brûlante, nos valeurs sont celles de la justice sociale, du progrès, de l’égalité des chances, de l’émancipation des individus et nous nous devons d’être là pour les défendre. »

« Il faut remettre le militant au coeur du parti et la collégialité au cœur du fonctionnement »

Dans son discours inaugural, Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS, a insisté sur le fait qu'il fallait tourner la page des querelles internes et des différents courants entre « hollandais, aubrystes, fabiusiens, rocardiens » qui ont été « des boulets », selon les mots d’Olivier Faure lui-même. « Je préfère que les gens qui ne se sentent pas bien au PS ne soient pas là et nous laissent travailler (…) Le parti socialiste est le parti des socialistes », a réagi, ce lundi soir, Carole Canette. « Il faut remettre le militant au coeur du parti et la collégialité au cœur du fonctionnement », a argué l’élue qui a précisé qu’il ne « fallait plus oublier de trancher », appelant ainsi à « une nouvelle discipline » au sein du Parti socialiste.  

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Carolle Canette a répondu aux questions de la rédaction de France Bleu Orléans et d'apostrophe45. 

Concernant la ligne politique énoncée et défendue par Olivier Faure à Aubervilliers, résumée dans le « ni-Macron ni-Mélenchon », Carole Canette a souscrit à cette formule. « Nous avons un gouvernement qui n’est pas de gauche et une gauche qui n’est pas de gouvernement. Il faut donc trouver une gauche de gouvernement et nous sommes ceux qui représentons le point central pour constituer cette gauche de gouvernement », a développé la nouvelle patronne du PS dans le département. Cette dernière, à l'instar du patron du PS, a estimé que la politique menée aujourd'hui par Emmanuel Macron était une « politique de droite »« On voit bien que c’est une politique de droite qui est menée. Au fil du temps, on voit bien que cette politique s’ancre à droite », a déclaré Carole Canette qui a, par ailleurs, réaffirmé un soutien plein et entier à la grève des cheminots au quatrième jour de ce mouvement social. « Ils se battent pour leurs statuts mais ils se battent aussi pour la qualité du service, pour que l’on ait des trains qui fonctionnent et qui fonctionnent bien », a t-elle affirmé. 

« Ce sont des élus dont je respecte grandement l’action »

Au sujet des élections municipales de 2020, Carole Canette a affirmé que la stratégie pour le PS sera d’être présent dans toutes les villes du Département. « Notre ambition en tant que socialistes est de porter nos valeurs partout où nous pouvons les porter à l’échelle locale », a-t-elle souligné. À la question de savoir si le PS soutiendra encore les maires élus en 2014 sous l’étiquette socialiste et qui ont pris depuis leurs distances avec le parti, Carole Canette est sans langue de bois. « Ce sont des élus dont je respecte grandement l’action et qui restent dans le groupe socialistes et apparentés dans la métropole, il n’y a donc pas de difficultés. Clarifier leur positionnement ne veut pas dire qu’ils doivent prendre leur carte », a-t-elle précisé. « Je n’aurai aucun problème à soutenir un maire sortant, sympathisant de gauche, pour une prochaine campagne. (…) Et puis je ne perds pas l’espoir qu’on arrive à les convaincre de revenir », a-t-elle argué.

« Nous verrons le moment venu comment les choses peuvent se conjuguer»

Enfin, au sujet de la ville d'Orléans elle-même, et alors que des candidatures individuelles commencent à se faire jour et que des citoyens engagés dans des comités débattent sur la place publique des grandes problématiques sociétales locales - gratuité des transports, désertification médicale, etc., -, Carole Canette a estimé que « cette effervescence » était une bonne chose. « Nous verrons le moment venu comment les choses peuvent se conjuguer », a-t-elle assuré. Enfin, réagissant à une éventuelle alliance avec LREM pour ces municipales à Orléans, la nouvelle chef de file du PS n'a pas fermé totalement la porte, précisant que la constitution d'une liste se ferait « au cas par cas ». « Une alliance avec des personnalités qui peuvent être intéressées par ce que fait La République en Marche et avec lesquelles nous partageons les mêmes valeurs, moi, je n’y vois pas d’inconvénient », a assuré Carole Canette. À condition, que les valeurs socialistes soient bien sûr affirmées en haut de l'affiche. 

A. G.