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Le 17 Décembre 2017, 20h54

La République En Marche est-elle en panne de démocratie ? La réponse de la députée LREM du Loiret, Stéphanie Rist.

« L’efficacité (politique) peut-elle vraiment être liée à la démocratie ? (…) Ce qui m’importe, c’est que les gens voient une amélioration. » 

 

DÉMOCRATIE - La démocratie est actuellement au cœur du débat de La République En Marche (LREM), alors que les listes de candidats au bureau exéutif du mouvement se portent au nombre de quatre. De nombreux marcheurs (une centaine rescensée) font état d’un manque de démocratie dans le fonctionnement interne du parti. Mais de là à parler de fronde, il y a encore un pas que les disciples d’Emmanuel Macron n’ont pas encore osé franchir. Ceux ayant annoncé leur départ considérent que « la République en Marche offense néanmoins les principes fondamentaux de la démocratie avec un mode d’organisation digne de l’Ancien Régime ». Et de préciser : « Les nouveaux statuts avec une représentativité très affaiblie de la base militante ne permettent ni la liberté d’opinion et d’expression, ni une critique interne du pouvoir contre ses propres abus », écrivent-ils dans cette tribune, avant de regretter la désignation par Emmanuel Macron du futur patron de LREM, Christophe Castaner.  Ces derniers refusent donc un « vote d'allégeance » - à mains levées - aux grands élus LREM - Richard Ferrand, François Patriat, Cédric O, Laëtitia Avia ou Pierre Person. Les 313 députés LREM constituent à eux seuls presque la moitié du corps électoral habilité à désigner le futur gouvernement du mouvement.

« Il y en a largement suffisamment (sic) »

Stéphanie Rist, députée LREM du Loiret, ne cache pas son sentiment. Pour elle, « il faut faire attention avec le terme du “tout-démocratique” (…) En tous les cas, il y en a largement suffisamment (sic) ». Question de point de vue. Mais sans tomber dans le traitement philosophique et « démagogique » de cette question, Stéphanie Rist souhaite d’abord que son mouvement fasse montre d’« efficacité ». Si elle ne badine pas avec les valeurs démocratiques en tant que telles, elle s’interroge toutefois à voix haute : « Est-ce que l’efficacité (politique) peut-elle être vraiment liée à la démocratie ? (…) Ce qui m’importe en réalité, c’est que les gens voient une amélioration [de leurs conditions de vie]. » 

Sauf que ce n’est pas vraiment l’esprit d’origine d’En Marche. Le futur patron de La République en marche sait toutefois qu’il devra veiller à ce que cette crise ne prenne davantage d’ampleur, notamment chez les députés de la majorité. Or, huit d’entre eux ont osé monter leur propre liste et entendent porter « l’ambition d’une diversité réelle et durable dans [les] instances [du parti], parfois perçues comme trop parisiennes, trop verticales, ou pas assez représentatives de la diversité des âges et des origines socio-professionnelles », explique leur profession de foi.

Enfin, la députée du Loiret estime, pour sa part, que la politique menée par le chef de l’État n’est pas une politique de « centralisation » ou de jacobinisme. « Toutes les lois passées depuis six mois visent à redonner du pouvoir aux territoires. Or, on ne peut pas redonner du pouvoir sur le terrain en recentralisant », revendique-t-elle. 

Le paradoxe est que, depuis quelques mois, c’est tout l’inverse qui, sur le terrain justement, est ressenti, notamment par les élus locaux.

RZ