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Le 21 Juillet 2018, 23h27

Christophe Chaillou et Valérie Corre ont bien gardé en mémoire les premiers pas politiques à Orléans du nouvel homme fort du PS. 

« Il avait tout d’un leader, c’était lui le patron naturel notre groupe et il plaisait beaucoup aux filles », Valérie Corre, ancienne députée du Loiret. 

SOUVENIRS, SOUVENIRS - Christophe Chaillou, maire de Saint-Jean-de-la-Ruelle, peut se targuer d’avoir remis à Olivier Faure, le nouveau patron du PS, sa première carte de militant. « On était en 1988, Mitterrand venait d’être réélu, et Olivier Faure a adhéré au Mouvement des jeunes socialistes dont j’étais le responsable », sourit l’élu local. « Il devait être encore élève au lycée Pothier, me semble-t-il, et il faisait partie d’un petit groupe avec Valérie Corre - ndlr : ex-députée du Loiret, battue en 2017 - qui était très engagé, très impliqué localement. C’est donc moi qui lui ai donné sa première carte. » Et, en effet, Valérie Corre est « une copine d’enfance » de celui qui est devenu, en fin de semaine après le retrait de la compétition de Stéphane Le Foll, le douzième Premier secrétaire du Parti socialiste. « Nos parents se connaissaient et on était donc copains au collège avec Olivier. On s’est perdu de vue quelques années puis on s’est retrouvé au lycée Pothier », se souvient Valérie Corre qui évoque un jeune militant « très sérieux ». « Il avait tout d’un leader, c’était lui le patron naturel de notre groupe et il plaisait beaucoup aux filles », confie l’ancienne députée du Loiret. 

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Olivier Faure a travaillé auprès de Martine Aubry, alors ministre de l’Emploi.

« Olivier a toujours essayé de trouver des compromis pour éviter les fractures au sein du PS »

Christophe Chaillou garde également en mémoire l’image d’un jeune militant doté « de beaucoup de charisme et d’une facilité à défendre ses idées avec beaucoup de conviction ». Mais rapidement, alors que Christophe Chaillou est resté fidèle à François Mitterrand, Olivier Faure, lui, a suivi le courant rocardien. Tout comme Valérié Corre d’ailleurs. « Il y avait tout un groupe qui se retrouvait chaque année aux Arc - ndlr en Savoie - aux côtés de Michel Rocard, et Olivier Faure en faisait partie. Ses parents habitaient à Saran et Olivier s’est présenté à des élections cantonales dans les années 90 - ndlr : en 1994 - mais il était face à Michel Guérin et Janine Rozier, autant dire que c’était très compliqué. Il avait pourtant fait un bon score au premier tour. Et puis, il a été aspiré par le microcosme parisien », poursuit Christophe Chaillou. 

À 23 ans, installé à Paris en colocation avec Benoît Hamon et deux autres jeunes socialistes, - « On avait 20 ans, on refaisait le monde tous les soirs et Benoît, à cette époque, fumait beaucoup de cigarettes », rapportait Olivier Faure au Parisien pendant la campagne présidentielle menée par son ex-colocataire - Olivier Faure succède à un certain Manuel Valls comme secrétaire général du mouvement des jeunes rocardiens. « Olivier a toujours essayé de trouver des compromis pour éviter les fractures au sein du PS, c’était manifeste sur la loi Travail, par exemple. Mais des gens comme lui ne sont pas les plus écoutés et les relations avec Manuel Valls se sont tendues », analyse Christophe Chaillou.

« Olivier apparaît aujourd’hui comme un nouveau venu alors que, sur le fond, il n’y a aucune différence entre lui et Stéphane Le Foll »

En 1995, après la défaite socialiste à la présidentielle, Olivier Faure rejoint le privé et dirige une PME de haute-technologie en Isère. Après la dissolution de 1997, il revient à la politique et travaille auprès de Martine Aubry, alors ministre de l’Emploi et de la solidarité. Quand Martine Aubry quitte le gouvernement pour rejoindre Lille, Olivier Faure passe de la rue de Grenelle à celle de Solferino et devient le directeur-adjoint du cabinet de François Hollande, en deuxième position derrière Stéphane Le Foll. « Olivier apparaît aujourd’hui comme un nouveau venu alors que, sur le fond, il n’y a aucune différence entre lui et Stéphane Le Foll, c’est sa jeunesse qui l’a servi », souligne le maire de Saint-Jean-de-la-Ruelle.

Vient alors la campagne de 2007 avec Ségolène Royal qu’Olivier Faure croque dans une bande dessinée publiée en 2007 et intitulée « Ségo, François, papa et moi». À l'époque, ni la candidate battue par Nicolas Sarkozy au second tour ni le patron du PS n'avaient beaucoup apprécié l'exercice littéraire. 

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En 2007, il se met au service de Jean-Marc Ayrault alors président des députés socialistes. Quand le maire de Nantes accède à Matignon en 2012, Olivier Faure est nommé « conseiller spécial », un poste qu’il n’occupe qu’un petit mois avant d’être élu député de Seine-et-Marne. Il est réélu cinq ans plus tard malgré la vague LRM qui a emporté avec elle beaucoup de députés PS sortants. « Je l’ai revu peu de temps avant les législatives de 2017, et il était très pessimiste sur sa capacité à conserver sa circonscription. Il a pourtant fait un très bon score », poursuit Christophe Chaillou. 

« Dès que des amis orléanais venaient me voir, Olivier passait leur dire bonjour »

En juin 2012, élue dans la 6ème circonscription du Loiret, Valérie Corre a retrouvé son « copain d’enfance » sur les bancs de l’Assemblée nationale. « Dès que des amis orléanais venaient me voir, Olivier passait leur dire bonjour. On n’a pas travaillé dans les mêmes commissions ni sur les mêmes dossiers mais on avait évidemment une facilité à échanger », indique Valérie Corre qui salue la capacité d’Olivier Faure « à faire travailler tout le monde dans la même direction. Et c’est cette capacité-là qui a fait qu’il est devenu notre chef quand on était gamin »

Aujourd’hui, Olivier Faure a la difficile mission de remettre le PS en état de marche. « Il démarre avec une échéance très difficile, les élections européennes. Et puis, il y a l’état général des troupes. Il ne reste plus grand-monde. Il faut tout reconstruire. Regardez à l’échelle de la métropole le nombre d’élus qui se revendiquent socialistes. Il n’y en plus beaucoup. Il a donc du boulot ! », conclut Christophe Chaillou.

A. G.